Annual Report 2013
The state of the world's human rights

14 July 2011

Nigeria. Les forces de sécurité doivent cesser les homicides dans le nord du pays

Nigeria. Les forces de sécurité doivent cesser les homicides dans le nord du pays

Amnesty International et plusieurs grandes organisations nigérianes de défense des droits humains ont demandé l'arrêt immédiat des homicides arbitraires et illégaux commis par les forces de sécurité nigérianes en réponse aux attentats à la bombe perpétrés par le groupe islamiste Boko Haram.

La Commission des droits humains de la section de Maiduguri du barreau du Nigeria, le Conseil d'aide juridique de l'État de Borno, des ONG nigérianes et Amnesty International ont condamné conjointement ces attentats.

« Depuis le mois de janvier, plus de 140 personnes, dont des membres de la police, ont été tuées dans les attentats à la bombe commis par Boko Haram dans le nord du pays. Ceci n'exonère toutefois pas le gouvernement nigérian de sa responsabilité de garantir la protection des droits humains lors des opérations des forces de sécurité, a déclaré Tawanda Hondora, directeur adjoint d'Amnesty International pour l'Afrique.

« Amnesty International condamne ces actes odieux, aussi bien ceux commis par les forces armées nigérianes que ceux perpétrés par Boko Haram. Il faut les faire cesser immédiatement. »

Au moins 25 personnes ont été tuées et 45 autres blessées le 9 juillet à Maiduguri dans le quartier de Kaleri Ngomari Custain, lors d'une opération de la Force d'intervention conjointe (JTF) qui, après avoir bouclé une zone dans laquelle avait eu lieu un attentat à la bombe, a fouillé systématiquement les maisons, faisant feu sur les habitants et procédant à des arrestations. Des femmes et des enfants figuraient parmi les victimes. On est sans nouvelles d'un grand nombre d'hommes et de garçons. Des personnes présentes lors des faits ont déclaré que les forces de sécurité avaient incendié plusieurs maisons, contraignant leurs occupants à chercher refuge ailleurs.

Selon certains témoignages, des membres des forces de sécurité ont menacé à plusieurs reprises de tuer tout le monde dans le quartier si personne ne les renseignait sur les projets d'attentat. Pour cette raison, des milliers d'habitants de Maiduguri ont déjà préféré quitter la ville, et nombreux sont ceux qui suivent aujourd'hui leur exemple.

Amnesty International demande au gouvernement nigérian de mener une enquête sur ces homicides et de traduire en justice tous les responsables présumés de ces crimes odieux. Les informations selon lesquelles des femmes auraient été violées par des membres de la Force d'intervention conjointe doivent elles aussi faire l'objet d'investigations.

« Le Nigeria ne doit pas sacrifier les droits humains sur l'autel de la sécurité, a souligné Tawanda Hondora. Les homicides et les arrestations illégales ne font que nourrir le ressentiment vis-à-vis des forces de sécurité et saper la confiance dans la justice pénale et les autorités », a-t-il ajouté.

Amnesty International et les ONG nigérianes demandent au président Goodluck Jonathan de déclarer publiquement que tous les responsables présumés d'homicides commis lors des opérations de sécurité menées dans le nord du Nigeria seront traduits en justice. Le président doit en outre rendre public le rapport de la commission d'enquête sur les événements de 2009.

En juillet de cette année-là, plus de 800 personnes, dont 24 policiers, avaient trouvé la mort au cours d'affrontements qui avaient opposé durant une semaine des membres de Boko Haram aux forces de sécurité dans les États de Borno, Kano, Katsina et Yobe.

Une commission a été créée en août 2009 afin d'« enquêter sur les circonstances ayant mené à la crise, notamment le meurtre présumé du dirigeant de Boko Haram et le massacre ou homicide de plus de 17 policiers ». Ni les conclusions ni les recommandations de cette commission n'ont jamais été rendues publiques.

Le 13 juillet 2011, six policiers soupçonnés de l'exécution extrajudiciaire de Muhammad Yusuf ont comparu devant un tribunal. Ils devraient être inculpés le 19 juillet.

Les attaques de Boko Haram contre les policiers et les fonctionnaires du gouvernement se sont accrues depuis juillet 2010, faisant plus de 250 morts.

Depuis le mois de juin 2011, le groupe a également perpétré des attentats contre des bars. Des dizaines d'habitants ont été tués.

Il n'est pas nouveau que les forces de sécurité nigérianes procèdent à des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et d'autres mauvais traitements. Des informations font régulièrement état d'exécutions sommaires par la police de personnes en garde à vue, d'auteurs présumés de vol à main armée au moment de leur arrestation, de personnes qui refusent de verser un pot-de-vin ou sont contrôlées à un barrage routier. Les militaires sont eux aussi souvent mis en cause dans des cas d'exécution extrajudiciaire.

Issue

Armed Groups 
Extrajudicial Executions And Other Unlawful Killings 

Country

Nigeria 

Region

Africa 

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