Honduras - Rapport 2009 d'Amnesty International

Human Rights in République du Honduras

Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Honduras is now live »

Chef de l'État et du gouvernement : Manuel Zelaya Rosales
Peine de mort : abolie
Population : 7,5 millions
Espérance de vie : 69,4 ans
Mortalité des moins de cinq ans (M/F) : 46 / 36 ‰
Taux d'alphabétisation des adultes : 80 %

Des défenseurs des droits humains et des syndicalistes ont été la cible de menaces et d'agressions tout au long de l'année. Dans la plupart des cas, les auteurs de ces agissements n'ont pas eu à rendre compte de leurs actes. Au moins 27 détenus ont été tués au cours de plusieurs épisodes de violence survenus en prison.

Contexte
En avril et en mai, plusieurs personnes – dont des procureurs – ont entamé une grève de la faim pour tenter d'obtenir la démission du procureur général, qu'elles accusaient d'être corrompu et de faire entrave à la justice dans plusieurs affaires importantes de corruption. En septembre, l'un des magistrats en grève, Luis Santos, qui bénéficiait d'une protection de l'État, a été grièvement blessé par un tireur armé non identifié. Les mesures de protection ont été renforcées à la demande de la Commission interaméricaine des droits de l'homme. Quant au procureur général, il n'avait pas quitté ses fonctions à la fin de l'année.
D'après le Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida (ONUSIDA), le Honduras affichait un taux de séropositivité au VIH/sida de 0,7 %. Dans un rapport soumis en février à l'Assemblée générale des Nations unies, le gouvernement hondurien faisait état d'une baisse de la séropositivité chez les Garifunas. Malgré des éléments récents indiquant une diminution du taux de séropositivité chez les travailleuses du sexe, l'ONUSIDA relevait un taux de contamination de 10 %.
En décembre, le chef de l'État a promulgué un décret mettant en place un programme d'indemnisation pour les personnes qui avaient été victimes de violations de leurs droits fondamentaux ou de crimes contre l'humanité entre 1980 et 1993.

Défenseurs des droits humains
Au moins trois défenseurs des droits humains ont été tués ; de nombreux autres ont été agressés et menacés.
En septembre, des employés d'une université ont retenu deux policiers en civil aperçus en train de prendre des photos. Un document comportant une liste de « groupes de pression » a été découvert sur les deux agents, et sur cette liste figuraient les noms et les coordonnées de quelque 135 personnes, dont des défenseurs des droits humains, des syndicalistes, des dirigeants religieux ainsi que quelques représentants de l'État. Les deux policiers ont été arrêtés et le directeur adjoint de l'Unité d'information et d'analyse de la police a été suspendu. En octobre, les agents ont recouvré la liberté et les charges retenues contre eux ont été abandonnées. Le directeur adjoint était toujours suspendu à la fin de l'année.
En juin, Irene Ramírez, dirigeant d'une organisation de travailleurs ruraux qui avait mené des actions dans un conflit foncier, a été abattu à Trujillo, une ville du département de Colón. La veille, dans un entretien radiophonique, il avait appelé les autorités à mettre en œuvre les lois relatives à la réforme agraire qui venaient d'être adoptées. À la fin de l'année, deux hommes étaient jugés pour le meurtre d'Irene Ramirez.

Droits des travailleurs – syndicalistes
Des syndicalistes ont été victimes d'agressions et de menaces ; au moins trois d'entre eux ont été assassinés.
En avril, Altagracia Fuentes, Virginia García de Sánchez et Juan Bautista – respectivement secrétaire générale, dirigeante et chauffeur de la Confédération des travailleurs du Honduras – ont été abattus alors qu'ils se rendaient en voiture dans la ville d'El Progreso (département de Yoro). D'après des témoins, les tireurs, qui portaient des cagoules, se sont placés à la hauteur du véhicule des victimes avant de les abattre à la mitraillette. En juin, les autorités ont délivré des mandats d'arrêt contre 11 personnes, mais à la fin de l'année aucune n'avait été capturée. Selon des membres du Bureau du procureur général, le motif de ces assassinats avait été le vol ; selon d'autres personnes, les trois syndicalistes avaient été tués parce qu'ils cherchaient à constituer des syndicats dans des usines d'assemblage.
En septembre, Lorna Redell Jackson et Juana Maldonado Gutiérrez, deux dirigeantes du Syndicat des salariés de l'entreprise Alcoa Fujukura (SITRAFL), ont été blessées par balles par deux inconnus à moto dans la ville d'El Progreso (département de Yoro). En octobre, Lorna Redell Jackson a reçu des menaces de mort par téléphone. Le SITRAFL avait dénoncé des violations des droits du travail perpétrées dans le cadre d'une fermeture d'usine.

Violences contre les femmes et les jeunes filles
D'après le Bureau du procureur général, 312 femmes ont été tuées en 2008. En novembre, un certain nombre d'organisations de défense des droits des femmes ont lancé une campagne exigeant des autorités qu'elles adoptent davantage de mesures pour enrayer l'augmentation des meurtres de femmes. Elles leur demandaient d'allouer plus de moyens aux enquêtes et aux poursuites judiciaires, d'adopter certaines modifications législatives et de faire preuve d'une plus grande transparence des informations relatives aux meurtres de femmes. Ces organisations ont également demandé au gouvernement des mesures supplémentaires pour lutter contre la fréquence des violences domestiques.

Impunité
À la fin de l'année, le gouvernement n'avait toujours pas mis en œuvre la principale recommandation faite au Honduras par le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, à savoir qu'il mène une enquête exhaustive afin d'apporter la lumière sur des affaires de disparition forcée remontant aux années 1980 et 1990. En 2007, le Groupe de travail avait fait état de 125 cas de disparition forcée en attente d'être élucidés.
En juillet, quatre policiers ont été reconnus coupables du meurtre, perpétré en 2006, de Heraldo Zuñiga et de Roger Iván Cartagena, deux membres du Mouvement écologiste d'Olancho. Trois semaines après leur condamnation, deux des policiers se sont évadés, suivis d'un troisième quelques jours plus tard. À la fin de l'année, les trois agents étaient toujours en fuite.
L'enquête sur le passage à tabac et le viol de Donny Reyes, trésorier de l'association Arcoiris (Arc-en-ciel, organisation de défense des droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres) n'a pas progressé. En 2007, cet homme avait été arrêté arbitrairement par des policiers. Une fois au poste de police, un agent a dit aux autres détenus : « Regardez, je vous amène une petite princesse, vous savez quoi faire. » Les autres détenus ont frappé et violé Donny Reyes à plusieurs reprises. Une sanction d'un mois de mise à pied sans solde a été infligée à l'un des policiers.

Conditions de détention
En avril, neuf détenus ont été tués au cours d'un même épisode dans une prison de San Pedro Sula (département de Cortés). Dix-huit autres ont été tués en mai dans une prison de Tegucigalpa, (département de Francisco Morazán). Ces morts ont été imputés aux conflits entre bandes rivales.
En juin, 21 fonctionnaires de l'administration pénitentiaire de différents grades ont été reconnus coupables de la mort de 68 détenus, survenue en 2003 au cours d'un incendie dans la ferme de la prison El Porvenir, (département d'Atlántida). Ils ont été condamnés à des peines allant de trois années d'emprisonnement à la réclusion à vie.

Documents d'Amnesty International
Honduras: Open letter to the President of Honduras on the situation of human rights defenders and the recent escape of three men convicted in the case of the killing of two environmentalists (AMR 37/002/2008).

Honduras: Open letter to the President of Honduras about human rights defenders (AMR 37/004/2008).