Le nouveau gouvernement du Zimbabwe doit accorder la priorité aux droits humains

Le président Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai lors de la signature à Harare de l'accord de partage du pouvoir, le 15 septembre 2008.

Le président Robert Mugabe et le Premier ministre Morgan Tsvangirai lors de la signature à Harare de l'accord de partage du pouvoir, le 15 septembre 2008.

© AP Photo/Tsvangirayi Mukwazhi


10 February 2009

Le nouveau gouvernement unifié du Zimbabwe, qui prend ses fonctions cette semaine, a été exhorté à accorder la priorité aux droits humains dans son programme de travail.

Le président Robert Mugabe doit signer mercredi un amendement à la Constitution permettant au chef de l'opposition Morgan Tsvangirai de devenir Premier ministre, ce qui ouvrira la voie au partage du pouvoir entre les deux hommes.

Amnesty International a appelé le nouveau gouvernement à appliquer son programme en cinq points pour les droits humains :
  1. Libération des prisonniers d'opinion
    Le nouveau gouvernement doit libérer immédiatement et sans condition Jestina Mukoko, Broderick Takawira et Pascal Gonzo. Il doit en outre inculper promptement d'une infraction prévue par la loi et juger dans les meilleurs délais et équitablement tous les prisonniers politiques, ou bien les relâcher immédiatement.
  2. Conditions de travail pour les organisations de défense des droits humains
    Le nouveau gouvernement doit s'engager à favoriser les activités de toutes les ONG et organisations de défense des droits humains, de tous les partis politiques et de tous les médias indépendants.
  3. Atteintes aux droits humains commises par le passé
    Le nouveau gouvernement doit reconnaître publiquement toutes les violations des droits humains commises par les précédents gouvernements, s'engager à établir la vérité et prendre des mesures efficaces pour garantir la non-répétition de ces violations.
  4. Impunité et agissements des forces de l'ordre
    Le nouveau gouvernement doit immédiatement mettre fin aux opérations de maintien de l'ordre partisanes, et combattre l'impunité pour les violations des droits humains commises par les forces de sécurité.
  5. Lutte contre la pauvreté
    Le nouveau gouvernement doit accorder la priorité à la pleine réalisation des droits économiques, sociaux et culturels, notamment des droits à l'alimentation, à la santé, à l'éducation et à un logement. Lorsqu'il lui est impossible de respecter ses principales obligations il doit demander une aide internationale.

« La mise en place d'un gouvernement de coalition va permettre à la ZANU-PF et aux deux formations du MDC de montrer à la population zimbabwéenne et au reste du monde qu'ils sont déterminés à façonner un avenir où les droits humains seront réellement et pleinement respectés, protégés, promus et réalisés », a déclaré Simeon Mawanza, chercheur d'Amnesty International sur le Zimbabwe.

Les cent premiers jours du nouveau gouvernement offrent la possibilité au président Robert Mugabe et au Premier ministre désigné Morgan Tsvangirai de prendre des mesures concrètes pour faire la preuve de leur engagement en faveur des droits humains.

Zimbabwe: A five point human rights agenda for the inclusive government

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Index Number: AFR 46/009/2009
Date Published: 10 February 2009
Categories: Zimbabwe

As the political parties in Zimbabwe set up an inclusive government, Amnesty International is calling on the new government to place human rights at the top of its agenda. Amnesty International is concerned about the role played by the security forces in silencing perceived political opponents. The organization is also concerned about the deteriorating economic and social conditions in Zimbabwe. Amnesty International is therefore calling on the government to implement a clear agenda for human rights which includes the five points explained further in this document.


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