Attaqués alors qu'ils fuyaient
«L'armée nous a dit de quitter le village mais ceux qui sont partis ont été bombardés et tués. Pourquoi ? Une voiture remplie d'enfants !»
C'est en ces termes qu'un membre de la famille Abdallah, rescapé d'une attaque israélienne sur un convoi de civils fuyant le village de Marwahin, a exprimé son désespoir et sa stupeur. L'attaque, perpétrée le 15 juillet, a causé la mort de 23 personnes, pour la plupart des enfants. Les habitants de Marwahin n'avaient évacué leur village que parce que des soldats israéliens leur en avaient donné l'ordre par haut-parleur. Voici ce que raconte ce survivant :
«Les soldats israéliens postés près de la clôture frontalière nous ont accusés d'aider la résistance et nous ont dit que nous devions partir, alors que nous n'avons rien à voir avec la résistance. Il n'y avait qu'un combattant du Hezbollah originaire du village et nous lui avions clairement fait savoir que nous étions contre toute attaque à partir de positions proches du village et contre la présence de toute arme dans le village.»
Alors que le convoi atteignait la zone se situant entre Chamaa et Bayada, il a été l'objet d'une intense offensive provenant, semble-t-il, d'un navire de guerre israélien et de missiles tirés à partir d'hélicoptères. La liste des personnes tuées, uniquement dans cette attaque, est sinistre :
Zahra Fares Abdallah, quarante-cinq ans, mère de dix enfants, son fils Hedi, six ans, et sa fille Mirna, douze ans ; Sana Muhammad Abdallah, trente ans, et cinq de ses enfants – Ali, quinze ans, Muhammad, treize ans, Hussein, douze ans, Hassan, dix ans, et Lama, deux ans ; Muhammad Mousa Ghannam, quarante-sept ans, sa femme Suha, trente-cinq ans, et leurs six enfants - Qasem, seize ans, Mustapha, quinze ans, Hussein, onze ans, Fatima, quatorze ans, Zainab, dix ans, et Doa, sept ans ; Mariam Brahim Abdallah, vingt-sept ans ; Ali Kamil Abdallah, cinquante-cinq ans, son fils de dix-sept ans, Muhammad, et sa vieille mère, Subha Hassan Abdallah ; deux sœurs âgées, Latifa et Fawzia Abu Hadla.
Beaucoup d'autres ont été grièvement blessés, notamment un vieil homme, Mousa Touhan Seif, qui a perdu ses deux jambes. |