Documento - Sudan: Anuncian en llamada telefónica la muerte de activista estudiantil.

Soudan. Un appel anonyme annonce la mort d'un militant étudiant

Action complémentaire sur l'AU 21/12, AFR 54/009/2012 – Soudan 22 février 2012

ACTION URGENTE

UN APPEL ANONYME ANNONCE LA MORT D'UN MILITANT ÉTUDIANT

Le 20 février, la mère de Taj Alsir Jaafar, militant étudiant détenu, a reçu un appel anonyme lui annonçant la mort de ce jeune homme. Le Service national de la sûreté et du renseignement a refusé de confirmer cette information. Taj Alsir Jaafar observe une grève de la faim depuis le 11 février et son état de santé se serait détérioré. Il est détenu sans inculpation et privé d ' avocat depuis son arrestation, en décembre 2011.

Le 20 février à 2 heures du matin, la mère de Taj Alsir Jaafar a reçu un appel téléphonique anonyme lui annonçant que ce jeune homme était décédé. Elle suppose que son interlocuteur appartenait au Service national de la sûreté et du renseignement car des agents de ce service l'avaient déjà appelée depuis un numéro inconnu. Une heure après l'appel, elle s'est rendue au siège du Service national de la sûreté et du renseignement, à Khartoum, mais les agents lui ont dit qu'ils ne pouvaient ni confirmer ni infirmer la rumeur. Lorsqu'elle a demandé à voir son fils, les agents ont refusé sous prétexte que les visites n'étaient autorisées que tous les 15 jours et ont menacé de l'inculper de harcèlement. Le 21 février, un journal soudanais a publié en une : « Le Service national de la sûreté et du renseignement nie les allégations concernant la mort de Taj Alsir et autorise sa famille à lui rendre visite. » Cependant, lorsque la mère de ce militant a tenté une nouvelle fois de le voir ce jour-là en se munissant de l'article, le Service national de la sûreté et du renseignement l'en a empêchée.

Auparavant, elle avait été menacée verbalement au moins deux fois par des individus en civil, qu'on pense être liés aux forces de sécurité, et s'est entendu dire de ne pas poser de questions au sujet de son fils. Sa recherche d'informations pourrait la mettre en danger.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :

priez instamment les autorités de veiller à ce que Taj Alsir Jaafar puisse immédiatement entrer en contact avec sa famille, consulter un avocat et bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin, et d'informer sans délai ses proches en cas de maladie grave ou de décès, comme l'exigent les normes internationales ;

appelez les autorités à libérer Taj Alsir Jaafar immédiatement et sans condition s'il s'avère qu'il est détenu uniquement pour avoir participé à des manifestations pacifiques ;

si cet homme risque d'être inculpé pour d'autres infractions reconnues par la loi et sans rapport avec les manifestations pacifiques, demandez qu'il soit jugé rapidement au cours d'un procès respectant les normes internationales d'équité en la matière ;

exhortez les autorités à prendre des mesures pour protéger la mère de Taj Alsir Jaafar, dans le respect de ses souhaits, à la suite des menaces qui lui ont été adressées.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 4 AVRIL 2012 À :

Ministre de la Justice

Mr Mohammed Bushara Dousa

Ministry of Justice,

Al Nil Avenue, PO Box 302

Khartoum, Soudan

Fax : +249 183 764 168 Salutation : Your Excellency,  / Monsieur le Ministre,

Ministre de l'Intérieur

Mr Ibrahim Mohamed Hamed

Ministry of Interior

PO Box 873

Khartoum, Soudan

Formule d ' appel : Your Excellency,  / Monsieur le Ministre,

Copies à :

Président soudanais

HE Omar Hassan Ahmad al-Bashir

Office of the President

People's Palace, PO Box 281

Khartoum, Soudan

Courriel : info@sudan.gov.sd

Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Soudan dans votre pays (adresse(s) à compléter) :

nom(s), adresse(s), n° de fax ; courriel ; formule d'appel.

Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la première mise à jour de l'AU 21/12. Pour en savoir plus : http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR54/003/2012/fr.

ACTION URGENTE

UN APPEL ANONYME ANNONCE LA MORT D'UN MILITANT ÉTUDIANT

COMPLÉMENT D ' INFORMATION

Taj Alsir Jaafar, 25 ans, a été arrêté par les forces de sécurité le 30 décembre 2011 à Khartoum, la capitale soudanaise, alors qu'il rentrait en bus de l'université. Il a d'abord été détenu au secret dans un lieu inconnu. Le 18 janvier, sa famille a été informée qu'il se trouvait aux mains du Service national de la sûreté et du renseignement. Ses proches ont été autorisés à lui rendre visite pour la première fois le 29 janvier à la prison de Kober, à Khartoum. L'entrevue n'a duré qu'un quart d'heure. Le 15 février, ils ont pu le voir une nouvelle fois pendant 15 minutes. Il leur a alors annoncé qu'il avait entamé une grève de la faim. Ils ont constaté avec inquiétude que son état de santé s'était nettement détérioré.

Taj Alsir Jaafar est coordonnateur des étudiants pour le Mouvement des nouvelles forces démocratiques (parti de l'opposition connu sous l'acronyme HAQU, qui signifie « droit » en arabe), à l'université de Khartoum. On pense que son arrestation est liée à sa participation aux mouvements de protestation étudiants, y compris un sit-in à l'université, qui ont eu lieu de mi-décembre 2011 à janvier 2012. Si cet homme est bien détenu pour cette raison, Amnesty International le considérera comme un prisonnier d'opinion. Taj Alsir Jaafar a déjà été placé deux fois en détention par le NISS, en 2009 et en janvier 2011, pour ses activités de militant étudiant ; il aurait été torturé lors de sa première incarcération.

Inspirés par les mouvements de protestation qui ont commencé début janvier 2011 en Tunisie avant de s'étendre à l'Afrique du Nord et au Moyen-Orient, des centaines de manifestants à travers le Soudan sont descendus dans la rue pour réclamer la démocratie et l'amélioration de leur situation socio-économique. La police soudanaise et le Service national de la sûreté et du renseignement ont réagi en interpellant et maltraitant fréquemment des manifestants pacifiques. Les organisations et mouvements étudiants sont régulièrement pris pour cible.

La Loi de 2010 relative à la sécurité nationale accorde au Service national de la sûreté et du renseignement le pouvoir d'effectuer des perquisitions, de saisir des biens et de maintenir des personnes en détention sans contrôle judiciaire pendant une période pouvant atteindre quatre mois et demi. Le même texte exempte les agents du NISS de poursuites pour tout acte commis dans le cadre de leurs fonctions.

Nom : Taj Alsir Jaafar

Genre : homme

Action complémentaire sur l'AU 21/12, AFR 54/009/2012, 22 février 2012

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