Tadjikistan - Amnesty International Rapport 2010

Human Rights in RÉPUBLIQUE DU TADJIKISTAN

Amnistía Internacional  Informe 2013


The 2013 Annual Report on
Tayikistán is now live »

Chef de l’État
Imamali Rakhmon
Chef du gouvernement
Akil Akilov
Peine de mort
abolie en pratique
Population
7 millions
Espérance de vie
66,4 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
83 / 74 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
99,6 %

Les autorités n’ont pas pris de mesures appropriées pour mettre fin aux violences contre les femmes. La liberté d’expression demeurait soumise à des restrictions. Le gouvernement contrôlait toujours très étroitement les pratiques religieuses. De nouveaux cas de torture et d’autres mauvais traitements infligés par les forces de l’ordre ont été signalés.

Violences contre les femmes

Entre un tiers et la moitié des femmes du Tadjikistan ont été victimes de sévices physiques, psychologiques ou sexuels de la part de leur mari ou d’autres membres de leur famille. Malgré quelques mesures prises par le gouvernement pour combattre la violence domestique, il était toujours difficile pour les femmes d’avoir accès à la justice pénale et il n’existait quasiment pas de services de protection des victimes tels que des foyers d’accueil ou des centres d’hébergement adaptés. De plus, les femmes préféraient très souvent ne pas signaler les mauvais traitements dont elles faisaient l’objet, par crainte de représailles ou parce que la police et l’appareil judiciaire ne prenaient pas les mesures nécessaires. Les auteurs de ces violences jouissaient par conséquent d’une impunité quasi totale. La violence domestique était très généralement considérée comme une « affaire familiale » par les pouvoirs publics, qui soutenaient une répartition traditionnelle des rôles entre les sexes. Les femmes et les adolescentes étaient particulièrement exposées à ce type de violence en raison des mariages précoces ou non déclarés et parce qu’elles étaient de plus en plus nombreuses à abandonner tôt leurs études. Un projet de loi relative à la protection contre la violence domestique, en préparation depuis plusieurs années, n’avait toujours pas été soumis au Parlement.

Liberté de religion

Les témoins de Jéhovah restaient interdits dans tout le Tadjikistan et les membres du groupe sunnite de type missionnaire Jamaat ut Tabligh étaient en butte à des pressions de plus en plus fortes. Le président Rakhmon a promulgué en mars une nouvelle loi obligeant tous les groupes religieux à se déclarer auprès des autorités avant le 1er janvier 2010. Pour être enregistré, un groupe devait pouvoir prouver qu’il existait depuis au moins cinq ans au Tadjikistan. La nouvelle loi indiquait en outre que tout texte religieux publié ou importé dans le pays devait être approuvé par le gouvernement. La communauté musulmane faisait l’objet de restrictions particulières. Le nombre de mosquées était limité et la nomination des imams devait être approuvée par l’État. La construction de mosquées monumentales n’était autorisée que dans les villes de plus de 10 000 habitants. Les organisations religieuses devaient solliciter la permission du Comité des affaires religieuses du ministère de la Culture pour participer à une conférence religieuse à l’étranger ou pour recevoir des hôtes étrangers.

  • La Cour suprême a rejeté en février le recours introduit par les témoins de Jéhovah contre la décision du gouvernement, prise en octobre 2007, d’interdire leur mouvement.
  • Les autorités ont continué de fermer, de confisquer ou de détruire des lieux de culte musulmans et chrétiens, sans explications. En avril, la Haute Cour économique a rejeté le recours formé par l’Église Grace Sunmin contre la décision de confiscation de son lieu de culte situé à Douchanbé, la capitale du pays. L’indemnisation accordée ne permettait pas de construire une autre église.
  • En août, la Cour suprême a condamné cinq membres du groupe Jamaat ut Tabligh à des peines allant de trois à six ans d’emprisonnement pour avoir « publiquement appelé au renversement de l’ordre constitutionnel ». La Cour a dit fonder son verdict sur l’interdiction dont aurait fait l’objet ce groupe en 2006 en tant qu’« organisation extrémiste et terroriste », sans toutefois apporter la preuve de l’existence de cette interdiction, qui était contestée. Les accusés ont nié les charges, indiquant qu’ils n’avaient aucun programme politique et que les activités de leur mouvement était inspirées par les valeurs de l’école hanafite de la branche sunnite de l’islam, majoritaire au Tadjikistan.

Torture et autres mauvais traitements

Des cas de torture et de mauvais traitements infligés par des responsables de l’application des lois ont été de nouveau signalés cette année. Ces violences avaient en particulier été commises afin d’extorquer des « aveux » à des suspects pendant la période de détention maximale sans inculpation aux mains de la police, limitée à 72 heures.

  • Khourched Bobokalonov, médecin spécialiste au Centre d’oncologie du Tadjikistan, est mort après son interpellation par la police, le 27 juin. Il avait été accusé d’ivresse sur la voie publique et arrêté alors qu’il marchait dans la rue. Comme il protestait, une quinzaine de policiers l’auraient fait monter de force dans une voiture de service. Selon le ministère de l’Intérieur, il a succombé à une crise cardiaque avant d’arriver au poste de police. La mère de la victime a cependant déclaré avoir constaté des blessures sur le visage et sur le corps de son fils. Le ministre de l’Intérieur a finalement annoncé le 22 juillet qu’une enquête allait être ouverte sur d’éventuelles « négligences ayant entraîné la mort ». Aucune information sur les progrès de cette enquête n’avait été rendue publique à la fin de l’année.

Liberté d’expression – journalistes

La presse et les journalistes indépendants continuaient de faire l’objet de poursuites pénales et civiles lorsqu’ils critiquaient le gouvernement, ce qui entraînait un phénomène d’autocensure dans les médias. En octobre, le gouvernement a adopté un nouveau décret obligeant les journalistes à demander par écrit les renseignements qu’ils souhaitent au sujet notamment de la législation, de la politique du gouvernement et de ses déclarations, moyennant la somme de 25 somonis (environ 3,50 euros) par page. L’Alliance nationale tadjike des médias indépendants a déclaré que ce décret constituait une violation des dispositions de la Constitution garantissant le libre accès à l’information.

Visites et documents d’Amnesty International

Cómo puedes ayudar