Viêt-Nam

Human Rights in RÉPUBLIQUE SOCIALISTE DU VIÊT-NAM

Amnistía Internacional  Informe 2013


The 2013 Annual Report on
Vietnam is now live »

Chef de l’État
Nguyen Minh Triet, remplacé par Truong Tan Sang le 25 juillet
Chef du gouvernement
Nguyen Tan Dung
Peine de mort
maintenue
Population
88,8 millions
Espérance de vie
75,2 ans
Mortalité des moins de cinq ans
23,6 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
92,8 %

Contexte

Un nouveau gouvernement a été constitué en juillet et le Premier ministre a été reconduit dans ses fonctions pour un deuxième mandat de cinq ans.

Les autorités ont laissé se dérouler, entre juin et août, une série de manifestations antichinoises dans les rues de la capitale, Hanoï, alors que la tension montait entre les deux pays à propos de la souveraineté sur des territoires disputés en mer de Chine méridionale, les îles Spratley et Paracel.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible s’est rendu au Viêt-Nam en décembre. Il a appelé à la fermeture immédiate des centres pour toxicomanes et travailleurs du sexe, dénonçant notamment le caractère obligatoire du placement dans ces établissements, ainsi que l’administration de traitements sans le consentement des intéressés.

En décembre, les pays donateurs réunis à Hanoï dans le cadre d’un groupe consultatif ont demandé au gouvernement de respecter davantage les droits humains, soulignant que la répression exercée contre les dissidents menaçait la crédibilité internationale du Viêt-Nam.

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Répression de la dissidence

De sévères restrictions continuaient de peser sur la liberté d’expression et d’association, les personnes critiques à l’égard de la politique du gouvernement faisant l’objet d’une forte répression. Cette répression visait plus particulièrement celles et ceux qui militaient en faveur de la démocratie ou de réformes, sur des questions écologiques, sur le droit à la terre ou les droits du travail, ou encore sur les droits des minorités ethniques et religieuses. Pour sanctionner des dissidents pacifiques, les autorités ont invoqué le chapitre du Code pénal de 1999 relatif à la sécurité nationale – notamment les articles 79 (activités visant à « renverser » l’État) et 88 (« propagande » contre l’État) –, qui était rédigé en des termes vagues.

Au moins neuf procès intentés contre 20 dissidents au total ont eu lieu cette année. Plus de 18 personnes, dont au moins 13 militants catholiques qui soutenaient le dissident Cu Huy Ha Vu, ont été arrêtées. Elles étaient maintenues en détention provisoire à la fin de l’année.

  • Le défenseur des droits humains, juriste et militant écologiste Cu Huy Ha Vu a été condamné en avril à sept années d’emprisonnement, au titre de l’article 88 du Code pénal. Il avait porté plainte à deux reprises contre le Premier ministre, une fois pour tenter d’arrêter un projet controversé d’extraction de bauxite, une autre pour contester la légalité de l’interdiction des recours collectifs.
  • Tran Thi Thuy, le pasteur Duong Kim Khai et cinq autres militants des droits fonciers ont été condamnés en mai à des peines allant de deux à huit ans d’emprisonnement par un tribunal de la province de Ben Tre. Ces sept personnes avaient été inculpées d’activités visant à « renverser » le gouvernement. Tran Thi Thuy avait en réalité fait campagne en faveur d’une plus grande justice sociale pour les paysans de la province. Pasteur de la « Congrégation de l’étable » de l’Église mennonite, Duong Kim Khai avait aidé des paysans dont les terres avaient été confisquées à introduire une requête auprès des pouvoirs publics.
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Prisonniers d’opinion

Des dizaines de prisonniers d’opinion arrêtés les années précédentes et condamnés à de lourdes peines à l’issue de procès inéquitables étaient toujours en détention. Nombre d’entre eux étaient liés au mouvement Bloc 8406, qui milite sur Internet en faveur de la démocratie.

Quelques rares libérations sont intervenues cette année. L’écrivaine dissidente Tran Khai Thanh Thuy a ainsi été libérée en juillet, avant la fin de sa peine, après avoir accepté de s’exiler à l’étranger. Truong Quoc Huy, technicien en téléphonie mobile, a été remis en liberté en décembre, huit mois avant l’expiration de la peine de six ans d’emprisonnement à laquelle il avait été condamné. L’avocat spécialisé dans la défense des droits humains Nguyen Van Dai a été quant à lui relâché en mars, après avoir purgé une peine de quatre ans d’emprisonnement. Ces deux dernières personnes ont été placées en résidence surveillée pour une durée maximum de quatre ans.

  • Le prêtre catholique Nguyen Van Ly, cofondateur du mouvement Bloc 8406, a été une nouvelle fois arrêté par la police en juillet. Il a été réincarcéré dans la prison de Ba Sao, dans le nord du pays. Condamné à huit années d’emprisonnement, il avait bénéficié en mars 2010 d’une suspension de sa peine pendant 12 mois, car il avait été victime d’un accident vasculaire cérébral et souffrait d’une tumeur au cerveau. Selon les autorités, il aurait été renvoyé en prison pour avoir distribué des tracts hostiles au gouvernement alors qu’il était en liberté pour raisons médicales.
  • Le blogueur et journaliste Nguyen Hoang Hai, également connu sous le nom de Dieu Cay et cofondateur du Club des journalistes libres, une organisation indépendante, était toujours en détention à la fin de l’année. Il avait semble-t-il été accusé de « propagande » contre l’État. Les autorités ont rejeté les demandes de visite réitérées de sa famille et de son avocat. Elles n’ont pas non plus répondu aux demandes d’information sur son état de santé, exprimées après qu’un responsable de la sécurité eut déclaré que le détenu avait « perdu un bras ».
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Discrimination – groupes ethniques ou religieux

Les forces de sécurité ont cette année encore harcelé et étroitement surveillé les membres de groupes religieux ou ethniques considérés comme opposés au gouvernement. Des litiges fonciers opposaient toujours certaines autorités locales et l’Église catholique. Des agents de la force publique ont dans certains cas fait un usage injustifié ou excessif de la force contre des manifestants pacifiques. Le patriarche suprême de l’Église bouddhique unifiée du Viêt-Nam (interdite) était toujours, de fait, en résidence surveillée. Un nombre indéterminé de personnes appartenant aux ethnies « montagnardes » du centre du pays, arrêtées à la suite des manifestations qui avaient eu lieu dans cette région en 2001 et 2004, se trouvaient toujours derrière les barreaux.

  • En novembre, la police a frappé et interpellé au moins 30 pratiquants du Fa Lun Gong, qui manifestaient pacifiquement devant l’ambassade de Chine à Hanoï pour protester contre le procès de deux journalistes vietnamiens membres du Fa Lun Gong, Vu Duc Trung et Le Van Thanh. Ces derniers ont été condamnés deux jours plus tard, respectivement à deux et trois ans d’emprisonnement, pour diffusion illégale de programmes radio vers la Chine, un pays où le Fa Lun Gong est frappé d’interdiction.
  • Nguyen Van Lia et Tran Hoai An, deux fidèles de l’Église bouddhique Hoa Hao, ont été condamnés respectivement à cinq et trois ans d’emprisonnement en décembre, pour avoir « profité des libertés démocratiques pour porter préjudice aux intérêts de l’État ». Nguyen Van Lia (72 ans) et Tran Hoai An avaient en fait parlé à des diplomates étrangers des restrictions imposées à la liberté de religion au Viêt-Nam, ainsi que de d’autres violations des droits humains.
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