Informe anual 2013
El estado de los derechos humanos en el mundo

3 abril 2012

Jordanie : il faut libérer les manifestants en faveur des réformes arrêtés pour avoir «insulté» le roi

Jordanie : il faut libérer les manifestants en faveur des réformes arrêtés pour avoir «insulté» le roi
Au moins 13 personnes ont été arrêtées pour avoir « insulté » le roi Abdallah II de Jordanie.

Au moins 13 personnes ont été arrêtées pour avoir « insulté » le roi Abdallah II de Jordanie.

© Kim Hong-Ji/AFP/Getty Images


La Jordanie continue d'appliquer une loi draconienne qui, de fait, érige la dissidence politique en infraction criminelle pour réduire au silence l'opposition politique et les détracteurs du gouvernement
Fuente: 
Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International

Une loi autorisant les autorités jordaniennes à arrêter des militants pour avoir « insulté le roi » doit être abrogée, a déclaré Amnesty International après l'arrestation de 30 à 40 manifestants vraisemblablement pacifiques à Amman.

Au moins 13 personnes sont encore en garde à vue après les manifestations du week-end du 31 mars contre la détention de plusieurs militants favorables à des réformes.

Quatre militants sont en détention depuis près d'un mois et risquent désormais d'être poursuivis pour avoir « insulté » le roi, alors que la liberté d'expression est de plus en plus réprimée.

Il semble que ces manifestants aient été arrêtés alors qu'ils réclamaient la chute du gouvernement. Une quarantaine de gendarmes les auraient roués de coups avant de les faire monter dans un fourgon.

D'après l'avocat qui leur a rendu visite, ces personnes auraient également été battues après leur arrestation. L'une d'elles aurait eu un bras cassé. L'avocat a demandé à ce qu'elles soient conduites à l'hôpital pour y être examinées mais sa requête semble avoir été rejetée.

« La Jordanie continue d'appliquer une loi draconienne qui, de fait, érige la dissidence politique en infraction criminelle pour réduire au silence l'opposition politique et les détracteurs du gouvernement », a déclaré Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Il semble que les détenus pourraient également être inculpés de menace pour la stabilité du gouvernement, de rassemblement illégal et d'incitation à l'agitation sociale. Ils pourraient être jugés par la Cour de sûreté de l'État, un tribunal spécial qui ne répond pas aux normes internationales d'équité des procès.

« Pour autant que nous le sachions, ces personnes n'ont pas prôné la violence et ne sont pas allées au-delà de l'exercice légitime de leur droit à la liberté d'expression, les autorités sont donc en train de bafouer les droits qu'elles ont pour obligation, aux termes du droit international, de protéger. »

Un informateur a indiqué que les familles de plusieurs détenus auraient tenté de leur rendre visite, mardi 3 avril, au centre correctionnel et de réhabilitation de Muwaqqar et auraient appris que ces hommes se trouvaient à l'hôpital al Basheer. Mais lorsqu'elles se sont rendues à l'hôpital, elles auraient été informées que leurs proches n'y étaient pas.

Les personnes arrêtées faisaient partie de la centaine de manifestants qui réclamaient, samedi 31 mars, la libération de six membres du Free Tafileh Movement arrêtés en mars. Ce mouvement réclame des réformes sur le plan constitutionnel et économique ainsi qu'une liberté politique accrue pour les Jordaniens.

Ces six hommes – Majdi Qableen, Said Oran, Yasser Sabayla, Fadi al Abadeen, Ibrahim al Abadeen et Qaysar Muhaisen – risquent au maximum trois ans de prison s'ils sont condamnés. Ils pourraient être poursuivis en lien avec l'organisation de rassemblements illégaux.

Ils sont détenus sans inculpation officielle, apparemment en attendant que des enquêtes soient menées. S'ils sont inculpés, ils seront jugés par la Cour de sûreté de l'État.

« Ces six hommes sont des prisonniers d'opinion détenus uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression. Ils sont sanctionnés pour leurs opinions en faveur des réformes et pour leurs activités pacifiques », a déclaré Ann Harrison.

L'arrestation de ces six hommes a eu lieu après plusieurs mois de manifestations dans la ville de Tafila, dont les habitants protestent contre l'augmentation du chômage et une situation économique de plus en plus difficile.

D'après les informations dont dispose Amnesty International, au moins trois des six hommes auraient été battus par les forces de sécurité durant les premiers interrogatoires.

« Les autorités devraient enquêter sur ces allégations ainsi que sur les informations indiquant que les forces de sécurité auraient frappé au moins quelques manifestants pendant et après la manifestation de samedi, qui semble pourtant s'être déroulée de manière pacifique. »

Si ces enquêtes sont menées, elles doivent l'être de manière indépendante et impartiale et tous les responsables présumés de ces atteintes devront être traduits en justice dans le respect des normes internationales d'équité des procès.

En Jordanie, des restrictions pèsent toujours sur le droit de critiquer les autorités et les institutions de l'État. Les journalistes et les militants politiques, entre autres, qui tiennent de manière légitime des propos critiques continuent de faire face à des arrestations et des poursuites.

En 2010, le Comité des droits de l'homme des Nations unies, qui supervise l'application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel la Jordanie est partie, a de nouveau recommandé à ce pays de supprimer la Cour de sûreté de l'État.

Tema

Activistas 
Libertad de expresión 

País

Jordania 

Región

Oriente Medio y Norte de África 

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