Soudan du Sud

Human Rights in République Du Soudan Du Sud

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
South Sudan is now live »

Chef de l’État et du gouvernement
Salva Kiir Mayardit
Peine de mort
maintenue
Les données ci-dessous couvrent le Soudan et le Soudan du Sud
Population
44,6 millions
Espérance de vie
61,5 ans
Mortalité des moins de cinq ans
108,2 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
70,2 %

Contexte

L’Assemblée législative sud-soudanaise a adopté la Constitution provisoire de la République du Soudan du Sud (Constitution provisoire), qui est entrée en vigueur le 9 juillet pour une période intérimaire indéterminée. Une disposition de cette Constitution permettait l’intégration dans l’Assemblée législative sud-soudanaise des membres du Parlement soudanais originaires du sud.

Le mandat de la Mission des Nations unies en République du Soudan du Sud (MINUSS) a pris effet le 9 juillet pour une période initiale d’un an. En juillet également, le Soudan du Sud est devenu membre des Nations unies et de l’Union africaine.

Les chefs de groupes armés d’opposition ont signé des accords de cessez-le-feu avec le gouvernement ; plus de 1 500 membres de ces groupes attendaient d’être intégrés dans l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS). Gatluak Gai, chef d’un groupe armé d’opposition, a été tué le 23 juillet dans des circonstances controversées, trois jours après avoir signé un accord négocié par les autorités locales de l’État du Haut-Nil occidental/Unity. Au début du mois d’août, Peter Gadet, ancien chef du Mouvement/Armée de libération du Soudan du Sud (MLSS/ALSS), a conclu un accord avec le gouvernement ; des factions dissidentes de son groupe ont toutefois poursuivi leurs activités dans le cadre du MLSS/ALSS. Gabriel Tanginye, chef d’un groupe d’opposition armée, et ses deux adjoints ont été maintenus en résidence surveillée dans la capitale, Juba, à partir du mois d’avril à la suite d’affrontements entre leur groupe et l’APLS dans les États du Haut-Nil et de Jonglei. Ils n’avaient pas été inculpés à la fin de l’année.

  • Peter Abdul Rahaman Sule, chef du Front démocratique uni, un groupe d’opposition, a été arrêté le 4 novembre dans l’État d’Équatoria occidental pour avoir semble-t-il recruté des jeunes gens. Il était maintenu en détention à la fin de l’année sans avoir été inculpé.
  • Le 19 décembre, George Athor, dirigeant du groupe d’opposition armé Mouvement démocratique du Soudan et de sa branche militaire, l’Armée du Soudan du Sud, a été tué par l’APLS dans le comté de Morobo, au Soudan du Sud.
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Conflit armé

Les affrontements entre l’APLS et des groupes armés d’opposition ont entraîné des atteintes aux droits humains imputables à toutes les parties, y compris des homicides illégaux de civils, et ils se sont accompagnés de pillages et de destructions de biens. Des groupes armés d’opposition ont posé des mines antichars le long des routes principales, faisant des morts et des blessés parmi les civils.

  • Le 8 octobre, 18 civils, dont quatre enfants, ont trouvé la mort lorsque le passage d’un bus a fait exploser une mine antichar sur la route reliant Mayom à Mankien. Des heurts ont opposé le 29 octobre à Mayom, dans l’État du Haut-Nil occidental/Unity, la faction dissidente du MLSS/ALSS et l’APLS. Selon l’APLS, 15 civils auraient été tués et 18 autres blessés.
  • Le 16 novembre, un groupe armé d’opposition considéré comme fidèle à George Athor a attaqué trois villages dans le comté de Pigi (État de Jonglei) ; des biens ont été pillés et incendiés. Quatre civils auraient été tués et beaucoup d’autres se sont enfuis.
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Violences intercommunautaires

Une série d’attaques de représailles ont été menées entre les deux groupes ethniques Lou Nuer et Murle de Jonglei. Le 15 juin, les Lou Nuers ont attaqué les Murles dans le comté de Pibor ; plusieurs villages ont été pillés et incendiés et plus de 400 personnes tuées. Le 18 août, les Murles ont lancé une attaque contre les Lou Nuers dans le comté d’Uror ; plus de 600 personnes auraient trouvé la mort et 200 autres au moins auraient été portées disparues. Sept villages ont été détruits. Selon l’ONU, environ 26 000 personnes ont été déplacées à la suite des combats. Un employé de Médecins sans frontières (MSF) a été tué, et les locaux et la clinique de cette organisation ont été pillés et incendiés ; l’entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) a également été pillé. À partir du 31 décembre, des Lou Nuers armés ont attaqué les Murles dans la ville de Pibor, pillé la clinique de MSF et incendié des maisons de civils. L’attaque a fait des dizaines de milliers de déplacés et plusieurs centaines de morts.

Quarante-six personnes ont trouvé la mort et 5 000 autres ont été déplacées à la suite d’affrontements entre communautés le 17 septembre dans le comté de Mayiandit, dans l’État du Haut-Nil occidental/Unity, à la limite de l’État de Warrap.

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Liberté d'expression, d'association et de réunion

Les forces de sécurité ont harcelé et placé arbitrairement en détention des journalistes, des membres de groupes d’opposition et des manifestants qui avaient critiqué le gouvernement.

  • Dominic Deng Mayom Akeen, membre du Parlement, a été arrêté le 23 août à Kuacjok, dans l’État de Warrap, et brutalisé par des membres des forces de sécurité armés. Il a été détenu pendant une journée à cause d’une déclaration qu’il avait faite aux médias à propos des pénuries de produits alimentaires.
  • Nhial Bol, rédacteur en chef du quotidien Citizen, a été arrêté le 30 septembre et détenu pendant une courte période par la police à la suite de la publication d’un article accusant de corruption un ministre de l’État de Warrap, après la fermeture des bureaux d’une compagnie pétrolière chinoise et l’arrestation de son directeur général.
  • Des élèves d’une école secondaire de Wau, dans l’État du Bahr el Ghazal occidental, ont manifesté pacifiquement le 4 octobre pour protester contre la hausse du prix des denrées alimentaires et le bas niveau des salaires des enseignants. Les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène et tiré à balles réelles. Sept personnes au moins, dont des élèves, ont été arrêtées et étaient maintenues en détention dans la prison de Wau à la fin de l’année ; deux personnes ont succombé à des blessures par balle infligées par les forces de sécurité.
  • Ngor Garang et Dengdit Ayok, respectivement rédacteur en chef et journaliste au quotidien The Destiny, ont été arrêtés séparément au début de novembre par des membres du Service national de la sûreté et du renseignement (NISS). Selon certaines sources, Ngor Garang a été battu en détention. Les deux hommes ont été libérés le 18 novembre. Il semble que leur arrestation ait été liée à un article critiquant le président du Soudan du Sud.
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Torture et autres mauvais traitements, disparitions forcées

Les forces de sécurité, y compris le Service de police du Soudan du Sud, ont harcelé, arrêté, torturé ou maltraité des personnes, dont des employés de l’ONU et d’ONG. Un certain nombre de personnes ont été victimes de disparition forcée. Le 26 juillet, le président a ordonné la dissolution de deux organes : la branche spéciale du Sud-Soudan de la sûreté nationale et du renseignement et sa branche de la sécurité publique. Le général Marial Nour Jok, ancien directeur de la sécurité publique et des enquêtes criminelles, a été interpellé et placé en détention le 30 juillet à la suite d’allégations faisant état de son implication dans la création de centres de détention illégaux ainsi que dans des actes de torture ; il était également accusé de corruption.

  • On restait sans nouvelles à la fin de l’année de John Louis Silvino, un architecte qui travaillait pour le ministère du Logement, disparu le 25 mars.
  • À la suite d’allégations au sujet d’un vol commis le 13 juin, Jackline Wani, 17 ans, a été torturée par des policiers du Département des enquêtes criminelles. Quatre policiers ont été arrêtés en octobre et traduits en justice dans cette affaire.
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Réfugiés et personnes déplacées

Des Sud-Soudanais qui vivaient au Soudan avant l’indépendance ont continué de rentrer chez eux car ils ne pouvaient plus prétendre aux droits liés à la citoyenneté au Soudan. À la fin de l’année, plus de 10 000 personnes se trouvaient toujours dans des camps de déplacés à la station de transit de Kosti, au Soudan, et attendaient de pouvoir retourner au Soudan du Sud.

Un afflux de réfugiés en provenance du Soudan a eu lieu à partir de juin après le début des combats entre les Forces armées soudanaises et l’Armée populaire de libération du Soudan-Nord (APLS-Nord), un groupe armé d’opposition.

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Peine de mort

Au moins 150 prisonniers étaient sous le coup d’une condamnation à mort. Cinq personnes, peut-être plus, ont été exécutées : une dans la prison de Juba en août, deux le 11 novembre et deux autres le 21 novembre dans la prison de Wau.

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