Annual Report 2013
The state of the world's human rights

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29 October 2013

Un avocat saoudien spécialiste des droits humains condamné à une peine d'emprisonnement pour avoir demandé des réformes


La décision rendue mardi 29 octobre par un tribunal pénal de Djedda, qui a prononcé une peine d’emprisonnement à l’encontre d’un éminent avocat spécialiste des droits humains parce qu’il a signé une déclaration réformiste il y a deux ans, témoigne une nouvelle fois de la nature arbitraire de la justice saoudienne, a déclaré Amnesty International.

L’avocat Waleed Abu al Khair, spécialisé dans la défense des droits humains, a été condamné à trois mois de prison pour offense au pouvoir judiciaire saoudien. Les charges retenues contre lui découlent principalement du fait qu’il a signé en 2011 une pétition critiquant la dureté du traitement réservé par les autorités saoudiennes à 16 réformistes.

« Ce procès est un nouvel exemple montrant que les autorités utilisent abusivement la justice pour museler les opposants pacifiques en Arabie saoudite, a souligné Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

« Ce verdict et cette condamnation doivent être annulés, et les poursuites abandonnées. Amnesty International considère que toute personne emprisonnée pour le seul fait d’avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression est un prisonnier d’opinion qui doit être libéré immédiatement et sans condition. »

Waleed Abu al Khair a défendu des clients dans des affaires marquantes ayant trait aux droits humains. Parmi eux figure Raif Badawi, célèbre blogueur saoudien qui a été condamné en juillet dernier à sept ans de prison et 600 coups de fouet pour avoir, entre autres, « insulté » les autorités religieuses en créant et en administrant un site Internet.

Waleed Abu al Khair a été l’un des premiers militants jugés fin 2011 après avoir signé une déclaration appelant à des réformes en Arabie saoudite, au moment où de grandes manifestations en faveur de la réforme se déroulaient ailleurs au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Nombre d’autres signataires purgent actuellement de longues peines d’emprisonnement pour des accusations similaires. Un autre signataire détenu, Fadhel al Manasif, a également comparu mardi 29 octobre devant la justice, lors de la quatrième audience de son procès.

La déclaration de 2011 réclamait le droit de réunion pacifique, critiquait les peines de prison infligées à des réformistes et demandait que la police cesse de tirer sur des manifestants chiites dans l’est du pays.

Waleed Abu al Khair va probablement faire appel du verdict. Il devait être jugé pour une série de chefs d’accusation, mais le juge en a abandonné la plupart au motif qu’ils ne relevaient pas de la compétence de son tribunal. Il fait par ailleurs l’objet d’un autre procès en cours devant un tribunal spécial antiterroriste dans le cadre de poursuites engagées contre lui par le parquet général en septembre 2013.

« Nous assistons en ce moment à une phase critique pour les défenseurs des droits humains en Arabie saoudite. Parce que les demandes de réforme ont augmenté, une campagne intensive a été lancée pour faire taire les défenseurs des droits humains et maîtriser l’opinion publique, a indiqué Waleed Abu al Khair à Amnesty International.

« Je n’ai d’autres choix que de résister à la force de cette tempête, par respect pour tous les militants qui m’ont précédé et les principes auxquels nous croyons. Mon seul choix est de rester inébranlable et de supporter cela. »

La condamnation de Waleed Abu al Khair a lieu une semaine après qu’un certain nombre de pays ont vivement critiqué le bilan de l’Arabie saoudite en matière de droits humains aux Nations unies. Depuis, les autorités saoudiennes s’en sont prises violemment à Amnesty International et à d’autres organisations internationales de défense des droits humains, en les accusant d’être « partiales ».

AI Index: PRE01/576/2013
Region Middle East And North Africa
Country Saudi Arabia
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