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Au Mexique, le système judiciaire manque à ses obligations envers les femmes

Manifestation organisée à Cuernavaca, dans l’État de Morelos, afin de réclamer justice pour les femmes victimes de violences (Mexique, novembre 2006).

Manifestation organisée à Cuernavaca, dans l’État de Morelos, afin de réclamer justice pour les femmes victimes de violences (Mexique, novembre 2006).

© Jorge Medina Palomino


1 August 2008

Au Mexique, des milliers de femmes subissent des violences au sein de leur famille mais comme le système judiciaire ne prend souvent pas leur sécurité au sérieux, elles restent exposées à d'autres violences, selon un nouveau rapport d’Amnesty International.

Ce rapport, intitulé Mexico: Women's struggle for justice and safety: Violence in the family in Mexico indique qu'au Mexique une femme sur quatre subit des violences de la part de son compagnon.

Susana, vingt-quatre ans, vit dans l’État de la Sonora et est mère de deux enfants. Elle a subi pendant dix ans des violences physiques et psychologiques. Son mari l’a séquestrée au domicile familial pendant de longues périodes, et elle a souffert de fractures de la main et du nez ainsi que d’une luxation de la clavicule.

Susana a déposé de nombreuses plaintes auprès du procureur local, mais ses services lui ont systématiquement répondu qu’il ne s’agissait pas de crimes et qu’ils ne pouvaient rien faire. Lorsque la justice s’est finalement décidée à engager des poursuites et à inculper son mari, ce dernier a été placé en détention pendant une journée puis il a été libéré sous caution. Susana a vécu cachée avec ses enfants jusqu’à ce qu’on lui attribue une place dans un centre d’accueil pour femmes.

Dénoncer les violences
Lorsqu’elles tentent de dénoncer des violences domestiques les femmes se heurtent à toute une série d’obstacles, notamment :
•    le refus d’enregistrer leur plainte ;
•    des enquêtes bâclées ;
•    une mise en œuvre insuffisante des mesures de protection.

Celles qui ont le courage d’aller porter plainte doivent souvent faire face à l’indifférence des autorités et il leur faut prouver qu'elles subissent des violences. Dans de nombreux cas, les fonctionnaires leur demandent de remettre à leur agresseur la citation à comparaître.

Une loi pour combattre la violence à l’égard des femmes
Le Mexique a adopté il y a dix-huit mois une loi pour lutter contre les violences infligées aux femmes : la Loi générale pour l’accès des femmes à une vie sans violence. Depuis, de nombreux États ont à leur tour adopté une loi similaire. Il s’agit de premières initiatives encourageantes, mais si ces lois ne sont pas correctement appliquées et si les fonds nécessaires ne sont pas alloués pour leur mise en œuvre, elles ne contribueront guère à améliorer la vie des nombreuses femmes en danger.

Amnesty International appelle les autorités fédérales du Mexique et celles des États mexicains à :
  • s’engager publiquement à appliquer les nouvelles lois garantissant le droit des femmes à la sécurité et à la justice, et à veiller à ce que des fonds suffisants soient alloués pour permettre la mise en œuvre efficace de ces lois ;
  • • veiller à ce que les femmes qui ont subi des violences au sein de leur famille aient un accès efficace à la justice et bénéficient de mesures de protection au moment où elles en ont besoin.

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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE