Informe anual 2013
El estado de los derechos humanos en el mundo

Comunicados de prensa

28 julio 2011

Indonésie. Le jugement rendu dans l'affaire des membres de la communauté ahmadiyya assassinés n'enrayera pas la discrimination

Les condamnations prononcées contre 12 personnes accusées d'avoir tué trois membres de la communauté ahmadiyya en Indonésie témoignent de la discrimination dont sont victimes les minorités religieuses, a déclaré Amnesty International jeudi 28 juillet.

Le 28 juillet, un tribunal du district de Serang, dans la province de Banten, a condamné 10 hommes et deux adolescents à des peines d'emprisonnement allant de trois à six mois pour leur participation au meurtre de trois membres de la communauté ahmadiyya.

Ces trois personnes ont été lynchées le 6 février, lorsqu'un millier de personnes armées de pierres, de machettes, de sabres et de lances ont fait irruption dans la maison d'un dirigeant ahmadi dans le sous-district de Cikeusik, dans la province de Banten.

« Cette agression à Cikeusik a adressé un message effrayant aux minorités religieuses en Indonésie, a affirmé Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International. Ces condamnations ne témoignent pas de la volonté du gouvernement de prendre au sérieux les attaques ciblant les minorités religieuses, et notamment la communauté ahmadiyya.

« Le gouvernement doit faire montre de sa détermination à endiguer la vague croissante de discrimination et d'atteintes aux droits humains qui s'abat sur les ahmadis et les membres d'autres minorités religieuses. »

La communauté ahmadiyya est un groupe religieux qui se réclame de l'islam, bien que nombre de formations musulmanes traditionnelles considèrent ses croyances comme déviantes.

Amnesty International a recensé de nombreux cas d'intimidation et de violences contre la communauté ahmadiyya imputables à des groupes islamistes radicaux dans diverses régions d'Indonésie. Des lieux de culte et des habitations de cette communauté ont été la cible d'attaques et d'incendies.

En outre, elle fait l'objet de discriminations dans les textes de loi, notamment au regard d'un décret interministériel promulgué en 2008 qui interdit aux ahmadis de promouvoir leurs activités.

En septembre 2010, le ministre indonésien de la Religion, Suryadharma Ali, a réclamé l'interdiction de ce mouvement. Plusieurs provinces en Indonésie ont aussi adopté des textes au niveau local qui restreignent les activités du groupe.

Ils interdisent notamment aux ahmadis de distribuer des tracts, de mettre des pancartes devant leurs bureaux et leurs lieux de culte, et de porter tout signe indiquant leur religion.

« Il est crucial que les autorités indonésiennes garantissent la protection des ahmadis contre toute forme d'intimidation et toute attaque. Le gouvernement du président Susilo Bambang Yudhoyono doit immédiatement abroger le décret ministériel et annuler les réglementations locales qui limitent leurs activités, a estimé Sam Zarifi.

« Il est grand temps que l'Indonésie élabore une stratégie concrète visant à renforcer le respect envers la liberté de religion et la tolérance religieuse, qui s'est clairement dégradé ces dernières années. »

La plupart du temps, les auteurs de violences ciblant la communauté ahmadiyya restent impunis et en cas d'agression, les autorités reprochent souvent aux minorités leurs « idées déviantes ».

Índice AI: PRE01/371/2011
Región Asia y Oceanía
País Indonesia
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