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La Syrie doit révéler la vérité au sujet des prisonniers disparus en 2008

5 julio 2010

Amnesty International a appelé le président syrien à révéler ce qu'il est advenu des 52 prisonniers qui ont disparu durant et après les troubles qui se sont produits dans une prison militaire ; 22 personnes au moins ont en outre été tuées au cours de ces violences.

Les affrontements entre des détenus et la police militaire qui ont eu lieu dans la prison militaire de Saidnaya, non loin de Damas, ont débuté le 5 juillet 2008. Selon des informations non confirmées, les violences ont éclaté quand des policiers ont abattu neuf prisonniers islamistes.

« Il est grand temps que les autorités syriennes révèlent ce qui s'est passé dans la prison militaire de Saidnaya il y a deux ans, et ce qu'il est advenu de la cinquantaine de détenus dont on est depuis sans nouvelles, a déclaré Malcolm Smart, directeur du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

Des familles, des avocats et des organisations de défense des droits humains ont mené campagne pour qu'une enquête indépendante soit ouverte sur ces événements, mais les autorités syriennes n'ont livré que peu d'informations sur ces troubles et sur ce qui est arrivé par la suite.

« Les autorités doivent dire aux familles ce qu'il est advenu des prisonniers qui ont disparu, s'ils sont morts ou s'ils sont toujours vivants et dans ce dernier cas, elles doivent leur indiquer où ils sont détenus actuellement et leur permettre de communiquer avec eux, a ajouté Malcolm Smart.

« Les familles des prisonniers qui sont morts ou qui ont été tués doivent être informées sans plus tarder de comment et quand exactement ils ont perdu la vie et des mesures éventuellement prises par les autorités pour enquêter sur leur mort et amener les responsables, qu'il s'agisse de fonctionnaires ou d'autres détenus, à répondre de leurs actes. »

Il a été impossible d'obtenir des informations indépendantes sur la nature exacte des troubles, sur leur durée et sur l'identité des responsables des violences en raison du silence gardé sur ces événements, et notamment de l'interdiction de tout contact avec les prisonniers pendant un an.

Selon des informations non confirmées, des agents de la police militaire ont jeté par terre des exemplaires du Coran au cours d'une fouille de routine, puis abattu neuf prisonniers islamistes qui avaient tenté de les ramasser.

Des détenus islamistes non armés auraient alors maîtrisé les policiers, pris en otages plusieurs personnes, dont le directeur de la prison, et ils se seraient emparés de leurs armes à feu et de leurs téléphones portables ; ils ont utilisés ces téléphones pour appeler leurs familles et pour informer ces dernières ainsi que des organisations syriennes et internationale de défense des droits humains de ce qui était en train de se passer.

Ils ont déclaré qu'ils protestaient pour avoir la vie sauve et pour obtenir une amélioration de leurs conditions de détention. Les communications entre les détenus et le monde extérieur ont ensuite cessé.

Par la suite, les familles de personnes emprisonnées à Saidnaya ont dit avoir vu des ambulances transportant apparemment les morts et les blessés faire la navette entre la prison et l'hôpital militaire de Tichrine, à Damas.

Au moins 17 prisonniers et cinq agents de la police militaire seraient morts au cours de ce mouvement de protestation.

Amnesty International a envoyé au président syrien Bachar el Assad les noms des 52 détenus de la prison de Saidnaya qui ont disparu en demandant des éclaircissements sur ce qu'il est advenu d'eux et sur l'endroit où ils se trouvent.

La famille d'un des 52 prisonniers dont on est sans nouvelles – le prisonnier d'opinion Nizar Ristnawi – espérait retrouver ce dernier à l'expiration de sa peine de détention, le 18 avril 2009, mais il n'a pas été relâché et ses proches n'ont toujours pas réussi à savoir ce qu'il est advenu de lui.

Mohammad Tayeb Dardaar et Ziad al Kilani, qui étaient tous deux détenus à la prison de Saidnaya en juillet 2008 alors qu'ils passaient en jugement avec sept autres accusés, n'ont depuis pas reparu. Leurs coaccusés ont été déclarés coupables et condamnés à des peines d'emprisonnement en février 2010, mais les noms de Mohammad Tayeb Dardaar et de Ziad al Kilani ont inexplicablement été effacés des dossiers.

Amnesty International a exhorté à plusieurs reprises le gouvernement syrien à préciser ce qui s'est passé dans la prison de Saidnaya, à indiquer les mesures qui ont été prises pour mener une enquête et déférer à la justice les responsables des homicides, et à expliquer ce qu'il est advenu des prisonniers dont on est sans nouvelles et où ils se trouvent.

L'organisation a écrit aux ministres syriens de la Défense, de la Justice et des Affaires étrangères en septembre dernier, mais comme elle n'a reçu aucune réponse elle s'adresse à présent directement au président syrien Bachar el Assad.

Le 14 mai 2010, après avoir examiné le bilan de la Syrie en matière de lutte contre la torture, le Comité contre la torture de l'ONU a exprimé sa préoccupation à propos de l'absence d'« enquête officielle et indépendante » sur les troubles survenus à Saidnaya et d'« annonce publique de l'identité des personnes tuées ou blessées ».

Il a exhorté les autorités à mener une enquête indépendante et à indiquer aux familles des prisonniers si leurs proches étaient vivants et toujours en détention.

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