Documento - Sri Lanka: Se extiende la represión contra los estudiantes.

 SRI LANKA. LA RÉPRESSION CONTRE LES ÉTUDIANTS SE POURSUIT

Informations complémentaires sur l’AU 347/12, ASA 37/015/2012, Sri Lanka 11 décembre 2012

ACTION URGENTE

LA RÉPRESSION CONTRE LES ÉTUDIANTS SE POURSUIT

Un étudiant aurait été libéré sous caution, mais beaucoup d’autres ont été arrêtés. Plusieurs sont détenus au secret, ce qui les expose à un risque accru d’être torturés.

L’un des quatre étudiants arrêtés, Kaneshamurthy Sudarsan, a été libéré sous caution, selon la presse locale. P. Tharshananth, Sanmugam Solaman et K. Jenemajeyamenan sont toujours aux mains du Service d'enquête sur le terrorisme (TID). À la connaissance d’Amnesty International, ils n’ont pas comparu devant le tribunal de première instance de Vavuniya ou de Jaffna et leurs familles n’ont pas été officiellement averties de leur arrestation ni des charges retenues contre eux. Des agents du bureau du TID à Vavuniya ont refusé aux parents de Sanmugam Solaman le droit de lui rendre visite et leur ont dit que les étudiants avaient été transférés vers un centre de « rééducation » à Welikanda, ville très éloignée de Jaffna.

D’après la presse locale, les policiers ont déclaré que les étudiants avaient été arrêtés parce qu’ils ont semble-t-il participé à un attentat au cocktail Molotov contre les bureaux d’une organisation politique locale, et organisé des manifestations. Cependant, des membres de la faculté et de l’Association des enseignants de l’Université des sciences de Jaffna ont affirmé dans une lettre adressée au président Mahinda Rajapakse, le 7 décembre, que le cocktail Molotov n’était qu’un prétexte pour détenir et harceler les leaders étudiants, qui « n’avaient rien à voir avec l’attentat ». Ils sont opposés à l’utilisation de la Loi relative à la prévention du terrorisme (PTA) pour bâillonner les activités politiques et l’expression d’opinions non-violentes.

Dans la matinée du 6 décembre, un homme affirmant appartenir au TID a présenté à l’administration de l’Université de Jaffna une liste de 10 étudiants qui devaient être conduits au poste de police de Jaffna, sans aucune autre explication. Le doyen de la faculté de médecine a remis ce jour-là aux autorités cinq étudiants. Un sixième, de la faculté de management, a été remis aux autorités par son père. Tous les six ont été interrogés, avant d’être libérés le 10 décembre. Trois autres ont été remis à la Commission des droits humains le 7 décembre et transférés au TID, où ils ont été interrogés pendant plusieurs jours, avant d’être relâchés. V. Bhavananadan, président de l’Union des étudiants, s’est rendu à la Commission des droits humains, à Jaffna, le 7 décembre, avant de se livrer au TID. On ignore où il se trouve actuellement.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :

appelez les autorités sri-lankaises à libérer les étudiants ou à les inculper d’une infraction dûment reconnue par la loi et à les juger sans délai conformément aux normes internationales relatives aux droits humains ;

exhortez-les à veiller à ce que les détenus soient traités dans le respect des normes internationales, et notamment protégés contre la torture, et qu’ils puissent régulièrement recevoir la visite de leurs proches, consulter leurs avocats et bénéficier de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin ;

invitez-les à lever les restrictions à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, notamment lors des rassemblements religieux et autres commémorations, et à traduire en justice ceux qui attaquent ces rassemblements.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 22 JANVIER 2013 À :

Inspecteur général de la police

N K Illangakoon

New Secretariat, Colombo 1

Sri Lanka

Fax : +94 11 244 0440

Courriel : igp@police.lk

Formule d’appel : Dear Inspector General, / Monsieur,

Ministre de la Défense

Gotabhaya Rajapaksa

Ministry of Defence and Urban

Development

15/5, Baladaksha Mawatha,

Colombo 03, Sri Lanka

Fax : +94 11 254 1529

Courriel : secdef@sltnet.lk

Formule d’appel : Dear Defence Secretary, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Secrétaire de la Commission sri-lankaise des droits humains

No. 108 Barnes Place, Colombo 07,

Sri Lanka

Fax : +94 11 268 9558

Courriel : sechrc@sltnet.lk

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Sri Lanka dans votre pays. (adresse(s) à compléter) :

Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule de politesse.

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l’AU 347/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/ASA37/014/2012/fr.

ACTION URGENTE

LA RÉPRESSION CONTRE LES ÉTUDIANTS SE POURSUIT

COMPLÉMENT D’INFORMATION

L’arrestation de ces étudiants a fait suite à des manifestations qui ont duré plusieurs jours, après que les forces de sécurité eurent tenté de réprimer les commémorations pacifiques de Maaveerar Naal (« Journée des héros »), journée du souvenir lancée par les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE). Le 27 novembre, des membres des forces de sécurité ont brisé une lampe allumée lors d’une cérémonie à la résidence des étudiantes de l'université de Jaffna ; ils auraient également menacé des étudiants, notamment en pointant leurs armes sur eux. Le lendemain, des étudiants ont réagi en menant une action de protestation silencieuse et en défilant brièvement avec des pancartes dénonçant les restrictions à la liberté d'expression. Au moins 20 étudiants de premier cycle, dont Sanmugam Solaman, ont alors été blessés et frappés par des policiers antiémeutes et des policiers en civil. Les forces de sécurité affirment que les étudiants leur avaient jeté des pierres, d'où leur réaction ; des membres du personnel de l'université ont déclaré aux médias locaux que l'événement était non-violent jusqu'à ce que les autorités s'en prennent aux manifestants.

Jaffna a été le théâtre d'une série d'attaques violentes contre des militants étudiants et les autorités se sont employées à empêcher les étudiants de se syndiquer. En octobre 2011, Subramaniam Thavapalasingham, président de l'Union des étudiants de l'université de Jaffna, a été agressé par des assaillants non identifiés armés de barres métalliques, qui l'ont accusé de soutenir les séparatistes tamouls ; il a attribué cette attaque aux services de renseignement militaire sri-lankais. En mai 2012, P. Tharshananth a été victime d'une agression similaire et a été passé à tabac, alors qu'il était censé prononcer un discours peu après dans le cadre d'un événement commémorant les victimes du conflit armé ayant pris fin il y a trois ans.

Depuis que le conflit armé ayant opposé les forces armées et les LTTE s'est achevé, en mai 2009, les autorités sri- lankaises ont imposé des restrictions sévères sur les événements et cérémonies religieuses commémorant les victimes de guerre ; elles voient particulièrement d'un mauvais œil les rassemblements se tenant aux alentours du 27 novembre, la « Journée des héros » des LTTE, créée afin de rendre hommage aux cadres tués pendant ce conflit et qui a lieu le lendemain de l'anniversaire de Velupillai Prabhakaran, chef défunt des LTTE. En outre, le 27 novembre 2012 coïncidait avec la fête hindoue de Karthikai Deepam, durant laquelle sont allumées des lampes à huile ; l'armée aurait empêché de nombreux habitants de Jaffna d'allumer des lampes pour célébrer ce festival.

P. Tharshananth est le secrétaire de l'Union des étudiants de l'université de Jaffna ; Sanmugam Solaman est membre de l'Union de la faculté des sciences ; Kanesamoorthy Sutharsan est étudiant en médecine ; K. Jenemajeyamenan est président de l'Union des étudiants de la faculté des arts, et V. Bhavananadan est président de l’Union des étudiants de l’université de Jaffna.

Noms : P. Tharshananth, Sanmugam Solaman, Kanesamoorthy Sutharsan, K. Jenemajeyamenan, V. Bhavananadan.

Genre : hommes

Informations complémentaires sur l’AU 347/12, ASA 37/015/2012, 11 décembre 2012

image1.png image2.png image3.png

Cómo puedes ayudar

AMNISTÍA INTERNACIONAL EN EL MUNDO