Cameroun - Amnesty International Rapport 2008

Human Rights in République du Cameroun

Amnistía Internacional  Informe 2013


The 2013 Annual Report on
Camerún is now live »

Chef de l'État : Paul Biya
Chef du gouvernement : Ephraïm Inoni
Peine de mort : maintenue
Population : 16,9 millions
Espérance de vie : 49,8 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f) : 164 / 148
Taux d'alphabétisation des adultes : 67,9 %

Onze hommes accusés de pratiques homosexuelles ont été placés en détention. Plusieurs dizaines de membres du Conseil national du Cameroun méridional (SCNC) attendaient de comparaître en justice pour leurs actions séparatistes. Deux journalistes ont eu des démêlés avec le pouvoir pour des faits liés à l'exercice de leur profession : l'un a été incarcéré, l'autre a été jugé et condamné. Au moins 17 prisonniers ont été tués au cours d'une mutinerie. Plus de 26 000 personnes venues de République centrafricaine vivaient dans des camps de réfugiés dans l'est du Cameroun. Cette année encore, les étudiants ont été pris pour cibles par des agents des forces de sécurité.

Contexte

Plusieurs soldats camerounais basés sur la presqu'île de Bakassi ont trouvé la mort lors d'une attaque armée en novembre. D'après certaines sources les assaillants étaient des soldats nigérians, tandis que les autorités ont affirmé qu'il s'agissait d'insurgés. Au lendemain de ces événements, le Sénat nigérian a introduit une requête exigeant la restitution au Nigéria de la souveraineté sur la presqu'île de Bakassi.

Le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, a remporté les élections législatives et locales en juillet, mais les partis de l'opposition ont soutenu que les scrutins ont été truqués.

Le procès de plus de 20 anciens hauts responsables d'entreprises publiques s'est poursuivi en 2007. Parmi eux figuraient d'anciens directeurs de la Société immobilière du Cameroun (SIC) et du Fonds spécial d'équipement et d'intervention intercommunale (FEICOM). Le directeur général du FEICOM, Emmanuel Gérard Ondo Ndong, le directeur général de la SIC, Gilles-Roger Belinga, et 20 de leurs anciens collègues ont été déclarés coupables de corruption et condamnés à des peines comprises entre dix et cinquante ans d'emprisonnement. Le procès de plusieurs anciens responsables du Port autonome de Douala était toujours en cours à la fin de l'année.

Une personne a été tuée et 22 autres ont été enlevées en juin par des malfaiteurs dans la province de l'Extrême-Nord. En outre, 10 réfugiés centrafricains et six Camerounais ont été enlevés dans la province de l'Adamaoua et auraient été emmenés en République centrafricaine. Les ravisseurs auraient demandé des rançons, mais on ignorait à la fin de l'année si ces sommes avaient été versées.

 

Conseil national du Cameroun méridional

Une quarantaine de membres du SCNC ont été appréhendés le 20 janvier alors que leur vice-président national, Nfor Ngala Nfor, s'apprêtait à tenir une conférence de presse à Bamenda. Plusieurs d'entre eux, dont le vice-président, auraient été blessés au cours de leur arrestation. Bien que la plupart aient été relâchés au bout de quelques heures, Nfor Ngala Nfor et au moins 12 autres personnes ont été détenus sans jugement pendant près de deux mois. À la fin de l'année, près de 40 membres du SCNC attendaient de comparaître en justice pour avoir, entre autres, porté des tee-shirts arborant le sigle du mouvement ou mené des activités séparatistes. En décembre, l'affaire des personnes arrêtées le 20 janvier a été classée sans suite, l'accusation ayant à plusieurs reprises omis de présenter des témoins.

 

Discrimination – détentions pour pratiques homosexuelles

En juillet, six hommes accusés de pratiques homosexuelles ont été arrêtés à Douala. En août, deux autres hommes étaient interpellés à Douala et trois à Yaoundé pour la même infraction. Ces 11 hommes étaient toujours détenus à la fin de l'année dans l'attente de leur procès.

Un homme qui, d'après les informations disponibles, avait passé plus de deux ans en détention sans jugement pour actes d'homosexualité, a été libéré en février. D'après la décision rendue par le tribunal de grande instance de Yaoundé, l'État n'a fourni aucun élément de preuve correspondant au chef d'accusation.

 

Liberté d'expression

  • En janvier, le journaliste et défenseur des droits humains Philip Njaru a été placé en garde à vue pendant plusieurs heures à Kumba. Avant de le relâcher, les policiers lui ont dit qu'il avait été arrêté pour avoir publié des articles accusant la police de chantage et d'arrestations arbitraires.

En mars, le Comité des droits de l'homme [ONU] a établi que le gouvernement camerounais s'était abstenu au cours des années précédentes de protéger cet homme des mauvais traitements et des mesures d'intimidation que lui infligeaient les forces de sécurité en raison de ses activités en faveur des droits humains. Le Comité a exhorté le gouvernement à prendre des mesures contre les auteurs de ces agissements et à accorder pleine et entière réparation à Philip Njaru.

  • Un tribunal de Kumbo, dans la province du Nord-Ouest, a déclaré le journaliste Wirkwa Eric Tayu coupable de diffamation et l'a condamné en août en son absence à une peine d'un an d'emprisonnement assortie d'une amende, pour avoir publié des articles accusant des fonctionnaires locaux de corruption. Un appel de sa déclaration de culpabilité et de sa peine était toujours en instance à la fin de l'année.
  • En novembre, quatre membres de la Centrale syndicale du secteur public – dont le président, Jean-Marc Bikoko, et la vice-présidente, Brigitte Tamo, – ont été arrêtés par des gendarmes lors d'une manifestation pacifique réclamant une augmentation des salaires des fonctionnaires. Ils ont été relâchés après dix heures de garde à vue à la gendarmerie d'Enya, à Yaoundé, au cours desquelles Brigitte Tamo et deux autres personnes ont été frappées par les gendarmes. La manifestation se déroulait dans la capitale, devant le Parlement, alors que les députés débattaient du budget de l'année 2008. Amnesty International n'a eu connaissance d'aucune initiative prise par les autorités à l'encontre des gendarmes responsables de ces violences.
  • Quatre conducteurs de motos taxis, communément appelés bensikin, ont été abattus par la police antiémeutes à Bamenda le 15 octobre. Les coups de feu ont été tirés au cours d'un mouvement de grève qui avait été lancé le 14 octobre pour protester contre le harcèlement policier. À la connaissance d'Amnesty International, les autorités n'ont pris aucune mesure contre les policiers impliqués dans cette affaire.

 

Police et forces de sécurité

Dans les prisons

Au moins 17 prisonniers ont été tués en juillet par des membres des forces de sécurité au cours d'une opération visant à reprendre des détenus qui s'étaient évadés de la prison de Yoko. Les évadés s'étaient emparés d'armes et de munitions.

À la suite d'une grève des surveillants de prison lancée en décembre 2006 pour protester contre le faible niveau des salaires et le caractère déplorable des conditions de travail, 125 gardiens ont été suspendus en janvier. Comme beaucoup d'autres gardiens, ils avaient passé plusieurs semaines en détention.

Des étudiants tués

  • Le 17 novembre, Charles Mvogo, dix-sept ans, et Shimpe Poungou Zok, quinze ans, ont été abattus par un agent de la sécurité publique à Abong-Mbang alors qu'ils manifestaient contre la pénurie prolongée d'électricité dans leur lycée.
  • Le 9 novembre, Ngome Nkwele Herbert a été tué au cours d'une manifestation organisée pour protester contre la détention de ses camarades, arrêtés par la police de Kumba le 7 novembre alors qu'ils manifestaient contre la coupure de l'électricité dans leur école à Kumba.
  • Les responsables présumés de la mort d'Ivo Obia Ngemba et de Moma Bennet, abattus par la police au cours d'une manifestation pacifique sur le campus de l'université de Buéa en novembre 2006, n'avaient toujours pas été traduits en justice à la fin de l'année 2007.

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