Annual Report 2013
The state of the world's human rights

Press releases

20 February 2008

Serbie. Il faut que cessent les attaques contre les défenseurs des droits humains et les minorités

Amnesty International appelle les autorités serbes, et en particulier le Premier ministre Vojislav Koštunica et le président Boris Tadić, à condamner immédiatement les attaques contre les défenseurs des droits humains et les membres de minorités ethniques dans le pays.  

« L’inertie des autorités pourrait mettre en danger la vie de certaines de ces personnes alors que sont annoncées de nouvelles manifestations pour protester contre la déclaration d'indépendance du Kosovo », a prévenu Nicola Duckworth, directrice du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.   

« Les autorités serbes doivent condamner fermement tout acte malveillant contre des membres de la société serbe. Elles doivent aussi faire en sorte que toute menace contre des militants des droits humains et toute attaque contre les minorités donnent rapidement lieu à une enquête approfondie afin que les responsables soient traduits en justice. »

Au Parlement serbe, après la déclaration d’indépendance du Kosovo, un membre du Parti socialiste de Serbie (SPS), Ivica Daèic, a évoqué l'ancien président Slobodan Miloševic et s’est prononcé en faveur de l'interdiction de tous les partis politiques et organisations non gouvernementales reconnaissant l’indépendance du Kosovo. Il a visé spécifiquement Nataša Kandić, militante des droits humains et directrice du Centre de droit humanitaire de Belgrade, qui a assisté à la cérémonie de proclamation de l’indépendance à l’Assemblée parlementaire du Kosovo, le 17 février 2008.  Selon des informations diffusées par les médias, le SPS est en train d’engager des poursuites pénales contre Nataša Kandić pour incitation à compromettre l’intégrité territoriale de la Serbie.

Amnesty International est préoccupée en outre par la sécurité physique de Nataša Kandić. Interviewé par le quotidien Kurir, Borko Ilić, vice-président du Parti démocrate de Serbie (DSS) a qualifié Nataša Kandić de traîtresse. Un autre quotidien, Večernje novosti, a publié un article intitulé « Nataša Kandić, la femme qui n’existe pas » ; considérer que cette femme n’est pas une personne implique que son élimination serait sans conséquence. D’autres militants des droits humains craignent également pour leur sécurité.

Lors des manifestations du 19 février qui ont rassemblé des centaines de personnes dans toutes les grandes villes de Serbie, des manifestants auraient lancé des appels au meurtre contre les membres de la communauté albanaise. À Kragujevac, un fast-food appartenant à des membres de la minorité gorani (qui parle bosniaque et qui est originaire du Kosovo) a été vandalisé. À Bor, la vitrine d’une confiserie appartenant également à un Gorani a été brisée. Des vitres de voitures ont aussi volé en éclats.

« Il est très important que les autorités prennent des mesures, et que le public en soit informé, pour empêcher de nouvelles atteintes aux droits humains », a conclu Nicola Duckworth.

Complément d’information
Dimanche 17 février 2008, le Kosovo, province de la Serbie administrée par les Nations unies depuis 1999 aux termes de la résolution 1244 du Conseil de sécurité, a déclaré son indépendance de manière unilatérale. En octobre 2007, à l’issue d’une visite en Serbie, la représentante spéciale du secrétaire général des Nations unies sur la situation des défenseurs des droits de l’homme s’était dite particulièrement préoccupée par « l’attitude hostile contre le groupe central d’ONG des droits de l’homme et de défenseurs de renom, essentiellement des femmes, qui sont constamment attaqués, principalement dans les médias » (traduction non officielle). Elle avait ajouté que la « stigmatisation des défenseurs, décrits comme des ennemis du pays, n’[était] pas contrebalancée par des déclarations de soutien des autorités » (idem).

Nataša Kandić et le Centre de droit humanitaire de Belgrade se sont mobilisés pour lutter contre l'impunité pour les auteurs de crimes de guerre dans les Balkans et pour aider les victimes de violations des droits humains de tous les camps à obtenir justice. Pendant la guerre du Kosovo en 1999, Nataša Kandić était l’une des rares Serbes présents au Kosovo pendant le conflit à avoir réussi à attirer l’attention publique sur les violations du droit international humanitaire commises par toutes les parties au conflit.  

AI Index: PRE01/059/2008
Region Europe And Central Asia
Country Serbia
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