Sri Lanka. Écrire pour les droits (3-17 décembre 2011). Ragihar Manoharan

ÉCRIRE POUR LES DROITS

3-17 décembre 2011

Vous pouvez faire changer les choses

SRI LANKA

RAGIHAR MANOHARAN

Amnesty International

Document public

ASA 37/011/2011

AILRC-FR

Décembre 2011

Ragihar Manoharan et quatre autres étudiants ont été abattus par des membres des forces de sécurité sri-lankaises le 2 janvier 2006. Le père de Ragihar Manoharan, qui a entendu les coups de feu, a reçu des menaces de mort pour avoir fourni des éléments de preuve lors d'une enquête officielle sur la mort de son fils.

Ragihar Manoharan faisait partie d'un groupe d'étudiants qui s'étaient réunis au bord de la mer à Trincomalee, le 2 janvier vers 19 heures, pour discuter. Une grenade a été lancée sur le groupe depuis un pousse-pousse à moteur et les étudiants ont pris la fuite. Plusieurs d'entre eux ont été blessés dans l'explosion. Peu de temps après, 10 à 15 agents en uniforme, qui pourraient être des membres de la Force d'intervention spéciale, sont arrivés. Ils ont fait monter les étudiants blessés dans leur jeep et les ont roués de coups avec la crosse de leur fusil avant de les jeter sur la route. Des témoins affirment qu'ils ont ensuite abattu cinq des étudiants, y compris Ragihar Manoharan.

Peu avant sa mort, Ragihar Manoharan a laissé un message affolé sur le téléphone de son père, disant qu'il avait été encerclé par des membres des forces de sécurité. Son père, le docteur Kasippillai Manoharan, s'est rendu en hâte sur les lieux et est arrivé à temps pour entendre les étudiants implorer qu'on les épargne, puis les coups de feu. Une autopsie a révélé que les cinq étudiants étaient décédés des suites de blessures par balles, bien que les forces de sécurité aient affirmé qu'ils avaient été tués lors de l'attaque à la grenade.

Après avoir fourni des éléments de preuve lors d'une enquête judiciaire le 10 janvier 2006, Kasippillai Manoharan et sa famille ont été victimes de harcèlement et de menaces, notamment de menaces de mort. Ils ont finalement été forcés de quitter le pays et de demander l'asile à l'étranger. Treize membres des forces de sécurité ont été arrêtés en rapport avec les homicides avant d'être relâchés. Une commission a été mise sur pied pour enquêter sur ces faits ainsi que sur 11 autres décès. Cependant, le rapport de la commission d'enquête, remis directement au président du Sri Lanka, n'a jamais été rendu public. Aucune enquête approfondie n'a été menée et personne n'a été traduit en justice pour le meurtre de Ragihar Manoharan.

Depuis, Kasippillai Manoharan fait ouvertement campagne dans le but d'obtenir justice pour l'homicide de son fils.

Écrivez au président du Sri Lanka :

rappelez-lui que la famille de Ragihar Manoharan mérite d'obtenir justice et de connaître la vérité sur ce qui est arrivé à cet étudiant ;

exhortez-le à rendre public le rapport de la commission d'enquête établie en novembre 2006 et chargée d'étudier les circonstances de la mort de Ragihar Manoharan ;

priez-le instamment de s'assurer que cette affaire ainsi que d'autres cas de violations des droits humains au Sri Lanka fassent l'objet de véritables enquêtes.

Envoyez vos appels à :

President Mahinda Rajapaksa

Presidential Secretariat

Colombo 1

Sri Lanka

Fax : 00-94 11 244 6657

Courriel : prsec@presidentsoffice.lk / lalith@icta.lk

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,

Envoyez un message de solidarité.

Envoyez une lettre ou une carte de solidarité à la famille de Ragihar Manoharan, par le biais d'Amnesty International. Merci de ne pas envoyer de message à teneur religieuse.

Dr K Manoharan and his family

C/o Sri Lanka Team,

Amnesty International

1 Easton Street

London

WC1X 0DW

Royaume-Uni

© Amnesty International