This document is not available at this time.

Conflit russo-géorgien : le coût pour la population civile

Vidéo (en anglais).

© Amnesty International

18 November 2008

La guerre qui a opposé durant cinq jours la Géorgie et la Russie a eu des conséquences graves et durables pour la population civile, prise au piège des combats

Plus de 20 000 Géorgiens ne sont toujours pas en mesure de rentrer chez eux en Ossétie du Sud en raison des pillages et des violences auxquels se livreraient des milices ossètes, indique Amnesty International dans un récent rapport intitulé Civilians in the line of fire: The Georgia-Russia conflict.

Publié cent jours après le conflit, ce document a été élaboré sur la base des résultats des missions de recherche que l'organisation a effectuées dans les principales zones de conflit dès le mois d'août et jusqu'en octobre 2008. Il montre qu'aucune des parties n'a pris les mesures nécessaires pour épargner la population civile lors des hostilités qui se sont déroulées entre le 7 et le 13 août.

Les éléments rassemblés par Amnesty International donnent également à penser que de graves violations du droit international relatif aux droits humains et du droit international humanitaire ont été commises par toutes les parties, aussi bien durant le conflit qu'après.

Des villages et des zones résidentielles ont été bombardés et pilonnés, et des civils ont indiqué qu'ils avaient essuyé des tirs de projectiles alors qu'ils fuyaient.

Au total le nombre de victimes a été plus élevé parmi les civils que parmi les combattants ; des habitations, des hôpitaux, des écoles et d'autres lieux de vie des civils ont été touchés ou détruits dans les localités situées des deux côtés de la ligne de front.

Des milices d'Ossétie du Sud se sont livrées à de nombreux pillages et incendies, ravageant plusieurs localités à majorité géorgienne situées en territoire contrôlé alors par les forces armées russes.

La Russie et la Géorgie ont largué des bombes à sous-munitions sur des zones habitées et aux alentours, faisant de nombreuses victimes civiles et laissant de grandes portions de terrain truffées d'engins non explosés, qui constituent maintenant un risque pour les civils qui retournent chez eux après le conflit.

Au plus fort des combats, on a compté près de 200 000 personnes déplacées, parmi lesquelles un certain nombre ne pourront pas rentrer chez elles avant longtemps. La situation reste très tendue le long de la frontière de facto séparant l'Ossétie du Sud du reste de la Géorgie, et des dizaines de milliers de civils n'ont pas l'espoir de regagner leur foyer dans un avenir proche.

« Il y a désormais le long de la frontière de facto entre l'Ossétie du Sud et le reste de la Géorgie une zone d'ombre où les gens errent à leurs risques et périls, a déclaré Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d'Amnesty International. Des pillages, des tirs, des explosions et des enlèvements y ont été signalés au cours des dernières semaines. »

Les Géorgiens et les Russes se sont accusés mutuellement d'avoir commis des crimes de guerre pendant le conflit. Amnesty International demande, maintenant que les combats ont cessé, que les parties enquêtent de manière complète et impartiale sur ces allégations, et que les responsables présumés soient déférés devant la justice.

Compte tenu des éléments indiquant que de graves violations du droit international ont été commises par toutes les parties, Amnesty International recommande également à celles-ci de confier la tenue d'une enquête à la Commission internationale humanitaire d'établissement des faits, et de rendre publiques les conclusions de cette instance.

« Il faut que des observateurs internationaux soient autorisés à se rendre sur place, et toutes les parties doivent intensifier leurs efforts pour que les personnes déplacées, sans exception aucune, puissent rentrer chez elles en toute sécurité, a précisé Nicola Duckworth. Il ne pourra y avoir de réconciliation ni de paix durable si la vérité n'est pas établie et si chacun n'est pas tenu de rendre compte de ses actes. »

Amnesty International demande en outre à toutes les parties de prendre les mesures nécessaires pour garantir la sécurité de toutes les personnes dans les zones touchées par le conflit et de mettre en place les conditions permettant que les personnes déplacées puissent rentrer chez elles dans la dignité et en toute sécurité.

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE