Jamaïque - Amnesty International Rapport 2008

Human Rights in JAMAÏQUE

Amnistía Internacional  Informe 2013


The 2013 Annual Report on
Jamaica is now live »

Chef de l'État : Elizabeth II, représentée par Kenneth O. Hall
Chef du gouvernement : Portia Simpson Miller, remplacée par Bruce Golding le 11 septembre
Peine de mort : maintenue
Population : 2,7 millions
Espérance de vie : 72,2 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f) : 21 / 18
Taux d'alphabétisation des adultes : 79,9 %

Les meurtres et les homicides commis par des policiers demeuraient nombreux dans les quartiers défavorisés des centres urbains. En général, les agents de police qui se voyaient imputer des atteintes aux droits humains n'avaient pas à répondre de leurs actes ; ils étaient rarement traduits en justice. Les discriminations et les violences envers les femmes et les homosexuels étaient monnaie courante.

Contexte

Alors que le Parti national populaire (PNP) se trouvait à la tête du pays depuis dix-huit années, le dirigeant du Parti travailliste jamaïcain (JLP), Bruce Golding, a été élu Premier ministre en septembre. Le nouveau chef du gouvernement s'est engagé à lutter contre la criminalité et la corruption, à rédiger une nouvelle Charte des droits fondamentaux, ainsi qu'à former une commission indépendante chargée d'étudier les atteintes aux droits humains commises par les forces de sécurité. À l'approche des élections de septembre, neuf personnes au moins ont été tuées, et de nombreuses autres blessées, lors des affrontements qui ont éclaté entre les sympathisants des partis adverses.

Déjà élevé, le taux d'homicides a encore augmenté à la Jamaïque : plus de 1 500 personnes sont mortes de mort violente au cours de l'année. Il était facile de se procurer des armes à feu. Les victimes étaient pour l'essentiel des jeunes gens issus des quartiers pauvres au centre des villes. En règle générale, les auteurs des meurtres étaient des membres de bandes. Au moins 20 policiers ont été tués, dans l'exercice de leurs fonctions pour nombre d'entre eux.

En mai, le Groupe de travail sur la réforme de la justice jamaïcaine a rendu public son rapport préliminaire. Ce texte proposait de vastes réformes de l'appareil judiciaire. L'année s'est toutefois achevée sans qu'un programme précis ait été élaboré en vue de l'application de ces recommandations.

Amorcé par le gouvernement précédent, l'examen général de la police jamaïcaine s'est poursuivi. On déplorait toutefois que les organisations de défense des droits humains ne soient pas consultées sur cette question.

Police et forces de sécurité

D'après les informations reçues, les violences policières se sont multipliées.  Selon le Bureau des enquêtes spéciales, 203 personnes ont été tuées par la police de janvier à septembre, un chiffre en nette augmentation par rapport à l'année 2006. Les victimes étaient généralement issues des quartiers défavorisés des noyaux urbains. Bien que la police ait invariablement affirmé que ces homicides résultaient d'échanges de tirs avec des bandes criminelles, les récits des témoins laissaient souvent entendre que les policiers avaient en fait procédé à des exécutions extrajudiciaires. De manière générale, la force publique inspirait une grande méfiance à la population et ses pratiques étaient souvent entachées de corruption.

Cette année encore, les brutalités policières sont demeurées impunies, et les agents des forces de sécurité et du système judiciaire n'ont pas eu à répondre de leurs actes.

  • Au mois de juillet, Ravin Thomas, dix-huit ans, a été blessé par des policiers alors qu'il se rendait chez sa tante, dans un quartier pauvre de Kingston. Huit soldats et deux policiers qui pourchassaient un suspect ont ouvert le feu en passant à proximité du jeune homme. Embarqué dans la jeep de la police afin d'être conduit à l'hôpital, Ravin Thomas souffrait uniquement de lésions au bras et à l'épaule. Pourtant, lorsque sa tante est arrivée à l'hôpital, Ravin Thomas était mort. L'autopsie a révélé la présence de quatre blessures par balle, dont une au visage et une autre au menton. Selon le compte rendu établi par la police, le jeune homme avait été victime d'une fusillade. À la fin de l'année, le service des plaintes contre la police et le Bureau des enquêtes spéciales avaient engagé des enquêtes sur cette affaire.
  • En septembre, à Grants Pen, André Thomas, âgé lui aussi de dix-huit ans, a été touché au bras et à la jambe par des balles tirées par des policiers. Il était encore conscient lorsqu'on l'a installé dans le véhicule de la police pour le transporter à l'hôpital. Son père, qui s'est rendu à son chevet à l'hôpital, l'a trouvé mort. Le corps d'André Thomas était criblé de balles et présentait notamment une blessure mortelle à l'abdomen. Le père de la victime a déclaré avoir été menacé de représailles par des agents de la police locale plusieurs jours après cet épisode. Les policiers ont attendu quatre jours après la fusillade avant de réapparaître et de restituer leur véhicule. En décembre, ils ont été inculpés de tentative d'entrave au cours de la justice et de meurtre. Leur procès devait s'ouvrir en 2008.

Violences contre les femmes et les jeunes filles

Les violences sexuelles contre les femmes et les jeunes filles étaient très répandues dans l'ensemble du pays, mais les autorités s'abstenaient de poursuivre les auteurs en justice. Le taux d'infection par le VIH chez les femmes et les jeunes filles demeurait en augmentation, tandis que les personnes séropositives étaient toujours victimes de discrimination.

À la fin de l'année, le Parlement devait encore donner son approbation finale à un avant-projet de loi destiné à assurer une meilleure protection juridique des femmes et des mineurs, notamment en érigeant le viol conjugal en infraction pénale et en alourdissant les peines sanctionnant les auteurs de violences sexuelles.

Discrimination

Plusieurs épisodes de brutalités à l'encontre de présumés homosexuels, dont des violences infligées par des foules déchaînées, ont été signalés au cours de l'année.

  • Le 8 avril, un attroupement s'est formé autour d'une église de Mandeville et la foule a jeté divers objets par une fenêtre située à l'arrière du bâtiment. Cette attaque visait des hommes qui assistaient à des obsèques et que la foule considérait comme des homosexuels.

Peine de mort

La Jamaïque n'a procédé à aucune exécution en 2007. La dernière a eu lieu en 1988.

Le nouveau gouvernement a annoncé qu'un vote sur cette question serait organisé dans le cadre parlementaire, et que les membres de la Chambre des représentants pourraient se prononcer librement, en leur âme et conscience, sur la reprise des exécutions par pendaison.

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