Annual Report 2013
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18 February 2009

Afghanistan. Le pays compte des dizaines de milliers de personnes déplacées en raison des combats et de la famine

Des dizaines de milliers d'Afghans, déplacés à l'intérieur de leur propre pays du fait des combats et de la pénurie de vivres, ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence, a déclaré Amnesty International ce mercredi 18 février 2009.

L'organisation appelle la communauté internationale à mettre œuvre une stratégie globale d'assistance au peuple afghan. L'appel a été lancé au moment où le président américain Barack Obama annonçait le déploiement de 17 000 soldats américains supplémentaires en Afghanistan et demandait instamment à la communauté internationale d'engager des forces plus importantes.

« Les États-Unis et la communauté internationale doivent adopter une approche mettant l'accent sur les droits ainsi que sur le bien-être de la population afghane et ne pas se concentrer uniquement sur une solution militaire », a déclaré Sam Zarifi, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

On compte environ 235 000 personnes déplacées actuellement en Afghanistan, selon des estimations établies par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). La plupart d'entre elles ont été contraintes de fuir leurs maisons en raison des combats entre forces gouvernementales (et troupes alliées de l'OTAN et des États-Unis) et groupes d'opposition armés, talibans notamment, particulièrement dans les régions du sud, du sud-est et du nord-ouest de l'Afghanistan.

« Nous sommes déjà à la moitié d'un autre hiver rigoureux en Afghanistan et des dizaines de milliers d'Afghans, qui se trouvaient déjà en dessous des normes internationales minimales en matière de développement économique, ont été forcés de partir de chez eux en raison des combats et d'une pénurie alimentaire très grave », a déclaré Sam Zarifi.

Les combats entre groupes armés en Afghanistan ont aggravé les effets de la sécheresse en cours et de l'insécurité alimentaire grandissante dans le nord et l'ouest de l'Afghanistan et forcé des milliers de familles à se réfugier dans des régions relativement plus sûres et plus riches, comme Hérat et Kaboul. Des personnes déplacées en raison des combats dans le sud de l'Afghanistan sont arrivées dans des camps près de Kandahar où elles sont en situation de très grande vulnérabilité, en raison des combats en cours entre forces gouvernementales et talibans et où elles se retrouvent en grande partie coupées de toute aide internationale.

En décembre 2008, des chercheurs d'Amnesty International se sont rendus dans plusieurs camps improvisés regroupant des personnes déplacées dans les provinces d'Hérat et de Kaboul. Ils y ont trouvé plus de 700 familles installées dans l'ouest de Kaboul dans des conditions insalubres. Dans la province d'Hérat, dans l'ouest de l'Afghanistan, ils ont constaté que des centaines de familles vivaient dans les camps de Maslakh et de Shaidayee. Des milliers d'autres personnes déplacées vivent chez des proches ou dans des logements qu'elles ont loués à Kaboul et Hérat.

On estime que des dizaines de milliers de personnes vivent dans des camps improvisés et des bidonvilles à Hérat et Kaboul. Les personnes avec lesquelles Amnesty International s'est entretenue ont déclaré avoir fui les combats et l'insécurité dans leur région, particulièrement dans le sud. Les personnes rassemblées dans ces camps ont à de nombreuse reprises affirmé n'avoir reçu que peu, ou pas d'aide des agences gouvernementales ou non gouvernementales.

« Les personnes se trouvant dans les camps de Kaboul et d'Hérat vivent dans des abris de fortune tout à fait inadaptés, presque sans chauffage et sans couverture ; de jeunes enfants et des personnes âgées dorment à même le sol mouillé. La plupart des personnes se trouvant dans ces camps n'ont que peu ou pas d'accès à la nourriture, à l'eau potable, aux services de santé et à l'éducation, a déclaré Sam Zarifi. Nos chercheurs ont constaté d'innombrables cas de maladies contagieuses, comme la tuberculose. »

Une femme de trente-cinq ans, mère de huit enfants, qui se trouve aujourd'hui dans un camp de fortune, a raconté à Amnesty International :

« Cela fait à peu près un an que nous sommes partis de la province de Helmand pour venir à Kaboul à cause des combats entre le gouvernement et les insurgés talibans. Nos maisons ont été bombardées [par les forces de l'OTAN] et nous avons perdu tout ce que nous avions pendant les combats. Ici, nous n'avons rien, pas de travail et pas d'aide d'aucune agence nationale ou internationale. Il y a longtemps, un homme d'affaires afghan nous a donné du riz et du charbon ; depuis nous n'avons rien et je suis obligée de passer des jours et des nuits sans nourriture. »

Beaucoup de personnes déplacées à Hérat et Kaboul ont déclaré à Amnesty International qu'elles avaient été forcées de partir de chez elles parce que les talibans et les groupes d'opposition armés empêchaient l'aide humanitaire de parvenir à la population civile dans les régions affectées par le conflit dans le sud et l'est de l'Afghanistan.

Selon le Bureau de sécurité des ONG en Afghanistan (ANSO), organisation non gouvernementale afghane qui tient à jour un bilan complet des actions des ONG en Afghanistan, 31 membres d'organisations non gouvernementales ont été tués en 2008 en Afghanistan et 78 ont été enlevés par des groupes d'opposition armés ou des bandes criminelles.

 L'ANSO a relevé 176 attaques contre des membres et des bureaux d'organisations non gouvernementales. Jusqu'à présent en 2009, un membre d'une ONG a été tué, sept ont été enlevés et il y a eu 25 attaques de convois et de structures d'aide.

« En prenant pour cible et en tuant des travailleurs humanitaires, les groupes d'opposition armés et les bandes criminelles commettent des crimes de guerre. Ils empêchent également la fourniture d'une aide humanitaire essentielle, aggravant ainsi les conditions de vie déjà misérables auxquelles sont confrontées des dizaines de milliers de personnes, en butte à la faim et au froid, surtout les femmes et les enfants privés de soins et d'éducation », a déclaré Sam Zarifi.

En vertu du droit international humanitaire, toutes les parties au conflit, y compris les groupes d'opposition armés, ont l'obligation légale d'autoriser et de faciliter le passage d'une aide humanitaire impartiale aux civils privés de tout approvisionnement de services essentiels à leur survie.

Amnesty International appelle le gouvernement afghan, notamment le ministère des Réfugiés et du Rapatriement, ainsi que toutes les autres agences d'aide nationales et internationales à venir immédiatement en aide aux personnes déplacées en leur fournissant notamment des denrées alimentaires de première nécessité et de l'eau potable, des abris d'urgence, des vêtements adaptés et de quoi se chauffer, ainsi que des soins médicaux et des produits d'hygiène, conformément aux Principes directeurs des Nations unies relatifs au déplacement des personnes à l'intérieur de leur propre pays.

Region Asia And The Pacific
Country Afghanistan
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