29 August 2011
Mettre un terme aux disparitions forcées au Pakistan

« Mon fils est né sept mois après la disparition de mon mari, […] il n'a jamais vu son père, il ne fait que regarder des photos de lui. »
Zahida Sharif en juin 2010, tenant un portrait de son mari, le docteur Abid Sharif, 48 ans
© Amnesty International


Le 16 septembre 2005, le docteur Abid Sharif et son assistant Mansoor Mehdi se dirigeaient vers un dispensaire médical pour les démunis à Peshawar, une ville du nord du Pakistan, lorsqu'ils ont été vus pour la dernière fois. Les proches attribuent aux services de renseignement pakistanais la disparition des deux hommes, car Abid Sharif critiquait avec véhémence le chef de l'État de l'époque, le général Pervez Musharraf. Abid Sharif et Mansoor Mehdi figurent parmi les milliers de personnes victimes de disparition forcée au Pakistan.

La pratique des disparitions forcées s'est répandue de façon spectaculaire depuis que le Pakistan s'est engagé, en 2001, dans la « guerre contre le terrorisme » conduite par les États-Unis. Des disparitions ont lieu dans tout le pays, mais surtout dans la province du Baloutchistan, dans le sud-ouest, où des violences sont le fait de groupes armés ethniques et religieux et des forces de sécurité de l'État. Des militants, des journalistes et des étudiants ont été particulièrement visés, et ils sont de plus en plus nombreux à avoir été retrouvés morts, leur corps présentant des traces de torture.

Au Baloutchistan, rien que pour la période d'octobre 2010 à mai 2011, Amnesty International a enregistré 93 cas de personnes qui ont été tuées après avoir été portées disparues. Les familles des victimes sont nombreuses à attribuer la responsabilité de ces meurtres aux forces de sécurité, et en particulier à la force paramilitaire du Frontier Corps (Corps de frontière).

Une commission judiciaire mise en place pour enquêter sur les disparitions forcées n'est pas parvenue à résoudre la crise ni à obtenir que les forces de sécurité et les services de renseignement rendent compte des actes dans lesquels ils sont impliqués. Il incombe au Premier ministre du Pakistan, qui contrôle les services de sécurité, d'intervenir d'urgence pour faire face à la situation, qui concerne les droits humains. Signez cette pétition pour inviter le Premier ministre à intervenir.

Nous lui ferons parvenir vos signatures.

AGISSEZ !

Je demande au Premier ministre du Pakistan de faire cesser la pratique des disparitions forcées et de faire en sorte que les responsables soient tenus de répondre de leurs actes. Plus particulièrement, je l'exhorte à :

- veiller à ce que la Commission d'enquête sur les disparitions forcées dispose du pouvoir et des moyens nécessaires pour enquêter sur les affaires présumées de disparition forcée ;

- faire en sorte que toutes les personnes victimes de disparition forcée soient remises en liberté, ou présentées sans délai devant un tribunal civil ordinaire et inculpées d'une infraction prévue par la loi ;

- veiller à ce que ceux qui ont donné l'ordre de procéder aux disparitions forcées, ou qui les ont mises à exécution, soient traduits en justice.

3383
Actions taken

Take Action

Campaign has expiredCette action est fermée. Merci pour votre soutien
663,215
Total Actions taken
by people like you