Paraguay - Amnesty International Rapport 2007

Human Rights in République du Paraguay

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Paraguay is now live »

Capitale: Asunción
Superficie: 406752 km²
Population: 6,3 millions
Chef de l'État et du gouvernement: Nicanor Duarte Frutos
Peine de mort: abolie
Cour pénale internationale: Statut de Rome ratifié

Des journalistes auraient été menacés ou agressés au cours du premier semestre de l'année. Selon les informations recueillies, des patrouilles de civils armés opéraient dans le nord du pays. Un dirigeant communautaire a été tué. Les conditions de détention étaient éprouvantes.

Droits économiques, sociaux et culturels

Cette année encore, des cultivateurs ont été expulsés de leurs terres qui ont ensuite été données à des propriétaires terriens pour la monoculture du soja. Des indigènes, des femmes, des enfants et des personnes âgées souffraient de la malnutrition et de la faim ainsi que de problèmes de santé.

En août, l'ancien président Alfredo Stroessner est mort en exil au Brésil. Les demandes d'extradition le concernant ont toujours été rejetées et il n'a jamais été traduit en justice pour répondre des nombreuses violations des droits humains commises alors qu'il était au pouvoir, notamment dans le cadre de l'opération Condor. Ce plan organisé conjointement, dans les années 1970 et 1980, par les gouvernements militaires de pays du sud de l'Amérique latine visait à éliminer les opposants aux régimes en place.

Menaces et agressions contre des journalistes

Des journalistes ont fait l'objet de menaces et d'agressions en raison de leurs investigations dans le domaine politique et en matière de stupéfiants et d'environnement.

•  En février, Enrique Ramón Galeano, journaliste pour une station de radio, a été vu pour la dernière fois dans un poste de police d'Azotey, dans la ville d'Horqueta. En 2005, il avait été placé sous protection policière après avoir reçu des menaces de mort. La procureure chargée de l'enquête visant à déterminer ce qu'il est advenu de lui a exprimé des inquiétudes concernant sa propre sécurité.

Conditions carcérales

Selon les informations recueillies, les prisons étaient surpeuplées et les conditions de détention s'apparentaient parfois à une forme de traitement cruel, inhumain ou dégradant. Dans la prison de Tacumbú, à Asunción, 40 détenus souffrant de maladies mentales ne recevaient pas les médicaments et les soins dont ils avaient besoin; ils n'avaient ni matelas ni matériel de couchage et vivaient dans des conditions d'hygiène déplorables. Un procureur a déposé une requête demandant leur prise en charge médicale.

Patrouilles de civils armés

En juillet, deux dirigeants communautaires ont été agressés à San José del Norte (département de San Pedro) par des membres d'une Commission de sécurité de quartier, une des patrouilles de civils armés soutenues par le gouvernement. Luis Martínez est mort après avoir reçu plus de 30 balles, et Zacarías Vega a été blessé. Cette agression semblait liée aux activités que les deux hommes menaient en faveur des droits des paysans, contre l'emploi excessif de pesticides dans l'agriculture et contre l'usage des armes par les patrouilles de civils circulant dans la région. La famille de Luis Martínez ainsi que Daniel Romero - autre dirigeant communautaire - et des proches de ce dernier ont reçu des menaces de mort après avoir fait des démarches en vue d'obtenir l'ouverture d'une enquête. Une information judiciaire a été ouverte, mais à la connaissance d'Amnesty International aucun progrès n'avait été accompli à la fin de l'année.

Le rapporteur spécial sur la torture

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture s'est rendu au Paraguay en novembre. Il a dénoncé la forte surpopulation des prisons et le non-respect des droits fondamentaux des détenus, notamment le manque de soins médicaux, de vêtements, de nourriture et de matelas. Il a aussi indiqué que les personnes détenues dans les postes de police étaient souvent torturées pendant les premiers jours de leur incarcération. Le rapporteur a déploré que la torture ne soit pas érigée en crime dans le code pénal militaire et s'est inquiété des informations faisant état de coups et de traitements dégradants infligés à des conscrits. Il a insisté sur la nécessité d'enquêter efficacement sur toutes les allégations de torture pour traduire en justice les responsables présumés, de mettre fin à la corruption et de recourir plus largement aux mesures non privatives de liberté.

Autres documents d'Amnesty International

•   Paraguay. Craintes pour la sécurité / Menaces de mort. La famille de Luis Martínez (h), responsable communautaire tué; Zacarías Vega (h), responsable communautaire; Daniel Romero Bordón (h), responsable communautaire, et sa famille (AMR 45/001/2006).

•   Paraguay. La quête de vérité et de justice ne s'arrête pas (AMR 45/002/2006).