Laos

Human Rights in République démocratique populaire laotienne

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Laos is now live »

Chef de l’État
Choummaly Sayasone
Chef du gouvernement
Bouasone Bouphavanh, remplacé par Thongsing Thammavong le 23 décembre
Peine de mort
abolie en pratique
Population
6,4 millions
Espérance de vie
65,9 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F)
68 / 61 ‰
Taux d’alphabétisation des adultes
72,7 %

Contexte

Le Laos a rejeté les recommandations d’abolition de la peine de mort faites en mai par le groupe de travail chargé de l’examen périodique universel au sein du Conseil des droits de l’homme [ONU]. Le pays a signé en septembre la Convention contre la torture [ONU]. La première réunion des États parties à la Convention sur les armes à sous-munitions s’est tenue en novembre à Vientiane, la capitale du pays. En décembre, le Laos s’est abstenu lors du vote d’une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies appelant à un moratoire mondial sur les exécutions.

Le Réseau des ONG internationales, qui regroupe plusieurs organisations non gouvernementales internationales, s’est dit inquiet de la rapide multiplication des grands projets d’investissement étrangers, notamment dans le domaine de l’extraction minière et de l’énergie hydraulique. Le Réseau a également souligné la nécessité d’une politique axée sur le développement social, la lutte contre les écarts de revenus et l’accès aux services de santé et d’éducation.

Les conflits liés à la terre constituaient la première cause de recours devant les tribunaux. De l’aveu même des autorités, certaines carences de la législation et de la réglementation, le manque d’objectivité de certains juges et la manière opaque dont fonctionnaient la justice et les services responsables de l’application des lois compliquaient la situation.

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Réfugiés et demandeurs d’asile

Le Laos a refusé que des observateurs indépendants se rendent librement dans les centres de réinstallation de Phonkham (province de Borikhamsay), de Phalak et de Nongsan (province de Vientiane). Cette attitude gênait sérieusement l’évaluation des conditions de vie des quelque 4 500 personnes d’ethnie hmong que la Thaïlande avait renvoyées de force au Laos en décembre 2009. Situé dans une région reculée, le centre de Phonkham accueillait environ 3 500 personnes, dont un bon millier de jeunes enfants. Jusqu’en juin il n’y avait pas d’électricité, et les services de santé et d’enseignement n’étaient pas suffisants. Contrairement à ce qu’avaient promis les pouvoirs publics, les résidents n’ont reçu ni documents d’identité ni documents de voyage.

Les autorités considéraient toutes les personnes renvoyées par la Thaïlande comme des « migrants clandestins ».

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Prisonniers d’opinion et prisonniers politiques

Un total manque de transparence régnait toujours sur le sort des prisonniers d’opinion et des prisonniers politiques.

  • Les autorités ont rejeté la recommandation du groupe de travail chargé de l’examen périodique universel au sein du Conseil des droits de l’homme [ONU], qui leur demandait de libérer les prisonniers d’opinion Bouavanh Chanhmanivong, Seng-Aloun Phengphanh et Thongpaseuth Keuakoun, arrêtés en octobre 1999 alors qu’ils tentaient d’organiser une manifestation pacifique. Ces trois hommes étaient toujours en prison, bien qu’ils aient purgé la peine de 10 années d’emprisonnement à laquelle ils avaient été condamnés.
  • On était toujours sans nouvelles de neuf personnes qui avaient été arrêtées en novembre 2009 pour avoir projeté de saisir les autorités au sujet de terres qui leur avaient été retirées et du manque d’aide sociale et économique.
  • On ignorait tout du sort de Thao Moua et de Pa Fue Khang, deux hommes d’ethnie hmong arrêtés en 2003 et condamnés, respectivement, à 12 et 15 ans de réclusion à l’issue d’un procès non équitable, motivé par des considérations politiques. Selon les dernières informations disponibles, ces deux hommes étaient détenus à la prison de Samkhe, à Vientiane.
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Liberté de religion

Dans les différentes provinces, un nombre restreint de chrétiens ont été victimes de harcèlement de la part des autorités, qui cherchaient à leur faire abjurer leur foi.

  • Au mois de janvier, à Katin, un village de la province de Saravan, des policiers et des représentants des pouvoirs publics locaux ont contraint, sous la menace de leurs armes, plusieurs dizaines de chrétiens à quitter les lieux où se déroulait un service religieux. Comme elles refusaient d’abjurer, ces personnes ont été emmenées de force, à pied, à plusieurs kilomètres de leur village, avant d’être abandonnées sur le bord de la route, sans aucun bagage.
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