Annual Report 2013
The state of the world's human rights

10 December 2008

Le Zimbabwe doit mettre un terme aux enlèvements de militants

Le Zimbabwe doit mettre un terme aux enlèvements de militants
Après l'enlèvement de cinq personnes en moins d'une semaine par des groupes que l'on soupçonne d'être liés au pouvoir, des organisations de défense des droits humains ont demandé aux autorités zimbabwéennes de cesser de persécuter les militants des droits fondamentaux.

Amnesty International, Human Rights Watch et l'Open Society Institute ont également lancé un appel à la communauté internationale et aux organisations régionales afin qu'elles agissent avec fermeté pour protéger celles et ceux qui luttent en faveur des droits humains au Zimbabwe. Les enlèvements de militants interviennent alors que le pays est plongé dans une crise humanitaire sans précédent, avec notamment une épidémie de choléra et une grave pénurie alimentaire.

« Derrière la crise politique et l'urgence humanitaire se cache une aggravation de la crise des droits humains au Zimbabwe, dont le dernier épisode en date est cette vague sans précédent d'enlèvements de défenseurs des droits humains, a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International. Ces événements montrent l'audace d'un régime prêt à tout pour rester au pouvoir, quel qu'en soit le prix. Seule une pression concertée venant de l'extérieur, en particulier des dirigeants africains, permettra de sortir de cette situation. »

Les trois organisations de défense des droits humains ont exhorté l'Union africaine, la Communauté de développement de l'Afrique australe et les Nations unies à montrer l'exemple en faisant pression sur le président Mugabe, et ont appelé les dirigeants africains à condamner publiquement et unanimement l'attitude du Zimbabwe.

« La situation au Zimbabwe est en train de devenir incontrôlable, a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. Le gouvernement a fait clairement savoir qu'il n'était pas en capacité de résoudre la crise humanitaire et qu'il n'avait pas l'intention de cesser son combat acharné contre les opposants. Les dirigeants de la région et du monde entier doivent réagir de toute urgence. »

Le harcèlement et les mauvais traitements à l'encontre des défenseurs des droits humains et de leur famille se sont intensifiés ces derniers jours. Trois militants des droits humains et un proche d'un avocat connu pour défendre les droits humains ont été enlevés ; on ignore ce qu'ils sont devenus. D'après les éléments recueillis, il semble que ces enlèvements ont été commis par des personnes agissant pour le compte des autorités zimbabwéennes ou avec leur assentiment.

« Il est plus indispensable que jamais de se battre pour le respect des droits humains au Zimbabwe, a déclaré Aryeh Neier, président de l'Open Society Institute. L'Union africaine et la Communauté de développement de l'Afrique australe, avec le soutien des Nations unies, doivent montrer l'exemple pour prouver que l'Afrique a la capacité et la volonté de résoudre cette grave crise de manière à soulager les souffrances de la population zimbabwéenne. »

Même s'il subsiste des doutes quant à l'identité des ravisseurs des quatre personnes enlevées, les autorités zimbabwéennes ont clairement la responsabilité de déterminer ce que ces personnes sont devenues et de révéler leur sort. Sans même parler de reconnaître les enlèvements, cette inaction des autorités revient à soustraire les personnes enlevées à la protection de la loi et peut constituer une disparition forcée, qui est une grave violation du droit international.

« La manière dont cette affaire est traitée montre bien l'effondrement total de l'état de droit au Zimbabwe, a déclaré Beatrice Mtetwa, une avocate zimbabwéenne récompensée pour son travail en faveur des droits humains, qui s'occupe de ces affaires d'enlèvements. Les citoyens ne peuvent plus compter sur la protection des tribunaux. »
  • Le 3 décembre 2008, Jestina Mukoko, directrice d'une organisation nationale de défense des droits humains, le Projet de paix pour le Zimbabwe (ZPP), a été emmenée de force par une quinzaine d'hommes en civil, dont certains portaient des armes de poing. Ces hommes, qui ont fait irruption à son domicile, à Norton (Harare), se sont présentés comme des policiers de la section de la police nationale en charge du maintien de l'ordre. Or la police zimbabwéenne a nié détenir Jestina Mukoko, dont les avocats ont introduit, le 5 décembre, une requête en habeas corpus (procédure permettant la comparution immédiate d'un détenu devant une autorité judiciaire, afin de contester la légalité de la détention, et de permettre ainsi une éventuelle remise en liberté) devant la Haute Cour.
  • Le 9 décembre, la juge Anne Gowora a examiné l'affaire portée devant la Haute Cour par l'organisation Avocats du Zimbabwe pour les droits humains. Elle a ordonné à la police de chercher Jestina Mukoko dans tous les lieux de détention sur lesquels elle a autorité. Elle a également enjoint à toutes les stations de radio et de télévision de la Zimbabwe Broadcasting Corporation de diffuser, aux frais des plaignants, des annonces concernant la disparition de Jestina Mukoko.
  • Le 5 décembre vers minuit, Zacharia Nkomo, frère de Harrison Nkomo – autre avocat connu pour défendre les droits humains, qui travaillait sur l'affaire Jestina Mukoko – a été enlevé chez lui à Rujeko (province de Masvingo), par quatre inconnus en civil. Ces hommes se déplaçaient dans deux pick-up identiques, des Toyota Virgo couleur vert et argent.
  • Le 8 décembre, deux employés de Projet de paix pour le Zimbabwe, Broderick Takawira, coordonnateur provincial, et Pascal Gonzo, chauffeur, ont été enlevés par cinq inconnus qui ont pénétré de force dans les locaux de l'organisation, à Mount Pleasant (Harare). Les ravisseurs – qui étaient en civil – ont fait monter de force les deux hommes dans l'une des six berlines Mazda Familia qui attendaient devant la porte.
  • Le 8 décembre également, Gandhi Mudzingwa, ancien assistant personnel de Morgan Tsvangirai, le responsable du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a été enlevé par un autre groupe d'hommes inconnus à Msasa, dans la banlieue est de Harare.

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Les autorités zimbabwéennes s'en prennent à des militants et des syndicalistes (nouvelle, 3 décembre 2008)

Issue

Activists 
Detention 
Disappearances And Abductions 
Freedom Of Expression 
Impunity 
Law Enforcement 

Country

Zimbabwe 

Region

Africa 

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