Azerbaïdjan

Human Rights in République d’Azerbaïdjan


Amnesty International  Report 2013


The 2013 Annual Report on
Azerbaijan is now live »

Chef de l’État Ilham Aliyev

Chef du gouvernement Artur Rasizade

Peine de mort abolie
Population 8,5 millions

Espérance de vie 67,1 ans

Mortalité des moins de cinq ans (M/F) 89/81‰

Taux d’alphabétisation des adultes 98,8%


La liberté d’expression continuait de connaître de sévères restrictions. Les journalistes indépendants ou d’opposition étaient régulièrement harcelés. Certains ont été emprisonnés, après avoir été jugés pour des motifs contestés et dans des conditions non conformes aux normes internationales. Certains groupes religieux étaient toujours en butte à des actes de harcèlement. 


Liberté d’expression – journalistes


Les journalistes indépendants et d’opposition faisaient toujours l’objet d’actes de harcèlement, d’agressions ou de manœuvres d’intimidation, en raison de leurs activités professionnelles. La diffamation restait une infraction sanctionnée par le Code pénal. Plusieurs journalistes ont cependant été condamnés à des peines d’emprisonnement pour d’autres motifs, en apparence sans aucun rapport avec leur activité professionnelle (« houliganisme », « corruption active », etc.). Les procès de ces journalistes n’ont pas été conformes aux normes internationales d’équité. Dans les faits, ils ont servi à réduire au silence ceux qui, dans la presse, osaient critiquer le gouvernement. 


"Un certain nombre d’hommes auraient, cette année encore, été contraints par la police de raser leur barbe."

Les autorités n’ont signalé aucun progrès notable dans les enquêtes concernant les nombreuses affaires 
d'agressions contre des journalistes. Concernant l’assassinat du rédacteur en chef Elmar Hüseynov, abattu en 2005, les autorités ont indiqué qu’elles mettaient tout en oeuvre pour obtenir l’extradition de deux Azéris de nationalité géorgienne, soupçonnés d’être impliqués dans cette affaire. Le gouvernement géorgien aurait, semble-t-il refusé d’extrader ses deux ressortissants. 


  • Faramaz Novruzoğlu et Sardar Alibeylı, deux collaborateurs du journal Nota Bene, ont été condamnés respectivement à deux ans et dix-huit mois de
 « rééducation par le travail ». Ils avaient accusé de corruption des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur. 

  • Qenimet Zahid, rédacteur en chef du journal d’opposition Azadlıq (Liberté), a été condamné en mars à une peine de quatre ans d’emprisonnement pour « houliganisme » et coups et blessures. Selon son avocat, son procès ne se serait pas déroulé dans le respect des normes internationales d’équité. 

  • Aqil Xalil, correspondant d’Azadlıq, a quant à lui été agressé en février, apparemment par des représentants des pouvoirs publics locaux impliqués dans des activités d’exploitation forestière illégale. Le mois suivant, des inconnus l’ont poignardé. Aqil Xalil pense que cette deuxième agression est liée à son travail d’investigation sur des transactions foncières présumées illégales. Au mois d’avril, le parquet général a déclaré que l’attaque à l’arme blanche avait pour auteur un amant du journaliste, affirmation qui a été démentie par plusieurs ONG azerbaïdjanaises de défense des droits humains. 

  • Emin Hüseynov, directeur de l’Institut pour la liberté des reporters, qui défend la liberté de la presse, a été arrêté en juin par la police, qui l’aurait roué de coups. Ce militant de premier plan a été hospitalisé pour de fortes douleurs à la tête et au cou. 

  • Trois journalistes auraient été roués de coups fin août, dans la République autonome du Naxçivan, située à la limite de l’Iran et de l’Arménie et séparée du reste du territoire azéri. Des représentants des autorités municipales du village de Nehram auraient molesté deux correspondants de Radio Liberty, Malahet Nasibova et Ilgar Nasibov, et un correspondant d’IRFS, Elman Abbasov. L’incident s’est produit alors que les journalistes étaient venus couvrir un affrontement entre des habitants de Nehram et la police locale. Le matériel des trois journalistes a été confisqué et détruit. 


Liberté de religion


Les représentants des groupes religieux ou confessions qui ne faisaient pas partie de structures officiellement agréées continuaient d’être victimes de harcèlement. Au mois d’août, la mosquée Abu Bekr de Bakou a été la cible d’un attentat à la bombe, qui a fait trois morts. À la suite de cet événement, les croyants musulmans se sont vu interdire de prier en public à l’extérieur des mosquées. Un certain nombre d’hommes auraient, cette année encore, été contraints par la police de raser leur barbe. 


  • Le pasteur baptiste Zaur Balaev, qui avait été condamné au mois d’août 2007 à deux années d’emprisonnement pour rébellion lors de son arrestation et coups et blessures, a été gracié en mars et remis en liberté. Au mois de juin, un autre pasteur baptiste, Hamid Şabanov, a été arrêté à Aliabad pour détention d’arme à feu. Selon ses proches et plusieurs membres de la communauté baptiste, l’arme en question aurait été délibérément placée dans ses affaires. Son procès a débuté au mois de juillet, mais il n’était toujours pas terminé à la fin de l’année. En novembre, son emprisonnement a été transformé en résidence surveillée. 

  • Au mois d’août, une communauté protestante de Bakou a perdu son lieu de culte, qui lui a été confisqué, sans la moindre compensation, alors qu’elle en était officiellement et légalement 
propriétaire. 

  • En septembre, la Cour suprême a rejeté l’appel de Said Dadaşbeyli, condamné en décembre 2007 à quatorze ans d’emprisonnement pour des faits relevant de la législation sur le terrorisme. Avant son arrestation, Said Dadaşbeyli était à la tête de la NIMA, une organisation religieuse accusée par les autorités d’être liée aux services secrets iraniens, mais qui, selon la famille et l’avocat du condamné, s’occupait uniquement d’oeuvres de charité. 


Torture et autres mauvais traitements


La cour d’appel de Bakou a confirmé en juillet les peines d’emprisonnement auxquelles avaient été condamnés en juin 2007 Dmitri Pavlov, Maxime Guenachilkine et Rouslan Bessonov, trois jeunes gens âgés de quinze à seize ans au moment de leur arrestation, reconnus coupables en première instance du meurtre d’un autre adolescent. Les allégations des trois garçons, selon lesquelles ils seraient passés aux « aveux » sous la torture, n’ont donné lieu à aucune enquête. 


Documents d’Amnesty International


Azerbaïdjan. Cinq journalistes libérés (3 janvier 2008).

Azerbaijan: Mixed messages on freedom of expression (en anglais, 28 février 2008).

Azerbaïdjan. Poursuite sans relâche des persécutions contre un journal d’opposition (20 mars 2008).

Azerbaijan: Amnesty International condemns beating of media watchdog Emin Hüseynov (en anglais, 20 juin 2008)