Documento - Colombia: Más amenazas de muerte contra sindicalistas.

Colombie. Des syndicalistes à nouveau menacés de mort

Action complémentaire sur l'AU 325/12, AMR 23/043/2012 – Colombie 12 novembre 2012 12 novembre 2012

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES SYNDICALISTES À NOUVEAU MENACÉS DE MORT

Le 7 novembre dernier, des paramilitaires ont adressé une nouvelle menace de mort à plusieurs membres de divers syndicats dans le département du Valle del Cauca, dans le sud de la Colombie.

Le 7 novembre 2012, un prospectus a été déposé chez Rafael Esquivel, ancien président de la section de Bugalagrande du Syndicat national des travailleurs de l’industrie agroalimentaire (SINALTRAINAL) et ancien employé de Nestlé. L’en-tête indiquait « AUC, Milices d’autodéfense unies de Colombie, Aigles noirs, Bacrim ». En dessous, les paramilitaires dénonçaient « les actes terroristes commis dans le Valle del Cauca, les manifestations et défilés contre notre gouvernement démocratique et les transnationales [...] organisés par les groupes de guérilla tels que les FARC, l’EP et l’ELN, [qui] prouvent que le Colombie ne connaît pas et ne connaîtra jamais la paix ».

On pouvait également lire : « Il faudra vous exterminer, vous avez jusqu’au 1er décembre pour disparaître du Valle. Sinon, vous verrez du sang couler le 2 décembre, un décembre noir pour la CUT-SINALTRAINAL. » Sur la liste des « cibles à éliminer » figuraient les syndicalistes William Escobar, Álvaro Vega, Wilson Sáenz, Javier Correa, Julio López, Onofre Esquivel, Alvaro Varela, Fabio Olaya, Mauricio Gomez et Jairo Crespo, membres du SINALTRAINAL, de la Centrale unitaire des travailleurs (CUT) et du Syndicat des travailleurs municipaux (SINTRAMUNICIPIO).

Ce message a été envoyé quelques jours après que Julio Lopéz et quatre autres membres du SINALTRAINAL ont été menacés.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, en espagnol ou dans votre propre langue :

appelez les autorités à diligenter une enquête minutieuse et impartiale sur les menaces de mort adressées aux syndicalistes cités dans le message (les nommer), ainsi qu’aux syndicalistes en danger dans le Valle del Cauca, à rendre les conclusions publiques et à traduire les responsables présumés en justice ;

demandez-leur instamment de fournir une protection aux personnes menacées, dans le respect de leurs souhaits ;

exhortez-les à prendre sans délai des mesures visant à démanteler les groupes paramilitaires, conformément aux engagements pris par le gouvernement et aux recommandations des Nations unies et d’autres organisations intergouvernementales.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 24 DÉCEMBRE 2012 À :

Président de la Colombie

Juan Manuel Santos

Presidente de la República, Palacio de Nariño, Carrera 8 No.7–26

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 596 0631 (merci de vous montrer persévérant-e)

Formule d’appel : Excmo. Sr. Presidente Santos, / Monsieur le Président,

Ministre du Travail

Rafael Pardo Rueda

Ministerio de Trabajo

Carrera 14, No.99–33

Bogotá, Colombie

Fax : +57 1 489 3900 extension 2320

Formule d’appel : Estimado Sr. Ministro, / Monsieur le Ministre,

Copies à :

SINALTRAINAL

Carrera 15 # 35–18

Bogotá, Colombie

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Colombie dans votre pays (adresse/s à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax, courriel, formule de politesse

Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l’AU 325/12. Pour plus d’informations : http://amnesty.org/fr/library/info/AMR23/042/2012/fr.

ACTION URGENTE

COLOMBIE. DES SYNDICALISTES À NOUVEAU MENACÉS DE MORT

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Les syndicats et les organisations de défense des droits humains et des droits sociaux sont souvent accusés de collaborer ou de sympathiser avec la guérilla par les représentants du gouvernement, ainsi que par les forces de sécurité et les paramilitaires. Il n’est pas rare que ces accusations soient suivies de menaces ou d’agressions contre des militants des droits humains. La Colombie est l’un des pays où le taux d’homicides de syndicalistes est le plus élevé. Dans ce pays, ces personnes sont fréquemment menacées de mort et tuées dans le cadre de conflits sociaux et de la lutte pour les droits socio-économiques.

Les groupes paramilitaires colombiens sont censés avoir été démobilisés dans le cadre d’un programme lancé par le gouvernement en 2003, mais les menaces proférées contre des organisations de défense des droits humains et des syndicats, dans le département du Valle del Cauca et ailleurs, montrent qu’ils sont toujours actifs. Ces dernières années, des mouvements de guérilla ont également été à l’origine de bon nombre d’homicides et de menaces dans le sud-ouest du pays.

Le SINALTRAINAL a été créé en 1982 pour défendre et promouvoir les droits des travailleurs de l’agroalimentaire. Depuis, au moins 22 de ses membres ont été victimes d’homicides ou de disparitions forcées, et des dizaines ont subi des agressions ou ont reçu des menaces de mort.

Ces dernières années, le SINALTRAINAL a été impliqué dans plusieurs conflits sociaux qui l’ont souvent opposé à de grandes multinationales. Dans le cadre de ces conflits, il arrive souvent que des membres du syndicat signalent avoir été menacés ou agressés, généralement par des agents des forces de sécurité ou des groupes paramilitaires.

Luciano Enrique Romero Molina, un des dirigeants de la branche de César du SINALTRAINAL, a été tué en septembre 2005. Son corps présentait les marques de plus de 40 coups de couteau. Cet homme travaillait pour Nestlé-CICOLAC à Valledupar, dans le département de César.

Noms : Rafael Esquivel (h), William Escobar (h), Álvaro Vega (h), Wilson Sáenz (h), Javier Correa (h), Julio López (h), Onofre Esquivel (h), Alvaro Varela (h), Fabio Olaya (h), Mauricio Gomez (h), Jairo Crespo (h) et d’autres syndicalistes (hommes et femmes)

Action complémentaire sur l’AU 325/12, AMR 23/043/2012, 12 novembre 2012

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