30 April 2010
Les expulsions forcées dans les bidonvilles de Nairobi doivent cesser

Les quelque deux millions de personnes installées dans les quartiers informels et les bidonvilles de Nairobi vivent dans des conditions précaires. Elles représentent la moitié de la population de la capitale kenyane. Pourtant, elles s'entassent sur seulement 5 % de la zone résidentielle et 1 % de la superficie totale de la ville.

Ces personnes n'ont pratiquement pas accès à une eau saine, des toilettes, des soins médicaux, des écoles et d'autres services publics essentiels. Par ailleurs, elles sont constamment exposées aux maladies transmises par l'eau et à la violence, et risquent en permanence d'être expulsées de force de leurs domiciles et de leurs petits commerces.

Depuis des décennies, le gouvernement kenyan ne prend pas les mesures les plus élémentaires pour respecter, protéger et concrétiser le droit à un logement convenable des populations urbaines les plus pauvres. Ainsi, il ne leur garantit pas une sécurité d'occupation minimale.

Il s'est récemment engagé à réhabiliter les bidonvilles, ce qui constitue une démarche positive mais bien timide au regard des mesures globales nécessaires pour répondre aux besoins présents et futurs des populations concernées.

L'expérience des habitants des bidonvilles de Nairobi démontre clairement que les personnes vivant dans la pauvreté doivent non seulement faire face au dénuement mais aussi au piège de la pauvreté : elles sont exclues de la société, n'ont pas voix au chapitre sur les questions qui affectent leur vie, et sont confrontées à la menace de la violence et de l'insécurité.

Wilter Nyabate est membre de Soweto Forum, une organisation qui défend les droits des habitants de Soweto East, l'une des subdivisions de Kibera, un vaste bidonville de Nairobi. Elle déclare : « Amnesty International peut soutenir notre mouvement, dont l'objectif est de faire en sorte que les habitants des bidonvilles ne soient pas ignorés ou méprisés par le gouvernement. L'organisation doit faire campagne pour que les expulsions cessent. »

Dans le message que vous enverrez au président kenyan, Mwai Kibaki :

- appelez le président à cesser de procéder à des expulsions forcées et à adopter des directives concernant les expulsions qui soient conformes au droit international relatif aux droits humains et exhortez-le, en attendant que ces mesures soient prises, à instaurer un moratoire sur les expulsions collectives ;
- appelez le gouvernement à consulter comme il se doit les populations concernées par des expulsions collectives planifiées, et à veiller à ce que toutes les personnes qui doivent malgré tout être expulsées se voient proposer une solution de relogement adaptée et abordable, ainsi qu'une indemnisation convenable.

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