Annual Report 2013
The state of the world's human rights

31 July 2012

Émirats arabes unis. L'État doit cesser de réprimer la dissidence

Émirats arabes unis. L'État doit cesser de réprimer la dissidence
Mohamed al Mansoori, ancien président de l'Association des juristes des Émirats arabes unis, figure parmi les détenus.

Mohamed al Mansoori, ancien président de l'Association des juristes des Émirats arabes unis, figure parmi les détenus.

© KARIM SAHIB/AFP/Getty Images


Cette vague d'arrestations est extrêmement préoccupante et semble participer des attaques portées en ce moment contre les droits aux libertés d'expression, d'association et de réunion dans les Émirats arabes uni.
Source: 
Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International

Les autorités émiriennes doivent mettre fin à la répression de la dissidence pacifique qu'elles mènent actuellement, a déclaré Amnesty International mardi 31 juillet.

Depuis le 16 juillet, environ 35 hommes auraient été placés en détention – dont huit depuis que l'organisation a publié, lundi 30 juillet, un appel urgent concernant au moins 27 hommes.

On ignore où se trouvent ces personnes et Amnesty International estime qu'elles risquent d'être soumises à des actes de torture ou d'autres mauvais traitements, sur lesquels l'organisation a recueilli des informations dans les Émirats arabes unis.

Le 15 juillet dernier, le procureur d'Abou Dhabi a déclaré que plusieurs personnes feraient l'objet d'une enquête pour avoir prévu de « porter atteinte à la sûreté de l'État » et s'être « opposées à la Constitution et au régime des Émirats arabes unis », ainsi que pour leurs liens avec « des organisations et des programmes étrangers ». La vague d'arrestations actuelle fait suite à cette annonce.

Les récentes arrestations portent à 50 le nombre total d'hommes arrêtés depuis mars 2012.

« Cette vague d'arrestations est extrêmement préoccupante et semble participer des attaques portées en ce moment contre les droits aux libertés d'expression, d'association et de réunion dans les Émirats arabes unis, a expliqué Ann Harrison, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

« Les autorités émiriennes doivent révéler immédiatement où se trouvent ces 35 hommes et leur permettre de contacter leurs familles. La détention au secret est réputée pour faciliter la torture et les autres formes de mauvais traitements. »

Parmi les détenus figurent trois avocats : Mohamed Abdullah al Roken, avocat de la défense dans l'affaire, très médiatisée l'an dernier, de cinq militants politiques – surnommés les « Cinq des Émirats » –, Mohamed al Mansoori, défenseur des droits humains et ancien président de l'Association des juristes des Émirats arabes unis, et Salem al Shehhi. 

Amnesty International estime que ces trois hommes sont des prisonniers d'opinion détenus uniquement pour avoir exprimé, pourtant pacifiquement, leurs opinions ou en raison de leurs activités professionnelles.

« Mohamed al Roken, Mohamed al Mansoori, Salem al Shehhi et toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exprimé, pourtant pacifiquement, les convictions dictées par leur conscience ou en raison de leurs activités professionnelles doivent être libérées immédiatement et sans condition, a ajouté Ann Harrison.

« Les autres doivent être relâchées à moins qu'elles ne soient jugées rapidement pour une infraction pénale dûment reconnue par le droit international, dans le strict respect des normes internationales d'équité des procès. Les autorités doivent, au minimum, veiller à ce qu'elles soient protégées contre tout acte de torture et tout autre mauvais traitement, et puissent consulter les avocats de leur choix, contacter leurs familles et bénéficier de tous les soins médicaux nécessaires. »

Certains des 35 hommes arrêtés par des agents de la Sûreté de l'État entretiendraient des liens avec l'Association pour la réforme et l'orientation sociale. Ce groupe politique non violent, engagé depuis de nombreuses années dans des débats politiques pacifiques dans les Émirats arabes unis, prône une plus grande adhésion aux préceptes islamiques.

Les partis politiques ne sont pas officiellement autorisés dans le pays. Aucune contestation politique n'est tolérée sans réserve et les libertés d'expression et d'association sont gravement restreintes, surtout depuis ces derniers mois.

Les autorités ont fermé au moins un forum de discussion en ligne et bloqué l'accès à certains sites Internet à caractère politique.

La plupart des personnes soupçonnées d'avoir commis des infractions politiques sont interpellées par la Sûreté de l'État et détenues au secret dans des lieux inconnus, généralement pendant une semaine environ, avant d'être autorisées à appeler brièvement leurs familles. 

Amnesty International a recueilli des informations sur les cas d'au moins deux détenus qui, privés de tout contact avec l'extérieur, ont été torturés par des agents des forces de sécurité. Plusieurs anciens détenus ont déclaré avoir subi des actes de torture ou d'autres mauvais traitements.

Le 17 juillet 2012, un porte-parole du haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a exprimé ses craintes face à l'escalade de la répression visant les défenseurs des droits humains dans les Émirats arabes unis.

Issue

Activists 
Detention 
Freedom Of Expression 
Prisoners Of Conscience 
Torture And Ill-treatment 

Country

UAE 

Region

Middle East And North Africa 

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