L'obligation de rendre des comptes en Europe

L'Europe vue de l'espace avec l'ombre d'un avion surimposée.

L'Europe vue de l'espace avec l'ombre d'un avion surimposée.

© Amnesty International


L'implication des gouvernements européens dans les violations des droits humains commises au cours de la « guerre contre le terrorisme » est désormais connue de tous. La complicité dans les programmes de restitution et de détention secrète organisés par la CIA a été dévoilée, de même que des allégations de torture, de disparition forcée et d'autres mauvais traitements.

Malgré les preuves, l'obligation de rendre des comptes n'a pas été respectée. Aucun État ou presque n'a eu à rendre des comptes, les responsables n'ont pratiquement pas été traduits en justice, et les victimes, pour la plupart, n'ont pas obtenu réparation pour leurs souffrances.

Secrets d'État et garanties insuffisantes contre la torture et l'absence de recours


On sait que des avions ont atterri en Pologne dans le cadre des programmes de restitution et de détention secrète des États-Unis. Parfois, des destinations factices ont été enregistrées pour dissimuler le véritable lieu de destination. Une enquête a été menée sur les agissements de la Pologne, concernant deux victimes présumées de détention secrète. Toutefois, l'enquête a été conduite sans grande transparence et sans permettre une pleine participation des victimes.

Les autorités de Lituanie ont reconnu que le pays avait hébergé deux prisons secrètes administrées par la CIA. Une information judiciaire menée sur ces prisons a été close prématurément en janvier 2011. Amnesty International travaille à la réouverture de cette enquête afin de veiller à ce que les responsables présumés de toute violation des droits humains ayant pu y être commise soient tenus de rendre compte de leurs actes.

« Le moment est venu de briser la conspiration du silence qui entoure la complicité des gouvernements européens avec ceux qui ont porté atteinte aux droits de l’homme dans le cadre de la lutte antiterroriste depuis septembre 2001. »

Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe, 9 juin 2010


Nos objectifs (dans le cadre de la campagne Pas de sécurité sans droits humains) sont les suivants :

  • poursuivre le travail de pression sur les pays présumés complices des programmes de restitution et de détention secrète de la CIA afin qu'ils mènent des enquêtes indépendantes sur leur implication dans les violations des droits humains commises dans ce contexte ;
  • faire en sorte que tous les responsables de l'implication des pays européens dans les programmes de restitution et de détention secrète de la CIA soient amenés à rendre des comptes ;
  • faire campagne pour que les victimes et leurs familles obtiennent pleinement compensation.

 

Pour en savoir plus :


Europe: Open secret: Mounting evidence of Europe's complicity in rendition and secret detention (novembre 2010)

Agissez pour appeler les autorités lituaniennes à « déverrouiller la vérité » et à rouvrir les enquêtes concernant le rôle de la Lituanie dans les tortures et les détentions secrètes.


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AMNESTY INTERNATIONAL WORLDWIDE