Documento - SRI LANKA. "Desaparición" / Temor de tortura o malos tratos / Preocupación por la salud
PUBLIC Index AI : ASA 37/035/2006 – ÉFAI
20 décembre 2006
AU 336/06
« Disparition » / Craintes de torture ou de mauvais traitements / Inquiétudes pour la santé
SRI LANKA Sivasubramanium Raveendranath (h), recteur de l’université orientale de Batticaloa, 55 ans

Le professeur Sivasubramanium Raveendranath, recteur de l’université orientale, aurait été enlevé le 15 décembre lors d’une conférence à Colombo, la capitale. Étant donné qu’il se trouvait dans un lieu strictement contrôlé par l’armée, il y a lieu de penser que ses ravisseurs faisaient partie d’un groupe armé opérant avec le soutien tacite des forces de sécurité. Amnesty International craint qu’il ne soit torturé. En outre, il y a d’autant plus lieu de craindre pour sa vie qu’il souffre de troubles cardiaques.
Sivasubramanium Raveendranath aurait été vu pour la dernière fois par ses collègues à une conférence de l’association sri-lankaise pour le progrès scientifique, lors d’une pause café.
Le 20 septembre, des hommes armés ont enlevé un de ses collègues, le Dr Balasingham Sugamar, doyen de la faculté des arts à l'université orientale. Selon de nombreuses sources d’information, les ravisseurs ont exigé la démission immédiate de Sivasubramanium Raveendranath en échange de la libération de Balasingham Sugamar. Sivasubramanium Raveendranath s’est exécuté et Balasingham Sugamar a été relâché peu après. L’université n’a cependant pas accepté sa démission au motif qu’il assurait les fonctions de président. Il a donc continué à exercer celles-ci depuis Colombo car il ne se sentait pas encore suffisamment en sécurité pour retourner à l’université. La famille de Sivasubramanium Raveendranath a indiqué qu’il avait reçu plusieurs menaces, mais qu’il n’était pas certain d’en connaître l’origine.
D’après la direction d’une organisation non gouvernementale (ONG) locale, l’université orientale est connue pour ses violentes querelles intestines en matière de politique interne, notamment en ce qui concerne le contrôle de l’établissement. De nombreux membres du personnel ont démissionné ou disparu, tandis que d’autres ont été tués. Certaines sources au sein de l’université affirment que le professeur Raveendranath est partisan des Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE, Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul), mais sa famille soutient qu’il est totalement apolitique.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Ces derniers mois, la situation des droits humains à Sri Lanka s'est considérablement dégradée. Du fait de la multiplication des affrontements entre les forces de sécurité gouvernementales et les Liberation Tigers of Tamil Eelam (LTTE, Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul) depuis avril 2006, de très nombreux civils ont été tués ou blessés et plus de 200 000 personnes ont été contraintes à fuir leur foyer. Il semble que ni les forces de sécurité ni les LTTE ne prennent les mesures nécessaires pour épargner la vie des civils et éviter que ceux-ci ne soient blessés lors d’opérations militaires. Malgré l’escalade de la violence, les deux parties au conflit affirment respecter l'accord de cessez-le-feu de 2002. Le conflit qui déchire le Sri Lanka depuis plus de vingt ans a fait plus de 65 000 morts, essentiellement des civils.
Depuis quelques mois dans le nord et l’est du Sri Lanka, les forces de sécurité et des groupes armés seraient responsables d’un certain nombre de « disparitions » et d’enlèvements. Les victimes sont souvent appelées ou emmenées « aux fins d’interrogatoire » puis détenues au secret. Il est impossible de consulter un quelconque fichier faisant état de leur placement en détention et les mécanismes officiellement chargés de signaler de tels faits, comme la Commission nationale des droits humains, sont rarement en mesure de retrouver leur trace. Toute personne ainsi détenue est clairement menacée de torture ou d’autres formes de mauvais traitements.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
- appelez les autorités à prendre sans délai toutes les mesures nécessaires en vue de retrouver la trace de Sivasubramanium Raveendranath, qui aurait été enlevé le 15 décembre ;
- engagez-les à garantir que cet homme ne sera ni torturé ni soumis à d’autres formes de mauvais traitements, et à l'autoriser sans délai ni restriction à entrer en contact avec ses proches et avec un avocat de son choix, ainsi qu'à recevoir tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin ;
- exhortez-les également à mener dans les meilleurs délais une enquête exhaustive et impartiale sur l’enlèvement de Sivasubramanium Raveendranath, à en rendre les conclusions publiques et à traduire rapidement en justice les responsables présumés, qui devront bénéficier d’un procès public et équitable ;
- s’il s’avère que Sivasubramanium Raveendranath est détenu par les autorités, priez ces dernières de le libérer immédiatement et sans condition, à moins qu’il ne soit inculpé d’une infraction dûment reconnue par la loi.
APPELS À :
Président de la République :
President Mahinda Rajapakse
Presidential Secretariat, Colombo 1, Sri Lanka
Fax : +94 11 2446657
+94 11 2472100
Formule d’appel : Dear President Rajapakse, / Monsieur le Président,
Chef de l’armée sri-lankaise :
Lt Gen Sarath Fonseka
Army Commander, Army Headquarters, Flagstaff Street, Colombo 1, Sri Lanka
Fax : +94 11 2855 018
+94 11 2434 862
+94 11 2338 653
+94 11 2421 374
Formule d’appel : Dear Lt General, / Mon Général, (si vous êtes un homme) ou Général, (si vous êtes une femme)
Secrétaire à la Défense :
Mr Gotabhaya Rajapakse
Secretary, Ministry of Defence, 15/5 Balasinghamdaksha Mawatha, Colombo 3, Sri Lanka
Fax : +94 11 2446 300
+94 11 2541 529
Formule d’appel : Dear Secretary of Defense, / Monsieur le Ministre,
Ministre des Droits humains et de la Gestion des
Catastrophes :
Mahinda Samarasinghe
Minister of Disaster Management and Human Rights, 383, Department of Meteorology, Bauddhaloka Mawatha, Colombo 7, Sri Lanka
Fax : +94 11 2681978
+94 11 2881982
Formule d’appel : Dear Minister, / Madame la Ministre,
COPIES aux représentants diplomatiques du Sri Lanka dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 31 JANVIER 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org