Annual Report 2013
The state of the world's human rights

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17 February 2011

Bahreïn. Le bilan des victimes s’alourdit lors de l’évacuation du campement des manifestants

Amnesty International condamne l’évacuation violente menée par les autorités de Bahreïn contre le campement de manifestants pacifiques installés dans le centre de la capitale Manama, au cours de laquelle pas moins de trois personnes auraient trouvé la mort.

Plusieurs personnes ont été tuées par les forces de sécurité qui ont utilisé des fusils, des balles en caoutchouc, des matraques et des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants hostiles au gouvernement qui avaient décidé de passer la nuit sur le rond-point de la Perle, à Manama.

« Les autorités de Bahreïn ont une nouvelle fois répondu aux manifestations légitimes en recourant à la force meurtrière et sans sommation. Elles doivent mettre fin à la répression qui se poursuit contre les militants réclamant des réformes, a indiqué Malcolm Smart, directeur du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient d’Amnesty International.

« Il est par ailleurs urgent de diligenter une enquête approfondie et impartiale sur la force utilisée le 17 février au matin contre les manifestants pacifiques, dont des familles avec enfants, et établir si le recours à la force meurtrière a pu être justifié.

« Si la réponse est non, ceux qui ont ordonné l'usage d'une force excessive et ceux qui l'ont appliquée doivent être traduits en justice. »

Amnesty International a reçu des informations non confirmées selon lesquelles les forces de sécurité bloquaient le passage des ambulances qui se rendaient au rond-point de la Perle pour soigner et transporter les blessés.

Des secouristes de l’hôpital d’al Salmaniya, tout proche, auraient également été frappés par des policiers.

On craint que de nombreux militants n’aient été interpellés, leurs familles ayant fait savoir qu’elles les avaient cherchés en vain dans les hôpitaux.

Selon des témoins, les forces de sécurité ont attaqué les manifestants sans discrimination, alors que les affrontements se sont poursuivis toute la nuit.

« Les policiers antiémeutes attaquent encore tout le monde. Nous avons peur qu’ils ne nous tombent dessus à tout moment. Le bilan confirmé se monte à six victimes, tuées par la police antiémeutes. Beaucoup sont encore blessés. Beaucoup se trouvent encore là-bas et ils ont désespérément besoin d’aide », a assuré à Amnesty International un défenseur bahreïnite des droits humains.

Deux personnes ont été tuées à Bahreïn en début de semaine à la suite des manifestations organisées sur Facebook et Twitter dans le cadre de la  « Journée de la colère », inspirée semble-t-il des troubles qui ont ébranlé l’Égypte et la Tunisie.

« Les autorités de Bahreïn réagissent avec violence aux appels pacifiques en faveur d’une réforme politique, inspirés par des mouvements analogues dans d’autres pays de la région, a poursuivi Malcolm Smart.

« Elles doivent maîtriser leurs forces de sécurité et les amener à rendre compte de leurs actes conformément à la loi.

« Les citoyens doivent pouvoir organiser librement des manifestations pacifiques et toute personne arrêtée pour avoir pris part à ces rassemblements doit être remise en liberté. »

Le 11 février, Amnesty International a mis en relief la détérioration de la situation des droits humains dans le pays, dans son rapport intitulé Crackdown in Bahrain: human rights at the crossroads.

L’organisation a appelé le gouvernement à veiller à ce que des enquêtes dignes de ce nom soient ouvertes sur les allégations de torture et d’autres graves atteintes aux droits humains imputables aux forces de sécurité.

AI Index: PRE01/068/2011
Region Middle East And North Africa
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