Documento - North Korea: Fears for forcibly returned North Koreans
AU 68/12, ASA 24/002/2012 – République populaire démocratique de Corée 28 février 2012
ACTION URGENTE
CORÉE DU NORD. CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ DE NORD-CORÉENS VICTIMES DE RETOUR FORCÉ
Au moins neuf Nord-Coréens auraient été renvoyés de force par les autorités chinoises en Corée du Nord, où ils risquent fortement d ' être victimes de déten tion arbitraire, de tortur e et autres mauvais traitements ou de disparition forcée, d ' être soumis au travail forcé ou d ' être exécutés. D ' autres Nord-Coréens actuellement en détention en Chine risquent également d ' être renvoyés de force dans leur pays d ' origine.
Selon les médias et les organisations disposant de contacts en Chine et en Corée du Nord, les autorités chinoises auraient renvoyé neuf Nord-Coréens dans leur pays d'origine à la mi-février.
Les Nord-Coréens ne peuvent pas se rendre à l'étranger sans une autorisation de l'État et quitter le pays est presque impossible pour eux, ce qui bafoue le droit de chacun à quitter son propre pays. Pourtant, chaque année, des milliers d'entre eux gagnent illégalement la Chine en dépit des risques importants qu'ils courent. En effet, les autorités chinoises considèrent tous les Nord-Coréens sans papiers comme des migrants économiques et les renvoient de force dans leur pays lorsqu'elles les appréhendent. Les personnes quittant le pays sans autorisation s'exposent à de lourdes sanctions et risquent notamment la détention arbitraire, la torture, voire l'exécution.
En janvier, les autorités nord-coréennes ont condamné les personnes qui traversent la frontière et les ont menacées de sanctions sévères à leur retour en Corée du Nord. Ces déclarations ont été émises alors que le pouvoir se trouve dans une phase de transition : Kim Jong-il, le précédent dirigeant du pays, est décédé en décembre 2011, et son fils, Kim Jong-un, lui a succédé. Amnesty International est préoccupée à l'idée que les déclarations des autorités pourraient indiquer que les personnes renvoyées en Corée du Nord risquent d'être soumises à des sanctions encore plus dures que d'habitude.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en anglais, en coréen ou dans votre propre langue :
appelez les autorités nord-coréennes à veiller à ce que personne ne soit arrêté ou poursuivi pour s'être rendu en Chine, et à ce que nul ne soit torturé ou autrement maltraité, soumis au travail forcé ou à une disparition forcée ou condamné à mort à son retour en Corée du Nord ;
priez-les instamment de faire en sorte qu'il ne soit plus obligatoire d'obtenir une autorisation pour voyager à l'intérieur du pays ou à l'étranger, afin de se conformer à leurs obligations juridiques internationales.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 10 AVRIL 2012 À KIM JUNG-UN, COMMANDANT SUPRÊME DE L ' ARMÉE POPULAIRE CORÉENNE, C/O :
Ambassadeur de la Mission permanente de la République populaire démocratique de Corée auprès des Nations unies à New York
Mr Sin Son-ho
Permanent Mission of the Democratic People's Report of Korea in New York 820 Second Ave, 13th Floor New York, NY 10017
États-Unis
Fax : +1 212 972 3154
Courriel : dpr.korea@verizon.net
Ambassadeur de la Mission permanente de la République populaire démocratique de Corée auprès des Nations unies à Genève
M. So Se-pyong
Chemin de Plonjon 1
1207, Genève
Suisse
Fax : +41 22 786 0662
Copies à :
Ministre de la Sécurité publique
Ri Myong-su
Ministry of People's Security
Pyongyang
République populaire démocratique de Corée
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Corée du Nord dans votre pays (adresse(s) à compléter) :
nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.
Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
CORÉE DU NORD. CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ DE NORD-CORÉENS VICTIMES DE RETOUR FORCÉ
COMPLÉMENT D ' INFORMATION
Bien que la Chine soit partie à la Convention des Nations unies relative au statut des réfugiés, elle a empêché le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) de s'entretenir avec des Nord-Coréens se trouvant sur son territoire. Le droit international interdit tout retour forcé, direct ou indirect, vers un pays où la personne concernée risque d'être victime de persécutions, de torture ou d'autres mauvais traitements, voire d'être tuée. Amnesty International estime que tous les Nord-Coréens présents sur le territoire chinois peuvent prétendre au statut de réfugié en raison des risques de violations des droits humains auxquels ils sont exposés s'ils sont renvoyés dans leur pays.
Les autorités nord-coréennes refusent de reconnaître le rôle des observateurs internationaux des droits humains et de les laisser entrer sur le territoire, y compris les délégués d'Amnesty International et le rapporteur spécial des Nations unies sur la situation des droits de l'homme en Corée du Nord. Les restrictions en vigueur qui empêchent l'accès des observateurs indépendants et des organisations intergouvernementales et humanitaires compromettent les tentatives d'évaluation de la situation des droits humains dans le pays. Les informations qui parviennent jusqu'à l'organisation, transmises principalement par des Nord-Coréens - notamment des réfugiés - vivant à l'étranger, font état de violations fréquentes et généralisées des droits humains, notamment de lourdes restrictions sur la liberté d'association, d'expression et de mouvement, de détention arbitraire, de torture et autres mauvais traitement entraînant la mort et d'exécutions.
Noms : au moins neuf Nord-Coréens
Genre : Inconnu
AU 68/12, ASA 24/002/2012, 28 février 2012