«Nous ne demandons que ce qui nous appartient»

Les communautés yakye axa et sawhoyamaxa vivent près d'une autoroute dans des conditions misérables car leurs terres traditionnelles sont aux mains de propriétaires privés.

Privées de leurs terres, ces communautés ne sont pas capables de poursuivre des activités traditionnelles pourtant essentielles à leur mode de vie, notamment, la pêche, la chasse et la récolte du miel. Leur survie est menacée.



En 2005 et 2006, à l'occasion de deux décisions différentes, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a ordonné au Paraguay de rendre les terres traditionnelles réclamées par les communautés indigènes yakye axa et sawhoyamaxa.

« La relation étroite des peuples indigènes avec leurs terres doit être reconnue et comprise comme la base fondamentale de leur culture, de leur vie spirituelle, de leur intégrité, de leur survie économique et de la préservation et de la transmission de ces composantes aux générations futures. »
Arrêt de la Cour interaméricaine des droits de l'homme sur les Yakyes Axas, juin 2005.

Toutefois, les échéances imposées par la Cour ont été dépassées depuis longtemps, et les terres n'ont toujours pas été restituées.

« La loi nous donne raison, mais elle n'est pas appliquée [...] Nos droits ne sont reconnus que sur le papier. »
José González, membre de la communauté sawhoyamaxa, novembre 2008.

La Cour a également ordonné des mesures temporaires pour assurer la survie de la communauté (fourniture de nourriture, d'eau potable, de soins de santé adéquats) n'ont pas été mises en place de façon exhaustive, quand elles ont été mises en place. Les conditions de vie dans les campements, près de l'autoroute, provoquent des maladies chez les résidents. Ni les Yakyes Axas, ni les Sawhoyamaxas n'ont accès à un établissement de santé ou à un transport susceptible d'emmener les malades aux centres médicaux les plus proches, à Concepción.

« Cela nous fait beaucoup de mal. Les conditions de vie près de la route sont très dures.
José González, membre de la communauté sawhoyamaxa, novembre 2008.

Certains membres du gouvernement se sont engagés à résoudre ces deux affaires. Toutefois, les efforts accomplis jusqu'à présent ont été insuffisants, tardifs ou inefficaces.

Les autorités persistent à ignorer les droits fonciers des peuples indigènes, ce qui traduit une forme de mépris non seulement pour les droits de ces deux communautés, mais aussi pour ceux de tous les peuples indigènes du Paraguay.


« Je lis ce qu'on m'a donné et je me demande pourquoi le gouvernement ne fait pas ce que d'autres pays lui ont demandé de faire.
Innocencia Gómez, militante pour le droit à la santé, membre de la communauté yakye axa, novembre 2008.

Récemment, les Yakye Axas avaient commencé à étudier une offre du gouvernement, qui leur proposait d'autres terres. Mais même cette offre, bien inférieure à ce que la Cour avait demandé et ce à quoi les Yakye Axas ont droit, a été retirée. Les terres proposées ont été vendues à d'autres.

Les Yakye Axas et Sawhoyamaxas continuent de faire pression sur les autorités du Paraguay afin qu'elles appliquent les décisions de la Cour interaméricaine. Ils ont demandé votre soutien.