Annual Report 2013
The state of the world's human rights

3 November 2010

Inquiétude croissante en Iran pour l'avocat et le fils d'une femme risquant la lapidation

Inquiétude croissante en Iran pour l'avocat et le fils d'une femme risquant la lapidation

Amnesty International a demandé mercredi 3 novembre aux autorités iraniennes de relâcher immédiatement l'avocat et le fils de Sakineh Mohammadi Ashtiani, une Iranienne risquant d'être exécutée par lapidation, s'il s'avère qu'ils sont détenus uniquement pour avoir essayé de diffuser des informations concernant son cas.

Cet appel survient alors que la communauté internationale est de plus en plus préoccupée par la situation de Sakineh Mohammadi Ashtiani, une mère de deux enfants âgée de 43 ans, détenue dans le quartier des condamnés à mort depuis qu'elle a été déclarée coupable, en 2006, d'« adultère en étant mariée ».

Le procureur, en sa qualité de porte-parole du pouvoir judiciaire, a confirmé lundi 1er novembre que Javid Houtan Kiyan, l'avocat de Sakineh Ashtiani, avait été arrêté le 10 octobre et qu'il faisait toujours l'objet d'une enquête en raison de liens présumés avec des « groupes antirévolutionnaires à l'étranger ». Il a également déclaré que Javid Houtan Kiyan avait été trouvé en possession de trois fausses cartes d'identité ou de copies.

Certaines informations relayées par les médias indiquent que Javid Houtan Kiyan a été arrêté en même temps que Sajjad Ghaderzadeh, fils de Sakineh Mohammadi Ashtiani, et deux ressortissants allemands.

« Nous craignons que Javid Houtan Kiya ait ni plus ni moins été arrêté pour s'être acquitté de ses responsabilités en tant qu'avocat de Sakineh Mohammadi Ashtiani, et pour avoir parlé à des ressortissants étrangers », a déclaré Hassiba Hadj Sahraoui, directrice adjointe du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d'Amnesty International.

« Son incarcération – qui s'inscrit dans la politique des autorités iraniennes consistant à s'en prendre continuellement aux avocats de la défense – compromet encore un peu plus un système de justice déjà fort imparfait, qui manque depuis le début à ses obligations envers Sakineh Mohammadi Ashtiani. Elle est privée d'assistance juridique depuis des semaines et ne peut recevoir aucune visite de la part de sa famille, ce qui rend sa situation d'autant plus précaire. »

Les autorités iraniennes portent régulièrement contre des avocats de la défense des accusations forgées de toutes pièces et motivées par des considérations politiques.

Les autorités iraniennes n'ont pas confirmé l'arrestation de Sajjad Ghaderzadeh, le fils de Sakineh Ashtiani, ni précisé le lieu où il se trouve. Amnesty International n'arrive plus à le contacter depuis lors et pense qu'il a bien été appréhendé lui aussi.

Selon les informations reçues par Amnesty International, il semble que les deux ressortissants allemands interviewaient Sajjad Ghaderzadeh et Javid Houtan Kiyan dans le bureau de ce dernier lorsqu'ils ont tous quatre été arrêtés.

Le procureur Gholam-Hossein Mohseni-Ejei a confirmé le 11 octobre que deux ressortissants étrangers avaient été appréhendés. Le 1er novembre, il a indiqué que les deux Allemands avaient été autorisés à contacter leur consulat.

« On a du mal à croire que Javid Houtan Kiyan et Sajjad Qaderzadeh aient été arrêtés pour une raison autre que l'action qu'ils mènent afin d'attirer l'attention du public sur la situation désespérée de Sakineh Mohammadi Ashtiani et afin de lui sauver la vie. Si tel est le cas, ils sont alors des prisonniers d'opinion et doivent être libérés immédiatement et sans condition, de même que toutes les autres personnes détenues pour des raisons similaires », a poursuivi Hassiba Hadj Sahraoui.

Le 12 octobre, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Ramin Mehmanparast, a affirmé que les deux ressortissants allemands étaient entrés sur le territoire iranien avec des visas de tourisme et qu'aucune accréditation de presse ne leur avait été accordée, ajoutant qu'ils avaient été arrêtés parce qu'ils entretenaient des liens avec un « réseau antirévolutionnaire étranger ».

« Toutes les personnes arrêtées doivent être protégées contre la torture et les autres types de mauvais traitements, et doivent être immédiatement autorisées à recevoir la visite de leur famille et à s'entretenir avec des avocats de leur choix », a conclu Hassiba Hadj Sahraoui.

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Iran. Sakineh Mohammadi Ashtiani. Une vie en jeu (plaquette, 27 septembre 2010)

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