04 August 2011
Inde : les droits humains d'une communauté indigène sont une nouvelle fois menacés par une bataille juridique

Tapis roulant inachevé destiné à transporter la bauxite des collines de Niyamgiri jusqu'à la raffinerie de Vedanta Alumina, à Lanjigarh, dans l'État d'Orissa (juin 2008) © Sanjit Das.


Les Dongrias Kondhs sont une communauté d'adivasis (aborigènes) qui vivent dans les collines de Niyamgiri, dans l'État de l'Orissa (dans l'est de l'Inde). Ils considèrent ces collines comme sacrées, et leur accès à l'eau et à la nourriture, ainsi que la survie de leur culture, en dépendent totalement.
 
Depuis quelques années, les droits fondamentaux des Dongrias Kondhs sont menacés par les projets commerciaux d'exploitation d'une mine de bauxite dans ces collines, bien que la communauté n'ait pas donné son consentement préalable, libre et éclairé.

En 2009, le ministre indien de l'Environnement et des Forêts de l'époque a donné son feu vert au projet d'extraction minière de bauxite dans les collines de Niyamgiri d'une filiale commune de l'entreprise d'État Orissa Mining Corporation (OMC) et de Sterlite Industries India (Sterlite), filiale de la société Vedanta Resources dont le siège est au Royaume-Uni. Cette décision a donné lieu à des protestations parmi les Dongrias Kondhs qui redoutent que ce projet ne se traduise par des violations de leurs droits en tant que communauté indigène à l'eau, à la nourriture, à la santé, au travail et de leurs droits à la protection de leur culture et de leur identité. En outre, les autorités indiennes avaient omis de consulter la communauté afin d'obtenir son consentement et de lui fournir des informations en amont du projet. [1]

En août 2010, le ministre indien de l'Environnement et des Forêts a annulé l'autorisation forestière et suspendu l'autorisation environnementale pour le projet d'extraction de bauxite, après avoir conclu qu'il bafouait déjà largement les lois relatives à l'environnement et aux forêts, et foulerait aux pieds les droits humains des Dongrias Kondhs. [2]

Amnesty International craint que leurs droits ne soient une nouvelle fois menacés par la détermination dont fait preuve Orissa Mining Corporation, prête à tout pour obtenir les autorisations nécessaires à l'ouverture de la mine de bauxite, même si les conditions requises en termes de respect des droits humains ne sont pas remplies.

En avril 2011, Orissa Mining Corporation a formé un recours auprès de la Cour suprême indienne contestant la décision du ministère de l'Environnement et des Forêts et son refus d'accorder l'autorisation forestière pour le projet. Parallèlement, des défenseurs des droits humains de l'État d'Orissa ont introduit une requête auprès de la Cour suprême afin d'apporter leur soutien à la décision du ministère. La Cour suprême devrait se prononcer sous peu.

Le ministère de l'Environnement et des Forêts doit impérativement veiller à ce que les conditions préalables en termes de droits humains soient remplies avant d'accorder son feu vert et d'autoriser un projet d'extraction minière à voir le jour. Pour l'instant, ni Orissa Mining Corporation ni Sterlite Industries India n'ont réalisé d'études d'impact environnemental dignes de ce nom, pas plus qu'elles n'ont obtenu le consentement préalable, libre et éclairé de la communauté indigène. [3]

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[1] Ces conséquences néfastes ont été largement exposées dans le rapport d'Amnesty International intitulé Inde. Ne détruisez pas nos vies pour produire du minerai. En Inde, des vies dévastées par une mine de bauxite et une raffinerie d'alumine (rapport, 9 mai 2010).

[2] Le gouvernement indien refuse la mine de bauxite de Vedanta : une « victoire historique » pour les droits des peuples indigènes (communiqué de presse, 24 août 2010).

[3] Generalisations, Omissions, Assumptions. Amnesty International (résumé de rapport, 24 juillet 2011).

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Ce travail s'inscrit dans le cadre de la campagne mondiale d'Amnesty International Exigeons la dignité, qui vise à mettre fin aux atteintes aux droits humains qui font sombrer les gens dans la pauvreté et les y maintiennent. Cette campagne mobilise des sympathisants dans le monde entier pour demander que les gouvernements, les grandes entreprises et les autres détenteurs du pouvoir écoutent la voix de ceux qui vivent dans la pauvreté et reconnaissent leurs droits pour mieux les protéger. Pour en savoir plus, consultez le site Exigeons la dignité.

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