Mali - Amnesty International Rapport 2008

Human Rights in République du Mali

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Mali is now live »

Chef de l'État : Amadou Toumani Touré
Chef du gouvernement : Ousmane Issoufi Maiga, remplacé par Modibo Sidibé le 28 septembre
Peine de mort : abolie en pratique
Population : 14,3 millions
Espérance de vie : 53,1 ans
Mortalité des moins de cinq ans (m/f) : 209 / 203
Taux d'alphabétisation des adultes : 24 %

Des personnes ont été blessées, enlevées et assassinées lors de troubles survenus dans le nord du pays. Des atteintes à la liberté d'expression ont été relevées ; un enseignant et cinq journalistes ont été arrêtés.

Contexte

En avril, le président Amadou Toumani Touré a été réélu pour un second mandat de cinq années, à l'issue d'un scrutin marqué par la faiblesse du taux de participation (36,24 p. cent). En juillet, l'Alliance pour la démocratie et le progrès (ADP, coalition au pouvoir) a remporté la majorité absolue lors des élections législatives.

Conflit dans la région de Kidal

Malgré la signature à Alger, en juillet 2006, d'un accord de paix entre le gouvernement et le mouvement armé touareg Alliance démocratique pour le changement, la région de Kidal (nord du Mali) a connu de nouveaux troubles en mai. Un groupe armé dirigé par Ibrahim Ag Bahanga a mené une série d'attaques dans cette zone.

À la suite de l'une de ces opérations, lancée en mai contre un poste de sécurité de Kidal, huit rebelles et deux membres des forces armées maliennes ont été tués. En août, une cinquantaine de soldats et de civils ont été enlevés par un groupe armé également conduit par Ibrahim Ag Bahanga. Dix d'entre eux ont recouvré la liberté en septembre, à l'issue d'une opération menée par l'armée malienne. Seize autres ont été libérés en décembre grâce à la médiation des autorités algériennes.

Atteintes à la liberté d'expression

En juillet, un enseignant et cinq journalistes ont été arrêtés pour offense au chef de l'État. Ces arrestations sont intervenues après la publication d'un article faisant état d'un travail scolaire donné par l'enseignant, Bassirou Kassim Minta. Le texte incriminé évoquait la maîtresse d'un président imaginaire.

À l'issue d'un procès à huis clos, Bassirou Kassim Minta s'est vu notifier une interdiction d'enseigner et a été condamné à une amende et à une peine de deux mois d'emprisonnement. Seydina Oumar Diarra, journaliste du quotidien Info-Matin, a été condamné à une amende et à treize jours de détention. Sambi Touré, directeur de la publication d'Info-Matin, s'est vu infliger une amende et une peine de huit mois d'emprisonnement avec sursis. Les directeurs de la publication de trois autres journaux nationaux, Ibrahima Fall (Le Républicain), Alexis Kalambry (Les Échos) et Hameye Cissé (Le Scorpion, un quotidien), ont quant à eux été condamnés à une amende et à quatre mois de prison avec sursis.

Peine de mort

En septembre, le gouvernement a adopté un projet de loi en matière de terrorisme prévoyant la peine de mort pour les personnes reconnues coupables de certaines infractions dans ce domaine. En octobre, il a toutefois adopté un autre projet de loi visant à abolir la sentence capitale. Le texte n'avait pas été approuvé par le Parlement à la fin de l'année.