Émirats arabes unis - Rapport 2007 d'Amnesty International

Human Rights in Émirats arabes unis

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
UAE is now live »

Capitale : Abou Dhabi
Superficie : 83600 km²
Population : 4,7 millions
Chef de l'État : Sheikh Khalifa ben Zayed al Nahyan
Chef du gouvernement : Sheikh Maktoum ben Rashed al Maktoum, remplacé par Sheikh Mohammed ben Rashed al Maktoum le 10 février
Peine de mort : maintenue
Cour pénale internationale : Statut de Rome signé

Un ressortissant du Bangladesh a été condamné à mort par lapidation et une employée de maison s'est vu infliger une peine de flagellation. Deux défenseurs des droits humains bien connus ont été victimes d'actes de harcèlement et d'intimidation.

Contexte
Sheikh Mohammed ben Rashed al Maktoum est devenu vice-président et Premier ministre des Émirats arabes unis ainsi que gouverneur de Doubaï à la suite de la mort, en janvier, de son frère Sheikh Maktoum ben Rashed al Maktoum.
L'Association émirienne des droits humains, première organisation non gouvernementale de défense des droits humains du pays, a été fondée en février. Seuls les ressortissants des Émirats arabes unis pouvaient en être membres à part entière, mais les étrangers avaient la possibilité d'être membres associés.
En novembre, le Premier ministre a annoncé des mesures visant à réglementer le marché du travail et à améliorer la situation des travailleurs immigrés. Il s'agissait notamment de la mise en place d'un régime d'assurance-santé, de l'imposition d'horaires fixes pour les employés de maison et de la création d'un tribunal spécial chargé des conflits du travail.
Toujours en novembre, le président a promulgué une loi fédérale réprimant la traite d'êtres humains. Le texte prévoit des peines comprises entre un an d'emprisonnement et la détention à perpétuité en cas d'infraction.
Les premières élections depuis l'indépendance du pays, en 1971, se sont tenues en décembre. Désignés par les souverains des sept émirats constituant le pays, près de 6 600 citoyens ont élu 20 des 40 membres du Conseil fédéral de la nation, un organisme consultatif dépourvu de pouvoirs législatifs et dont les autres membres sont directement nommés par les dirigeants des émirats. Soixante-trois femmes ont fait acte de candidature, mais une seule a été élue.

Peine de mort et châtiments judiciaires cruels
En juin, Shahin Abdul Rahman a été condamné à mort par lapidation par un tribunal de la charia (droit musulman) de l'émirat de Fujairah. Ce Bangladais avait été déclaré coupable d'adultère avec Asma Bikham Bijan, une employée de maison étrangère qui a été condamnée pour sa part à une peine d'un an d'emprisonnement assortie de 100 coups de fouet. La sentence capitale de Shahin Abdul Rahman a été commuée dix jours plus tard, à l'issue de la procédure d'appel, en une peine d'emprisonnement suivie de l'expulsion vers son pays d'origine. La peine de flagellation prononcée contre Asma Bikham Bijan a toutefois été confirmée, mais à la fin de l'année on ignorait si elle avait été appliquée.

Craintes de renvoi forcé
Gazain Marri, un Baloutche du Pakistan, a été arrêté en mars à Doubaï et incarcéré à Abou Dhabi. À la connaissance d'Amnesty International, il n'a fait l'objet d'aucune inculpation. On craignait qu'il ne soit renvoyé contre son gré au Pakistan, où il risquait d'être victime de violations graves des droits humains, et notamment de torture. Selon certaines informations cependant, il aurait été remis en liberté à la fin du mois d'août.
Le cas de Riad Abdullah Laila, un Syrien membre des Frères musulmans qui a été interpellé à son arrivée à l'aéroport de Doubaï, apparemment à la demande des autorités syriennes, était également source de préoccupation. Cet homme, réfugié en Irak depuis 1980, aurait été remis en liberté sans inculpation en mai et autorisé à se rendre dans un pays tiers.

Défenseurs des droits humains
Deux défenseurs bien connus des droits humains qui, depuis plusieurs années, n'étaient pas autorisés à accorder des interviews aux médias du pays ni à publier des articles dans ces mêmes médias, ont été victimes de harcèlement.
 Mohamed Abdullah al Roken, avocat et ancien président de l'Association des juristes des Émirats arabes unis, a été arrêté à deux reprises, en juillet et en août, par des membres de la Sûreté de l'État. Durant ses trois jours de détention en août, les fonctionnaires qui l'interrogeaient auraient menacé de fermer son bureau et auraient mis une drogue dans sa nourriture. On l'a également empêché d'aller aux toilettes. Mohamed Abdullah al Roken a été remis en liberté sans inculpation, mais son passeport a été confisqué.
 En juin, un mandat d'arrêt a été décerné contre Mohamed al Mansoori, avocat militant en faveur des droits humains et président de l'Association des juristes, après qu'il eut été accusé d'avoir « insulté le représentant du ministère public ». Il venait de donner plusieurs interviews à la presse étrangère dans lesquelles il critiquait la situation des droits humains dans le pays. Mohamed al Mansoori, qui était alors à l'étranger, n'a pas été appréhendé.
En août, les autorités ont tenté d'engager des poursuites contre Sharla Musabih, fondatrice de la Cité de l'espoir à Doubaï. Cette femme et d'autres personnes ont affirmé que les accusations étaient motivées par des raisons politiques et avaient pour but d'obtenir la fermeture de ce centre, qui apporte de l'aide aux femmes et aux enfants victimes de violences.