Documento - Reino Unido: El solicitante de asilo eritreo rechazado todavía corre peligro.



Action complémentaire sur l’AU 108/10, EUR 45/006/2010 – Royaume-Uni 25 mai 2010


ACTION URGENTE

UN ÉRYTHRÉEN DÉBOUTÉ DE SA DEMANDE D’ASILE EST TOUJOURS MENACÉ

Malgré les nouvelles requêtes de ses avocats, Yosief Michael Kidane risque toujours d’être expulsé de force du Royaume-Uni vers l’Érythrée, où il pourrait être arrêté, détenu au secret et torturé ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements en raison de ses activités politiques et de la procédure de demande d’asile qu’il a engagée.

Les avocats de Yosief Michael Kidaneont déposé une nouvelle requête auprès des autorités britanniques chargées de l’immigration afin que cet homme ne soit pas renvoyé de force en Érythrée. Par ailleurs, ils ont à nouveau demandé à la Haute Cour de justice de contrôler la légalité de la décision d’expulsion et ont appelé la Cour européenne des droits de l’homme à empêcher le renvoi forcé de Yosief Michael Kidane. Ces deux juridictions étudient actuellement le dossier. Les directives en vigueur au Royaume-Uni permettent aux autorités chargées de l’immigration d’expulser un demandeur d’asile débouté, sans attendre qu’il soit statué sur la requête en révision judiciaire, si elles considèrent que cette démarche porte « sur les mêmes questions ou les même motifs » qu’une procédure infructueuse engagée au maximum trois mois auparavant.Yosief Michael Kidane a été transféré au centre de Brook, près de l’aéroport de Londres Gatwick, où sont regroupées les personnes en instance d’expulsion. Il y est toujours détenu dans l’attente de son renvoi.

Cet homme de 60 ansest arrivé au Royaume-Uni en 2002 et a engagé une procédure de demande d’asile en novembre 2006. Les autorités britanniques ont rejeté son dossier et il a été débouté de son recours en février 2009. Amnesty International a pu consulter des rapports médicaux indiquant qu’il n’était peut-être pas apte à prendre l’avion en raison de deux thromboses veineuses profondes.

Yosief Michael Kidane appartient à l’un des principaux partis politiques d’opposition en Érythrée et a pris part à des activités politiques au Royaume-Uni, notamment à des manifestations contre le gouvernement érythréen.Il pourrait être détenu au secret, torturé et soumis à d’autres formes de mauvais traitements en raison de son militantisme politique et de la procédure de demande d’asile qu’il a engagée à l’étranger, car les autorités érythréennes considèrent cette démarche comme un acte de trahison.Depuis avril 2009, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) recommande à tous les États d’« éviter absolument de renvoyer de force des demandeurs d’asile en Érythrée, même lorsque leur requête a été rejetée, et [de] leur accorder au contraire des moyens supplémentaires pour se protéger ».Malgré cela, les autorités britanniques soutiennent que Yosief Michael Kidane ne court aucun risque.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais ou dans votre propre langue) :

  • exhortez les autorités britanniques à ne pas renvoyer de force Yosief Michael Kidane en Érythrée, où il risquerait fortement d’être détenu au secret et de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements ;

  • rappelez-leur que le droit international interdit formellement au Royaume-Uni de renvoyer une personne dans un pays où elle risquerait d’être victime de torture ou d’autres graves atteintes à ses droits fondamentaux ;

  • demandez-leur de donner la possibilité à Yosief Michael Kidane de soumettre une nouvelle demande de protection internationale sur leur territoire, et d’envisager des solutions adaptées permettant d’éviter la détention en attendant que son dossier soit examiné et qu’il conteste éventuellement la décision devant des juridictions nationales et internationales ;

  • engagez-les à se conformer aux directives du HCR en n’expulsant pas Yosief Michael Kidane ni tout autre demandeur d’asile débouté vers l’Érythrée, où ils risquent de subir de graves violations des droits humains.


ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 6 JUILLET 2010 À :

Ministre de l’Intérieur

Rt Hon Theresa May MP

Home Office, 2 Marsham Street

London SW1P 4DF, Royaume-Uni

Fax : +44 20 7035 0900

Courriel : privateoffice.external@homeoffice.gsi.gov.uk

Formule d’appel : Dear Home Secretary, / Madame la Ministre,

Ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur, chargé des frontières et de l’immigration

Damian Green MP

Home Office, 2 Marsham Street

London SW1P 4DF, Royaume-Uni

Fax : +44 870 336 9034

Courrier électronique : privateoffice.external@homeoffice.gsi.gov.uk

Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,

Deux nouveaux ministres ont été nommés à ces postes (les 12 et 13 mai, respectivement). Il est crucial que vos messages leur parviennent, même si vous avez déjà envoyé un appel et avez reçu une réponse automatique des Services des frontières.




Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Royaume-Uni dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l’AU 108/10 (EUR 45/004/2010). Pour plus d’informations : http://www.amnesty.org/fr/library/info/EUR45/004/2010/fr.

ACTION URGENTE

UN ÉRYTHRÉEN DÉBOUTÉ DE SA DEMANDE D’ASILE EST TOUJOURS MENACÉ

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les obligations du Royaume-Uni au regard de la législation nationale et du droit international, notamment de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, de la Convention contre la torture et de la Convention européenne des droits de l’homme, lui interdisent de renvoyer une personne dans un pays où elle risquerait d’être victime de torture ou d’autres graves atteintes aux droits humains.

Depuis avril 2009, le HCR recommande à tous les États de ne pas expulser de demandeurs d’asile vers l’Érythrée car la politique gouvernementale de ce pays se traduit par de graves violations des droits humains. Par ailleurs, cette instance a indiqué que les personnes renvoyées de force avaient été « arrêtées sans motif, détenues, soumises à des actes de torture et à d’autres mauvais traitements, voire tuées par les autorités ».

Des milliers de personnes sont détenues au secret en Érythrée, dans des lieux inconnus et pour des durées indéterminées, sans inculpation ni procès. Elles ont été arrêtées pour leur opposition présumée au gouvernement, pour avoir pratiqué leur foi religieuse alors que leur Église, évangélique ou autre, était interdite, pour s’être soustraites à la conscription ou pour avoir tenté de fuir le pays. Les autorités érythréennes considèrent le fait d’engager une procédure de demande d’asile comme un acte de trahison et une justification à la détention d’une personne renvoyée de force sur leur territoire. D’après les témoignages d’anciens détenus évadés, les responsables des services de sécurité érythréens s’intéressaient tout particulièrement à ce que les Érythréens déboutés de leur demande d’asile avaient pu dire sur leur pays d’origine au cours de leurs démarches. Sous la torture, ou la menace de se voir infliger un tel traitement, ces personnes ont été contraintes à déclarer qu’elles avaient trahi leur pays en affirmant qu’elles y étaient persécutées.

L’Égypte, le Soudan, l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni procèdent depuis novembre 2007 à des renvois forcés de réfugiés et de demandeurs d’asile érythréens. Ces expulsions sont décidées sans prendre en considération le sort des réfugiés déjà renvoyés, qui ont été détenus arbitrairement et torturés, et sans tenir compte des directives du HCR recommandant de ne pas organiser de retours forcés en Érythrée.




Action complémentaire sur l’AU 108/10, MDE 45/006/2010, 25 mai 2010

Cómo puedes ayudar

AMNISTÍA INTERNACIONAL EN EL MUNDO