13 June 2011
Il faut libérer le journaliste marocain Rachid Nini

Mise à jour urgente : Amnesty International a appris que Rachid Nini a débuté une grève de la faim le 13 juin 2011 dans le but de protester contre ses conditions de détention. Il demande à pouvoir se rendre à la mosquée pour prier, à être autorisé à avoir du papier et des stylos et à pouvoir téléphoner à sa famille. Il s'est également plaint des fouilles fréquemment menées par les autorités carcérales dans ses affaires personnelles.

Journaliste et rédacteur en chef du quotidien el Massaa, Rachid Nini a été condamné le 9 juin 2011 à un an de prison par le tribunal de première instance d'Aïn Sebaâ, à Casablanca, pour avoir « remis en cause une décision judiciaire », « tenté d'influencer la justice » et « dénoncé de fausses infractions pénales ».

Amnesty International pense que cet homme est pris pour cible pour avoir critiqué de manière pacifique les autorités marocaines et l'organisation le considère comme un prisonnier d'opinion.

« Mon père est mort, notre famille est composée de sept frères et sœurs et de ma mère. Depuis la mort de mon père, c'est Rachid qui le remplaçait ; il s'occupait de nous et il subvenait à nos besoins. Nous espérons que vos messages nous aideront à ramener notre frère à la maison », a déclaré Noura, l'une des sœurs de Rachid Nini, à Amnesty International.

Le journaliste Rachid Nini, 40 ans, est le père d'une fillette de 11 ans. Il a été arrêté le 28 avril après avoir publié plusieurs articles qui dénonçaient les atteintes commises par les services de sécurité marocains dans le contexte de la lutte contre le terrorisme, notamment les peines de prison prononcées à l'issue de procès iniques contre des islamistes.

Les avocats de Rachid Nini ont protesté contre le fait que cet homme était poursuivi pour ses écrits aux termes du Code pénal, et non du Code de la presse, et ils ont réclamé sa libération sous caution. Le tribunal a rejeté leurs arguments et ils ont cessé d'assister aux audiences le 17 mai. Le journaliste est actuellement détenu à la prison d'Okasha, à Casablanca.

À plusieurs reprises, Rachid Nini a réclamé plus de liberté politique et a dénoncé la corruption qui règne parmi les responsables du gouvernement. Il a également dénoncé le centre de détention clandestin de Témara. Les autorités marocaines tolèrent mal les appels réclamant la fermeture de ce centre et nient systématiquement que des atteintes aux droits humains y sont commises.

Les autorités marocaines subissent de fortes pressions en faveur de réformes, sur le plan politique et des droits humains, depuis que des manifestations ont éclaté le 20 février inspirées par les événements en Tunisie, en Égypte et en Libye.

En mars, diverses réformes ont été annoncées, dont la création d'un Conseil national des droits de l'homme. Le roi Mohammed VI a également promis un plan de réforme constitutionnelle, tout en abandonnant certains de ses pouvoirs politiques.

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