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26 March 2009

Indonésie. Il faut libérer les manifestants pacifiques emprisonnés parce qu’ils ont hissé un drapeau

Le gouvernement indonésien a arrêté au moins 152 personnes pour des activités centrées autour des drapeaux symbolisant l’indépendance régionale au cours des deux dernières années, dans le cadre d'une répression menée dans des zones abritant de longue date des mouvements séparatistes, a révélé Amnesty International dans un rapport publié ce jeudi 26 mars 2009.

Pas moins de 93 personnes actuellement détenues en Papouasie et sur l’archipel des Moluques sont inculpées d'activités liées au fait de hisser des drapeaux.

Dans son rapport intitulé Indonesia: Jailed for raising a flag – prisoners of conscience in Maluku, Amnesty International relate comment le gouvernement indonésien se montre incapable de faire la distinction entre les militants politiques pacifiques et les groupes armés lorsqu’il prend des dispositions face aux activités non violentes en faveur de l’indépendance. Certaines des personnes interpellées ont subi des actes de torture et d’autres mauvais traitements au cours de leur détention et de leur interrogatoire, tandis que d’autres ont été condamnées à des peines d’emprisonnement au terme de procès iniques.

« Au cours des dernières années, l’Indonésie a beaucoup progressé s’agissant du respect de la liberté d’expression. Mais ces affaires montrent que lorsque les questions sensibles de l’indépendance régionale sont en jeu, le gouvernement indonésien ne fait aucune distinction entre les groupes séparatistes armés et les militants politiques pacifiques. Le fait de brouiller ainsi les cartes lui a permis de maintenir derrière les barreaux de très nombreuses personnes, simplement parce qu’elles avaient pacifiquement hissé un drapeau, a indiqué Donna Guest, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Le gouvernement indonésien a le droit et le devoir de veiller au maintien de l'ordre public sur son territoire. Mais il ne peut incarcérer des personnes aux Moluques ou en Papouasie – parfois pendant vingt ans – pour le simple fait d’avoir brandi un drapeau ».

Dans la province des Moluques, au cours des deux dernières années, au moins 72 personnes ont été appréhendées et placées en détention pour leurs activités politiques pacifiques, notamment pour avoir déroulé le drapeau interdit Benang Raja, symbole de l’indépendance des Moluques du Sud. En Papouasie, Amnesty International a recensé en 2008 au moins 90 arrestations de personnes ayant brandi le drapeau représentant « l'Étoile du matin ».

Le 29 juin 2007, 23 personnes ont réalisé une danse traditionnelle Cakalele lors d’un événement organisé pour célébrer la Journée nationale de la famille à Amboine, capitale des Moluques. À la fin de leur spectacle, les danseurs ont déployé le drapeau Benang Raja. Après avoir arrêté 22 danseurs, les policiers les ont passés à tabac et torturés durant leur interrogatoire et leur détention.

« Le gouvernement indonésien doit enquêter de manière indépendante et impartiale sur les allégations de torture et d’autres mauvais traitements, a déclaré Donna Guest. Il importe que les responsables présumés rendent compte de leurs actes de toute urgence et que les victimes bénéficient de réparations. »

Les 22 danseurs purgent désormais des peines d’emprisonnement allant de sept à vingt ans, tandis qu’un autre attend d’être jugé. Le 10 mars 2009, 18 d’entre eux ont été transférés sur l'île de Java, à plus d’un millier de kilomètres de leurs familles.

« Ces danseurs de Cakalele sont des prisonniers d’opinion qui doivent être libérés sans délai ni condition », a conclu Donna Guest. Amnesty International a engagé le gouvernement indonésien à remettre en liberté toutes les personnes incarcérées pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression et à mettre sur pied un groupe de travail chargé de réviser ses politiques et ses pratiques – y compris au niveau de la législation – afin de veiller à ce qu’elles n’empiètent pas sur le droit de tous les Indonésiens à exprimer leurs opinions sans violence.

Pour lire le rapport intitulé Indonesia: Jailed for raising a flag – prisoners of conscience in Maluku, veuillez cliquer ici.

FIN

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