Annual Report 2013
The state of the world's human rights

26 January 2010

Le nouveau président du Honduras doit ordonner l'ouverture d'une enquête sur les atteintes aux droits humains

Le nouveau président du Honduras doit ordonner l'ouverture d'une enquête sur les atteintes aux droits humains
Mardi 26 janvier 2010, Amnesty International a exhorté le nouveau président du Honduras à ordonner l'ouverture d'une enquête exhaustive sur les violations des droits humains commises par les forces de sécurité dans le sillage du coup d'État du mois de juin, à traduire les responsables présumés en justice et à accorder des réparations aux victimes.

Le président hondurien Porfirio Lobo, qui doit prendre ses fonctions le 27 janvier, a été élu en novembre 2009 en pleine tourmente politique, le président Manuel Zelaya ayant été chassé du pouvoir en juin par des politiciens de droite soutenus par l'armée.

Des centaines de personnes opposées au coup d'État ont été frappées et placées en détention par les forces de sécurité, lors de manifestations organisées au cours des mois qui ont suivi. Selon certaines informations, plus de 10 personnes ont été tuées dans le cadre de ces troubles.

« Le président Porfirio Lobo doit initier un nouveau départ au Honduras en matière de droits humains et veiller à ce que les violations de ces droits commises depuis le coup d'État ne tombent pas dans l'oubli mais soient sanctionnées », a martelé Kerrie Howard, directrice adjointe du programme Amériques d'Amnesty International.

Amnesty International a également appelé les forces de sécurité honduriennes à collaborer à toutes les enquêtes menées sur les allégations de violences.

Depuis l'élection présidentielle, le Congrès du Honduras débat de l'éventuelle adoption d'une loi d'amnistie qui réduirait ou annulerait toute peine visant les auteurs de violations des droits humains.

« Les projets de loi visant à introduire des mesures d'amnistie pour les violations des droits humains sont tout simplement inacceptables, a indiqué Kerrie Howard. Si les violations perpétrées durant le coup d'État au Honduras restent impunies, cela risque de donner le feu vert à d'autres agissements analogues. »

D'après des dizaines de témoignages recueillis par les chercheurs d'Amnesty International au Honduras, qui se sont rendus dans le pays à deux reprises, les atteintes aux droits humains se sont multipliées au lendemain du coup d'État de juin.

En effet, les personnes qui sont alors descendues dans les rues pour manifester leur opposition ont été victimes d'un usage systématique et excessif de la force, notamment d'homicides illégaux, de torture et de mauvais traitements, et de centaines d'arrestations arbitraires, imputables aux forces de sécurité. En outre, la police et l'armée ont très souvent utilisé à mauvais escient les gaz lacrymogènes et autres équipements de contrôle de foule.

Des défenseurs des droits humains, des dirigeants de l'opposition et des juges ont subi des mesures d'intimidation et des menaces, tandis que des médias étaient fermés et des journalistes censurés. Par ailleurs, des membres des forces de sécurité auraient soumis des femmes et des jeunes filles à des violences sexuelles.

Personne n'a eu à rendre des comptes pour ces atteintes aux droits humains et rares sont les enquêtes ouvertes à ce jour.

Le 27 novembre 2009, Angel Salgado, trente-deux ans, rentrait chez lui en compagnie de trois amis dans la capitale Tegucigalpa lorsque, selon des témoins oculaires, des militaires ont ouvert le feu sur son véhicule, alors qu'il dépassait un barrage non signalé.

Une balle a atteint Angel Salgado à la tête. Il a perdu le contrôle du véhicule qui a percuté un taxi et blessé plusieurs passants.

Des témoins ont indiqué que des militaires avaient commencé à nettoyer les lieux juste après l'accident. Après avoir passé cinq jours dans le coma, Angel Salgado est mort à l'hôpital le 2 décembre 2009.

Le 14 août 2009, un policier a aspergé en plein visage l'avocat Nicolás Ramiro Aguilar Fajardo avec un spray chimique inconnu qui l'a temporairement aveuglé. Nicolás s'était interposé alors que ce policier frappait un collègue.

Le président hondurien José Manuel Zelaya Rosales a été chassé du pouvoir le 28 juin 2009 et expulsé du pays par un groupe de responsables politiques de droite soutenus par l'armée et emmenés par Roberto Micheletti, alors président du Congrès national.

Un gouvernement de facto dirigé par Roberto Micheletti a gardé les rênes du pouvoir jusque fin 2009. Le président Zelaya est rentré clandestinement au Honduras et s'est installé à l'ambassade du Brésil en septembre.

Malgré l'échec des négociations politiques menées sous l'égide de l'Organisation des États américains (OEA) en vue de ramener au pouvoir le gouvernement élu, les autorités de facto ont maintenu le scrutin de novembre. Porfirio Lobo du Parti national, qui a remporté 88 % des suffrages, entre en fonction le 27 janvier 2010.

Read More

Le Honduras doit ouvrir immédiatement une enquête sur la mort d'un défenseur des droits humains (nouvelle, 15 décembre 2009)
Honduras : des militants décrivent à Amnesty International une crise des droits humains cachée (nouvelle, 4 décembre 2009)
Honduras : une enquête doit être immédiatement menée sur des tirs de l'armée, et les témoins doivent être protégés (nouvelle, 30 novembre 2009)
La présence de stocks importants de grenades lacrymogènes au Honduras avive les craintes de violations des droits humains (nouvelle, 27 novembre 2009)
La multiplication des violences au Honduras favorisée par un décret exécutif (nouvelle, 30 septembre 2009)
Les troubles que connaît le Honduras se seraient soldés par plusieurs morts (nouvelle, 25 septembre 2009)
Au Honduras, les manifestants sont roués de coups et arrêtés (nouvelle, 24 septembre 2009)
Les autorités honduriennes doivent respecter l'état de droit et les droits humains (nouvelle, 6 juillet 2009)
Honduras : les forces de sécurité doivent respecter les droits humains alors que les manifestations se poursuivent
(nouvelle, 30 juin 2009)

Country

Honduras 

Region

Americas 

@amnestyonline on twitter

News

21 August 2014

Children accused of being members of armed groups in the conflict in Mali are languishing in adult jails while human rights abuses continue.

Read more »
15 August 2014

The number of killings perpetrated by the police is on the rise again in the Dominican Republic whilst legislation intended to fix the problem stalls and stagnates in Congress... Read more »

29 August 2014

The execution of two men in Japan on Friday flies in the face of growing calls in the country to halt the use of capital punishment, said Amnesty International.

Read more »
29 August 2014

Russia’s official branding of a civil society organization as a “foreign agent”, an expression akin to “spying”, for speaking out on Ukraine is a sign of the country’s... Read more »

31 August 2014

Egypt is tightening its chokehold on civil society as the country’s independent NGOs face the risk of being shut down if they fail to comply with a compulsory requirement to... Read more »