Annual Report 2013
The state of the world's human rights

1 December 2009

Analyse : les progrès de la lutte contre le VIH/sida affaiblis par la discrimination et la violence sexuelle

Analyse : les progrès de la lutte contre le VIH/sida affaiblis par la discrimination et la violence sexuelle
La discrimination fondée sur le genre, la violence sexuelle et la pauvreté mettent à mal les progrès réalisés sur le terrain de la lutte contre le VIH/sida à l'échelle mondiale, a déclaré Amnesty International lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida.

Les femmes sont plus exposées au risque d'une infection par le VIH ; le virus a par ailleurs un impact particulièrement dévastateur sur les femmes et leur famille. Les efforts déployés dans le but de juguler la progression du VIH/sida et de faire face à ses conséquences resteront tristement insuffisants tant que les disparités se fondant sur le genre et leurs causes profondes ne seront pas éliminées.

Dans plusieurs domaines importants, le bilan de cette fin d'année 2009 est positif. Le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) indique que les nouvelles infections par le VIH ont baissé de 17 % au cours des huit dernières années. C'est l'Afrique sub-saharienne qui a fait les plus gros progrès sur le terrain de la réduction du nombre de nouvelles infections.

Les personnes bénéficiant de traitements antirétroviraux sont plus nombreuses, et le nombre de morts liées au sida a chuté de plus de 10 % au cours des cinq dernières années.

Cependant, les lois, pratiques et projets de nombreux pays amoindrissent ces évolutions positives.

Le Canada et les États-Unis ont ces dernières années poursuivi des dizaines de personnes porteuses du VIH et obtenu leur condamnation, au titre de lois érigeant en infraction la transmission du virus.

Ailleurs dans le monde, les pays adoptant ou envisageant ce type de mesures sont de plus en plus nombreux.

Human Rights Watch précise qu'en Afrique, 14 pays ont promulgué des lois érigeant la transmission du VIH en infraction. Elles sont rédigées de telle sorte qu'elles sont susceptibles de rendre illégal l'ensemble des comportements sexuels des séropositifs.

Une mesure actuellement examinée en Ouganda préconise des tests sur les femmes enceintes et leur conjoint, même sans leur consentement.

Les tests obligatoires augmentent le risque de réprobation sociale et de discrimination. En particulier, les femmes dont le test est positif sont exposées à un plus grand risque de violence aux mains de leur conjoint.

Cette mesure érigerait également en infraction la « tentative de transmission » du VIH et prévoirait d'autres sanctions pénales si une personne séropositive « [ne se conforme pas] aux instructions relatives à la prévention et aux soins », entre autres dispositions.

Les lois de ce genre sont difficiles à mettre en œuvre, inutiles et contreproductives, en particulier parce qu'elles incitent les personnes concernées à fuir les tests, à s'abstenir de demander des informations sur leur santé et à se priver de soins éventuellement requis par leur état.

Même dans les cas où ce genre de loi n'est pas en vigueur, la réprobation sociale et la discrimination sont une réalité quotidienne pour ceux qui vivent avec le VIH ou sont soupçonnés d'avoir le virus.

Il arrive que les hommes homosexuels et bisexuels, les consommateurs de drogues, les détenus et les travailleurs du sexe, entre autres, doivent surmonter d'importants obstacles afin de bénéficier de programmes de prévention contre le VIH/sida.

La transmission entre partenaires hétérosexuels constitue une proportion plus large des nouvelles transmissions du VIH dans le monde ; en Afrique subsaharienne, le rôle de la transmission hétérosexuelle est bien connu, et ce depuis longtemps.

Cependant, les connaissances accumulées dans ce domaine n'ont pas donné lieu à l'adoption de politiques solides. Peu a été fait pour lutter contre les violations des droits humains et pour s'attaquer au rôle joué par la pauvreté dans le développement de l'épidémie parmi les femmes.

Par exemple, le taux d'infection par le VIH en Afrique du Sud chez les jeunes filles âgées de quinze à dix-neuf ans est deux fois plus élevé que chez les garçons du même âge. Le taux de prévalence pour les femmes de vingt-cinq à vingt-neuf ans dépasse les 32 %.

Le niveau de violence sexuelle alarmant qui prévaut en Afrique du Sud est l'un des facteurs expliquant ces taux élevés. Selon le Conseil sud-africain de la recherche médicale, deux hommes sur cinq interrogés dans le cadre d'une étude sur la prévalence du viol s'étaient déjà montrés physiquement violents à l'égard d'une partenaire sexuelle, et un sur quatre a admis avoir commis au moins un viol.

La pauvreté est un autre facteur. Comme a pu le constater Amnesty International en 2008, l'absence de modes de transport sûrs et abordables empêche souvent les femmes vivant en milieu rural de bénéficier de l'aide des services de santé proposant toute la gamme des soins relatifs au VIH et consécutifs aux agressions sexuelles dont elles ont besoin.

Ces femmes ont également des difficultés pour s'alimenter de manière adéquate chaque jour, ce qui est pourtant essentiel pour faire face aux effets secondaires des médicaments antirétroviraux.

Mener une prévention efficace contre le VIH n'est pas aisé, en particulier quand les politiques doivent prendre en considération des facteurs complexes tels que la pauvreté et la violence sexuelle afin d'avoir un véritable impact.

La suppression des lois et des politiques discriminatoires, notamment des lois érigeant en infraction la transmission du VIH, est une mesure qui doit de toute évidence être prise par les gouvernements.

Ils doivent ensuite s'efforcer, dans les meilleurs délais, de comprendre et de corriger les raisons pour lesquelles les politiques et pratiques en cours contribuent à créer des disparités fondées sur le genre, notamment en ce qui concerne l'accès aux services de sante et le risque d'être victime de violences.

Region

Africa 
Americas 

Country

Canada 
South Africa 
Uganda 
USA 

Issue

Medical And Health 
Poverty 
Women 

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