This document is not available at this time.

Les homicides de civils sont courants en Somalie

Des soldats des forces du gouvernement fédéral de transition à bord d’un camion à Bur Haqaba (Somalie).

Des soldats des forces du gouvernement fédéral de transition à bord d’un camion à Bur Haqaba (Somalie).

© APGraphicsBank


6 May 2008

Amnesty International vient de publier un important rapport sur la crise humanitaire et la dramatique situation des droits humains auxquelles est confrontée la population somalienne.

Ce rapport contient de très nombreux témoignages de victimes traumatisées par le conflit et dénonce les atteintes aux droits humains qui leur ont été infligées, notamment par des militaires éthiopiens et des soldats des forces du gouvernement fédéral de transition somalien, d’une part, et des membres de groupes armés, d’autre part.

« Des Somaliens sont tués, violés, torturés, a déclaré Michelle Kagari, directrice adjointe du programme Afrique d’Amnesty International. Les pillages se multiplient et des quartiers entiers sont détruits. »

Des témoins ont raconté à Amnesty International que les soldats éthiopiens avaient de plus en plus souvent recours à la méthode de l’« abattage » pour tuer des personnes : les victimes sont « tuées comme des chèvres », c’est-à-dire égorgées. Elles sont bien souvent abandonnées dans leur sang en pleine rue, jusqu'à ce que les tireurs embusqués et les autres combattants armés quittent les lieux, laissant ainsi la possibilité aux proches d’emporter les cadavres.

« Les témoignages que nous avons recueillis donnent fortement à penser que des crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, ont été et sont commis par toutes les parties au conflit en Somalie, et ce en toute impunité, a déclaré Michelle Kagari.

« La situation humanitaire et des droits humains empire de jour en jour dans le pays. Ce rapport porte la voix des citoyens ordinaires de Somalie, qui demandent à la communauté internationale de se mobiliser pour mettre un terme aux attaques dont ils sont victimes, notamment celles commises par l’armée éthiopienne et les forces du gouvernement fédéral de transition, soutenues à l'étranger. »

De nombreux quartiers de Mogadiscio sont livrés à l’insécurité et tous les habitants de la capitale sont marqués par les très graves atteintes aux droits humains et violations du droit international humanitaire qu’ils ont subies ou dont ils ont été témoins.

« Où qu’ils aillent, les civils sont en danger. Ceux qui fuient la violence à Mogadiscio sont attaqués sur les routes, ceux qui ont la chance de parvenir jusqu’à un camp ou un campement sont confrontés à d’autres violences et vivent dans des conditions épouvantables. »

C’est au gouvernement fédéral de transition (le gouvernement reconnu de la Somalie) qu’incombe en premier lieu la responsabilité de protéger les droits fondamentaux de la population. Mais l’armée éthiopienne, qui apporte un soutien important à ce gouvernement, a elle aussi des responsabilités à assumer.

« Il faut que cessent immédiatement les attaques perpétrées par toutes les parties contre les civils. La communauté internationale a par ailleurs elle aussi sa part de responsabilité, pour n'avoir pas exercé sans relâche des pressions sur le gouvernement fédéral de transition et sur le gouvernement éthiopien afin qu’ils empêchent leurs forces armées de commettre de très graves violations des droits humains. »

Amnesty International a appelé au renforcement du Bureau politique des Nations unies pour la Somalie. L’organisation a en outre demandé que la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), ainsi que toute mission de maintien de la paix des Nations unies qui pourrait lui succéder, reçoive pour mandat de protéger les civils et soit dotée d’une composante droits humains forte, qui l’habilite à enquêter sur les violations des droits humains. Amnesty International a également demandé que l’embargo sur les armes imposé par les Nations unies à la Somalie soit renforcé.

How you can help

AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE