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3 February 2009

Nigeria. Le gouvernement va répondre de son bilan en matière de droits humains devant l'ONU

Alors que le gouvernement nigérian s'apprête à répondre de son bilan en matière de droits humains devant le Conseil des droits de l'homme des Nations unies à Genève, Amnesty International l'a invité à prendre au sérieux ses responsabilités dans ce domaine et à mettre en œuvre dans les plus brefs délais toutes les recommandations que formulera le Conseil.

Une délégation du gouvernement nigérian présentera son rapport à Genève le lundi 9 février 2009 à 14h30, dans le cadre d'une session de trois heures. Les représentants nigérians devront expliquer leur bilan dans des domaines tels que la torture, les exécutions illégales imputables aux membres des forces de sécurité, la peine de mort et les conditions carcérales.

Amnesty International a remis au Conseil des droits de l'homme un autre rapport dans lequel elle met en évidence les principaux problèmes constatés au Nigeria en matière de droits humains et formule des recommandations pour y faire face.

« Nous espérons que le gouvernement nigérian saisira cette occasion unique d'axer son action sur les problèmes des droits humains les plus aigus au Nigeria et de prendre au sérieux toute recommandation visant à remédier à ces déficiences », a indiqué Aster van Kregten, responsable des recherches sur le Nigeria au sein d'Amnesty International.

Dans le rapport qu'il a remis au Conseil des droits de l'homme, le gouvernement nigérian affirme que la peine de mort est rarement appliquée et que cette situation équivaut à « l'adoption d'un moratoire volontaire ». En réalité, au moins 22 exécutions ont eu lieu dans le pays au cours des dix dernières années – dont pas moins de sept en 2006. Au moins 40 mineurs délinquants se trouvent dans l'antichambre de la mort, en violation des normes internationales relatives aux droits humains.

Selon Amnesty International, nombre d'entre eux risquent fort d'être innocents, au regard des déficiences qui se traduisent par des procès iniques, des enquêtes non satisfaisantes et des « aveux » extorqués semble-t-il sous la torture. L'organisation a exhorté le gouvernement à officialiser ce moratoire sur la peine de mort en adoptant une loi qui prévoit l'arrêt immédiat de toutes les exécutions.

Par ailleurs, dans son rapport au Conseil, le gouvernement nigérian assure que la torture n'est pas généralisée dans son pays. Les informations recueillies par Amnesty International et des organisations nigérianes de défense des droits humains révèlent une toute autre réalité. Amnesty International a recensé de nombreux cas de suspects torturés par la police et de nombreuses affaires impliquant scarifications, contusions et sang séché – des éléments qui attestent de coups assez graves pour nécessiter des soins médicaux. En outre, selon des témoignages de prisonniers, des suspects sont torturés à mort ou exécutés par la police.

« Le droit international et les normes morales reconnues prohibent de manière absolue et inconditionnelle la torture et les mauvais traitements. Ils dégradent la victime et déshumanisent le tortionnaire. Il faut impérativement que le Nigeria éradique cette pratique sans plus attendre. »

Au fil des ans, le gouvernement nigérian a lui-même formulé des recommandations visant à améliorer les droits humains dans des domaines tels que la torture, l'accès à la justice et la peine capitale. Malheureusement, rares sont celles qu'il a mises en œuvre. Les projets de loi censés remédier à ces problèmes attendent depuis des années d'être adoptés par l'Assemblée nationale.

« Il est toujours positif qu'un pays s'engage auprès de mécanismes internationaux de surveillance comme le Conseil des droits de l'homme, a reconnu Aster van Kregten. Toutefois, pour que cet engagement porte réellement ses fruits, le gouvernement nigérian doit considérer les problèmes relatifs aux droits humains d'un œil critique, en vue d'apporter de réelles améliorations pour le peuple du Nigeria. »

Complément d'information
L'examen périodique universel (EPU) est le tout premier mécanisme des Nations unies chargé de passer en revue les bilans de tous les États en matière de droits humains. Au cours de la session actuelle, qui s'achèvera le 13 février 2009, le Conseil des droits de l'homme examinera le bilan en termes de droits fondamentaux des gouvernements de 16 pays. En ce mois de février, doivent notamment être examinés la Chine, Cuba, la Fédération de Russie, le Mexique et le Nigeria.

Pour consulter, en anglais, le document remis par Amnesty International au Conseil des droits de l'homme, avec les recommandations visant à améliorer la situation des droits humains, veuillez cliquer ici.

Veuillez cliquer sur les liens suivants pour consulter des documents récents et détaillés d'Amnesty International sur la justice pénale et la peine de mort au Nigeria.
Region Africa
Country Nigeria
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