Documento - Israel/ Territorios Palestinos Ocupados : En peligro de muerte palestinos en huelga de hambre.

Israël et territoires palestiniens occupés. La vie de plusieurs Palestiniens en grève de la faim est en danger

Action complémentaire sur l'AU 119/12, MDE 15/025/2012 – Israël et territoires palestiniens occupés 4 mai 2012 4 mai 2012

ACTION URGENTE

LA VIE DE PLUSIEURS PALESTINIENS EN GRÈVE DE LA FAIM EST EN DANGER

La vie de deux Palestiniens menant une grève de la faim est en danger, la Cour suprême israélienne ayant retardé le moment où elle doit se prononcer sur leur détention sans inculpation ni jugement. D'autres personnes en détention administrative menant une grève de la faim n'ont toujours pas le droit de consulter des médecins indépendants.

Le recours déposé par Bilal Diab et Thaer Halahleh auprès de la Cour suprême israélienne contre leur détention administrative a été examiné le 3 mai 2012, mais les juges doivent encore rendre leur verdict. Ces deux hommes ont entamé une grève de la faim aux alentours du 29 février ; tous deux ont déclaré à leurs avocats être maltraités par les agents des Services pénitentiaires israéliens et les médecins. Bilal Diab s'est évanoui pendant l'audience et a été ramené à l'hôpital Assaf HaRofeh, où il a été transféré le 1er mai dernier. Les Services pénitentiaires israéliens avaient auparavant refusé de le déplacer du centre de soins de la prison de Ramleh. Selon son avocat, Bilal Diab serait constamment enchaîné à son lit d'hôpital. Contraindre un prisonnier gravement malade à rester dans son lit pour des raisons non médicales équivaut à un traitement cruel, inhumain ou dégradant. L'ONG Médecins pour les droits de l'homme - Israël a rendu visite à Thaer Halahleh et Bilal Diab en prison le 30 avril dernier. D'après le médecin, Bilal Diab souffrirait d'une arythmie cardiaque qui pourrait lui être fatale à tout moment, ainsi que d'une neuropathie périphérique et d'une hémorragie interne. La vie de Thaer Halahleh est également en danger en raison d'une inflammation pulmonaire ; le médecin a conseillé qu'il soit emmené à l'hôpital pour passer un scanner. Cet homme demeure au centre de soins de la prison de Ramleh, qui, d'après Médecins pour les droits de l'homme, n'est pas adapté aux détenus menant une grève de la faim sur une longue durée car il ne dispose pas d'un équipement spécialisé et d'un personnel médical véritablement formé. L'organisation réclame le transfert de Thaer Halahleh vers un hôpital approprié mais le tribunal de district doit encore examiner cette requête.

Hassan Safadi, Omar Abu Shalal, Jaafar Izz al Din et Mahmoud al Sarsak se trouvent toujours au centre de soins de la prison de Ramleh et n'ont pas le droit de consulter des médecins indépendants. Tous mènent une grève de la faim depuis mars pour protester contre leur détention sans inculpation ni jugement. La Cour d'appel militaire étudiera le dossier de Jaafar Izz al Din le 6 mai.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en hébreu ou dans votre propre langue :

appelez les autorités israéliennes à libérer sans délai Thaer Hassan Safadi, Bilal Diab, Hassan Safadi, Omar Abu Shalal, Jaafar Izz al Diab et Mahmoud al Sarsak, ainsi que les autres Palestiniens en détention administrative, à moins qu'ils soient rapidement inculpés d'une infraction reconnue par le droit international et jugés dans le respect des normes internationales d'équité des procès ;

exhortez-les à transférer immédiatement Thaer Halahleh et d'autres détenus menant une grève de la faim sur une longue durée vers un hôpital très bien équipé où ils pourront recevoir des soins spécialisés ;

engagez-les à veiller à ce que tous les détenus en grève de la faim puissent voir, régulièrement et en privé, des médecins indépendants, leurs familles et leurs avocats, qu'ils soient traités humainement et qu'ils ne soient punis d'aucune façon en raison de leur grève ;

priez-les instamment de mettre fin aux traitements cruels, inhumains ou dégradants dont sont victimes les personnes en détention administrative, tel que le fait d'enchaîner des prisonniers menant une grève de la faim sur une longue durée.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 15 JUIN 2012 À :

Vice-Premier ministre et ministre de la Défense

Ehud Barak

Ministry of Defence

37 Kaplan Street, Hakirya

Tel Aviv 61909, Israël

Fax : +972 3 69 16940 / 62757

Formule d'appel : Dear Minister , / Monsieur le Ministre,

Commissaire des Services pénitentiaires israéliens

Lieutenant-General Aharon Franco

Israel Prison Service

P.O. Box 81, Ramleh 72100, Israël

Fax : +972 8 919 3800

Formule d'appel : Dear

Lieutenant-General , / Monsieur,

Copies à :

Juge militaire et général de brigade

Brigadier General Danny Efroni

6 David Elazar Street

Hakirya, Tel Aviv, Israël

Fax : +972 3 569 4526

Courriel : avimn@idf.gov.il

Formule d'appel : Dear Judge Advocate General , / Monsieur le Juge,

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques d'Israël dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 119/12. Pour plus d'informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE15/023/2012/fr.

ACTION URGENTE

LA VIE DE PLUSIEURS PALESTINIENS EN GRÈVE DE LA FAIM EST EN DANGER

COMPLÉMENT D'INFORMATION

Thaer Halahleh a été arrêté le 26 juin 2010 chez lui, dans le village de Kharas (district de Hebron), et placé en détention administrative en vertu d'un ordre de détention qui a été renouvelé le 5 mars 2012. Bilal Diab a été interpellé le 17 août 2011 à son domicile à Kufr Rai, à Jénine, et a reçu un ordre de détention administrative qui a été renouvelé le 14 février dernier. Tous deux ont été emmenés au centre de soins de la prison de Ramleh le 21 mars, alors que leur santé se détériorait. Malgré les demandes adressées par Médecins pour les droits de l'homme aux Services pénitentiaires israéliens et les recours en justice, Thaer Halahleh et Bilal Diab n'ont pas le droit d'être examinés par des médecins indépendants, à l'exception de deux membres de l'organisation qui leur ont rendu visite les 9 et 30 avril.

Hassan Safadi a été appréhendé le 29 juin 2011 chez lui, dans le camp de réfugiés de Beit Ain al Ma, près de Naplouse. L'ordre de détention le visant a été renouvelé le 29 janvier dernier. Cet homme a entamé une grève de la faim vers le 2 mars. Il semble être en très mauvaise santé mais il n'a toujours pas été examiné par un médecin indépendant, malgré une décision de justice en sa faveur. Une requête déposée auprès de la Cour suprême israélienne contre la détention administrative de cet homme a été rejetée le 24 avril. Omar Abu Shalal a été arrêté le 15 août 2011 alors qu'il passait la frontière pour aller en Jordanie. L'ordre de détention dont il fait l'objet a été renouvelé le 15 février dernier. Cet homme a entamé une grève de la faim vers le 4 mars. Jaafar Izz al Din a été interpellé le 21 mars 2012 à son domicile d'Arrabeh, à Jénine, et placé en détention administrative. Il a entamé une grève de la faim pour protester contre son incarcération aux alentours du 27 mars. Médecins pour les droits de l'homme a déposé des requêtes auprès d'un tribunal de district afin de pouvoir examiner Omar Abu Shalal et Jaafar Izz al Din ; ces demandes seront étudiées le 7 mai 2012. Mahmoud al Sarsak, membre de l'équipe palestinienne de football et originaire de la bande de Gaza, a été appréhendé le 22 juillet 2009 au point de passage d'Erez et placé en détention sans inculpation ni jugement aux termes de la loi relative aux combattants illégaux. L'ordre de détention dont il fait l'objet a été renouvelé le 1er mars dernier. Cet homme a entamé une grève de la faim le 24 mars.

Amnesty International a plusieurs fois appelé Israël à mettre fin aux placements en détention administrative (y compris ceux en vertu de la loi relative aux combattants illégaux), car cette pratique bafoue le droit internationalement reconnu à un procès équitable. Ce droit doit être respecté pour tous les détenus, y compris ceux accusés d'atteintes aux droits humains, même en cas d'état d'urgence. La détention administrative et la loi relative aux combattants illégaux violent constamment ce droit, qui est garanti par l'article 14 par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, auquel Israël est partie. Les éléments à charge sont présentés en secret, sans que l'accusé ou son avocat soit autorisé à en prendre connaissance ou à les contester. Selon les statistiques des Services pénitentiaires israéliens, au 31 mars 2012, 320 Palestiniens étaient en détention administrative. Mahmoud al Sarsak est actuellement la seule personne incarcérée en vertu de la loi relative aux combattants illégaux.

Le centre médical des Services pénitentiaires israéliens à Ramleh n'est pas un hôpital et il n'est pas adapté aux détenus souffrant de graves pathologies ou menant une grève de la faim sur une longue durée ; notamment, il ne dispose pas de l'équipement nécessaire pour prendre en charge ces derniers. De plus, le personnel de cette structure ne comprend pas d'infirmiers ou de médecins professionnels.

Le 17 avril 2012, environ 2 000 prisonniers et détenus palestiniens ont entamé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions carcérales, leur isolement et le fait de ne pas pouvoir recevoir la visite de leurs familles. Beaucoup sont punis de différentes façons pour mener une telle grève et il semble qu'aucun n'ait été autorisé à consulter des médecins indépendants. Plusieurs organisations et avocats défendant les droits humains ont averti que les Services pénitentiaires israéliens sont en train de prendre des mesures pour sanctionner les prisonniers et détenus en grève de la faim et les pousser à y mettre un terme, ce qui met la vie de ces individus en danger. Ces Services prévoient ainsi de priver les détenus de tout contact avec leurs familles et leurs avocats, de refuser de transférer les personnes menant une grève de la faim vers des hôpitaux équipés de façon à pouvoir les prendre en charge, et d'empêcher les détenus de consulter des médecins indépendants, en qui ils ont confiance, dans le but d'obtenir des informations exactes concernant leur santé.

Noms : Thaer Hassan Safadi, Bilal Diab, Hassan Safadi, Omar Abu Shalal, Jaafar Izz al Diab et Mahmoud al Sarsak

Genre : hommes

Action complémentaire sur l'AU 119/12, MDE 15/025/2012, 4 mai 2012

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