Annual Report 2013
The state of the world's human rights

25 June 2007

Sina Paymard

Sina Paymard

Juste avant son exécution en 2006, Sina Paymard a, après avoir joué de la flûte, obtenu le pardon des proches de la victime du meurtre qu’il avait commis. Il était toxicomane et âgé de seize ans au moment du crime.

En octobre 2004, il s'était rendu dans un parc de Téhéran pour acheter du cannabis. Il s'est battu avec l'homme auquel il essayait d'acheter de la drogue et il l'a poignardé avec un canif. Il affirme qu'il était sous l'influence de la drogue. La 71e chambre du tribunal de la province de Téhéran l'a condamné à une peine de qesas (rétribution) pour meurtre. La sentence a été confirmée par la 33e chambre de la Cour suprême.

Selon son avocate Nasrin Sotudeh, défenseure des droits humains, un psychiatre avait diagnostiqué chez Sina Paymard un trouble bipolaire pour lequel il avait été soigné de 2001 à 2002. Elle a affirmé que la juridiction de jugement n'avait pas suffisamment pris en compte les éléments attestant que son client souffrait de cette maladie. Elle a présenté de nouveaux éléments à la cour en novembre 2006 et sollicité un réexamen de l'affaire.

Le père de Sina Paymard a décrit dans les termes suivants la journée très éprouvante au cours de laquelle son fils aurait dû être exécuté :
«Nous […] avons demandé aux responsables de nous autoriser à revoir Sina. Personne ne nous a écoutés. Puis le gardien a dit que Sina avait demandé son instrument. Sina joue de la flûte. Je lui ai donné […] C'était la dernière volonté de Sina avant son exécution […] Il a commencé à jouer et toutes les familles se sont mises à pleurer […] L'une des femmes, qui était apparemment l'une des [représentantes de la famille de la victime] est allée voir l'autre partie et [a accepté le prix du sang]. Puis elle est allée vers les autres [membres de la famille de la victime] et ils l'ont écoutée.»

En janvier 2007, le responsable du pouvoir judiciaire a accordé un sursis en attendant l’issue des négociations entre la famille de Sina et celle de la victime à propos du diyeh (prix du sang). La famille de la victime a exigé l’équivalent de plus de 125 000 euros, une somme que les proches de Sina Paymard ont eu du mal à réunir. En avril 2007, alors que la famille avait finalement réussi à obtenir l'argent, les proches de la victime auraient refusé le paiement.

Sina Paymard est toujours détenu sous le coup d'une condamnation à mort dans la prison de Rejaai Shahr, à Karaj

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L'Iran continue de condamner à mort des mineurs délinquants

Issue

Death Penalty 

Country

Iran 

Region

Middle East And North Africa 

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