Documento - Sri Lanka: DOS ESTUDIANTES QUEDAN EN LIBERTAD

Sri Lanka. Deux étudiants remis en liberté

Action complémentaire sur l'AU 347/12, ASA 37/002/2013 – Sri Lanka 29 janvier 2013

ACTION URGENTE DEUX ÉTUDIANTS REMIS EN LIBERTÉ Le 22 janvier, Sanmugam Solaman et V. Bhavananadan, deux étudiants, ont été libérés d'un centre de « rééducation » situé à Welikanda par le Service d'enquête sur le terrorisme (TID). En revanche, P. Tharshananth et K. Jenemajeyamenan sont toujours en détention et risquent d'être torturés. Le 1er décembre 2012, quatre étudiants, dont Sanmugam Solaman, ont été arrêtés sans mandat à Jaffna (capitale de la province du Nord, au Sri Lanka) par le Service d'enquête sur le terrorisme (TID). On leur reprochait d'avoir attaqué au cocktail Molotov les locaux d'une organisation politique locale, ainsi que d'avoir participé à l'organisation de manifestations. Le 7 décembre, V. Bhavananadan, un cinquième étudiant, s'est livré au TID à Jaffna. Selon des médias locaux, Sanmugam Solaman et V. Bhavananadan ont ensuite été détenus dans un centre de « rééducation », à Welikanda, jusqu'à leur libération. En revanche, P. Tharshananth, secrétaire de l'Union des étudiants de l'université de Jaffna, et K. Jenemajeyamenan, président du Syndicat des étudiants de la faculté des arts, seraient toujours en détention. Kaneshamurthy Sudarsan, quant à lui, aurait déjà été libéré sous caution précédemment. DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais ou dans votre propre langue :  appelez les autorités à libérer P. Tharshananth et K. Jenemajeyamenan ou à les inculper d'une infraction dûment reconnue par la loi et à les juger rapidement, dans le respect des normes internationales ;  demandez-leur de veiller à ce que ces détenus soient traités conformément aux normes internationales, en particulier à ce qu'ils ne soient pas torturés, puissent s'entretenir librement avec leurs avocats et leur famille, et bénéficient de tous les soins médicaux dont ils pourraient avoir besoin.

VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 12 MARS 2013 : Inspecteur général de la police N K Illangakoon New Secretariat, Colombo 1 Sri Lanka Fax : +94 11 244 0440 Courriel : igp@police.lk Formule d'appel : Dear Inspector General, / Monsieur,

Ministre de la Défense Gotabhaya Rajapaksa Ministry of Defence and Urban Developement 15/5, Baladaksha Mawatha, Colombo 03, Sri Lanka Fax : +94 11 254 1529 (merci de vous montrer persévérant) Courriel : secdef@sltnet.lk Formule d'appel : Dear Defence Secretary, / Monsieur le Ministre,

Copies à : Secrétaire de la Commission sri-lankaise des droits humains No. 108 Barnes Place Colombo 07, Sri Lanka Fax : +94 11 268 9558 (merci de vous montrer persévérant) Courriel : sechrc@sltnet.lk

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Sri Lanka dans votre pays (adresse(s) à compléter) : Nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la seconde mise à jour de l'AU 347/12. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/ASA37/015/2012/fr.

ACTION URGENTE DEUX ÉTUDIANTS REMIS EN LIBERTÉ

COMPLÉMENT D'INFORMATION L'arrestation des cinq étudiants cités a fait suite à des manifestations étudiantes qui avaient été organisées pendant plusieurs jours après que les forces de sécurité eurent essayé de réprimer les commémorations pacifiques de Maaveerar Naal, la « Journée des héros » lancée par les Tigres libérateurs de l'Eelam tamoul (LTTE). Le 27 novembre 2012, des membres des forces de sécurité ont troublé une cérémonie pendant laquelle des lampes à huile avaient été allumées à la résidence des étudiantes de l'université de Jaffna ; ils auraient brisé des lampes et menacé des étudiants de leurs armes. Le lendemain, des étudiants ont réagi en menant une action de protestation silencieuse et en défilant brièvement avec des pancartes qui dénonçaient les restrictions à la liberté d'expression. Au moins 20 étudiants de premier cycle, dont Sanmugam Solaman, ont alors été blessés et frappés par des policiers antiémeutes et des officiers en civil. Les forces de sécurité ont affirmé que les étudiants leur avaient jeté des pierres, d'où leur réaction ; des membres du personnel de l'université ont déclaré aux médias locaux que l'événement était non violent jusqu'à ce que les autorités s'en prennent aux manifestants.

Jaffna a été le théâtre d'une série d'attaques violentes contre des militants étudiants. Des efforts ont par ailleurs été déployés afin d'empêcher les étudiants d'organiser des événements. En octobre 2011, Subramaniam Thavapalasingham, président de l'Union des étudiants de l'université de Jaffna, a été agressé par des inconnus armés de barres métalliques, qui l'ont accusé de soutenir les séparatistes tamouls ; il a attribué cette attaque au service de renseignement militaire sri-lankais. En mai 2012, P. Tharshananth a été victime d'une agression similaire et a été passé à tabac, alors qu'il devait prononcer un discours peu après dans le cadre d'un hommage aux victimes du conflit armé ayant pris fin trois ans plus tôt.

À la suite de mesures répressives appliquées à l'université de Jaffna, le TID aurait placé en détention une cinquantaine de personnes soupçonnées d'être liées aux LTTE. Nombre de celles-ci ont ensuite été transférées au centre de détention de Boosa, dans le sud du pays.

Depuis que le conflit armé avec les LTTE a éclaté, en 1983, des dizaines de milliers de Tamouls soupçonnés d'entretenir des liens avec ce mouvement ont été arrêtés et détenus en vertu de la Loi relative à la prévention du terrorisme et des règlements d'exception promulgués dans le cadre de l'état d'urgence (désormais levé) au titre de la sécurité publique. Ils font l'objet d'une enquête et sont interrogés par les services du renseignement et les forces de sécurité ou envoyés en « rééducation », selon le terme employé par les autorités sri-lankaises.

En réalité, ils sont souvent incarcérés pendant de longues périodes sans être présentés à un magistrat. En ce qui concerne les personnes détenues à des fins de « rééducation », la durée de la détention sans inculpation ni examen judiciaire de la légalité de cette détention peut atteindre des années, sans que les détenus ne puissent consulter un avocat ni, dans certains cas, communiquer avec leur famille.

P. Tharshananth est le secrétaire de l'Union des étudiants de l'université de Jaffna et K. Jenemajeyamenan préside le Syndicat des étudiants de la faculté des arts.

Noms : P. Tharshananth and K. Jenemajeyamenan Genre : hommes

Action complémentaire sur l'AU 347/12, ASA 37/002/2013, 29 janvier 2013

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