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13 March 2009

Malaisie. Il faut mettre fin aux poursuites engagées contre des blogueurs pour outrage à un sultan

Le gouvernement malaisien devrait cesser de persécuter six blogueurs inculpés de commentaires critiques à l’égard d’un sultan malaisien, a déclaré Amnesty International ce vendredi 13 mars. Un des blogueurs a déjà plaidé coupable et a été condamné à payer une amende, les cinq autres font l’objet de poursuites à Kuala-Lumpur en application de la Loi sur les communications et le multimédia (1998).

L’organisation a appelé le gouvernement malaisien à abandonner les charges retenues contre cinq des blogueurs et à revenir sur la condamnation du blogueur qui a plaidé coupable et payé 10 000 ringgits malaisiens (environ 2 100 euros) pour ne pas être incarcéré pendant cinq mois.

« Cet événement met à mal la liberté d’expression en Malaisie et crée un dangereux précédent pour toutes les personnes qui souhaitent exprimer leurs points de vue sur Internet », a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

Ces inculpations interviennent alors que la tension est vive dans l’État de Perak au sujet du rôle de la monarchie et que le gouvernement est accusé par certains de vouloir empêcher le débat à ce sujet. La Malaisie a un système de monarchie par rotation, les chefs de chacun des neuf États occupant à tour de rôle le trône pendant cinq ans.

« Alors qu’Internet a donné aux Malaisiens l’une des rares possibilités qu’ils ont eues d’exprimer relativement librement leurs opinions, le gouvernement semble vouloir étendre à la Toile les restrictions qu’il a déjà infligées à la presse libre, a ajouté Sam Zarifi. Pour un pays qui se proclame à la pointe des technologies de la communication, poursuivre en justice ces blogueurs constitue un pas en arrière très préoccupant. »

Âgé de 33 ans, Azrin Mohammed Zain, le blogueur qui a plaidé coupable, est la première personne à être reconnu coupable aux termes de la loi de 1998. C’est la première fois que cet instrument législatif est utilisé pour inculper des personnes pour des commentaires mis sur Internet.

Des audiences doivent avoir lieu en avril et mai pour examiner les éléments à charge contre les cinq blogueurs restants, qui ont été libérés sous caution. Si ces personnes sont reconnues coupables des faits qui leur sont reprochés, elles seront passibles d'une peine d'emprisonnement d'un an et d'amendes pouvant aller jusqu’à 50 000 ringgits malaisiens (environ 10 500 euros).

Amnesty International considère que le recours à la loi de 1998 pour accuser et condamner ces six blogueurs est contraire au but affiché de cet instrument législatif dont les autorités avaient affirmé qu’il ne serait pas utilisé pour censurer Internet. L’article 3(3) de la loi dispose qu’aucune de ses dispositions « ne doit être interprétée comme autorisant la censure sur Internet ».

Region Asia And The Pacific
Country Malaysia
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