Document - Worldwide Appeals February 1999


AMNESTY INTERNATIONAL ÉFAI

Index AI : NWS 22/02/99


DOCUMENT PUBLIC

Londres, janvier 1999












APPELS MONDIAUX

Février 1999




sommaire


Malaisie page 2

Prisonnier d’opinion

Guatémala page 3

Exécution extrajudiciaire

Cameroun page 4

Prisonnier d’opinion

APPELS page 5

Malaisie

Prisonnier d’opinion

Amnesty International pense que Munawar Anees a été emprisonné dans le cadre de la campagne menée par les autorités malaisiennes contre les partisans du prisonnier d’opinion Anwar Ibrahim, ancien vice-Premier ministre.

Munawar Anees, ressortissant pakistanais et ancien collaborateur de l’ex-numéro deux du régime malaisien, dont il rédigeait les discours, a été arrêté à son domicile de Kuala-Lumpur le 14 septembre 1998. Il a été conduit dans un centre de déten­tion secret, où il aurait été frappé à coups de poing, humilié, privé de sommeil et contraint d’avouer avoir eu une relation homosexuelle avec Anwar Ibrahim. Il n’a en outre reçu aucuns soins alors qu’il se plaignait de graves troubles cardiaques.

Munawar Anees a été détenu au secret en vertu des dispositions draconiennes de la Loi relative à la sécurité intérieure, qui permet d’incarcérer des individus sans inculpation ni jugement.

Le 19 septembre 1998, Munawar Anees a été condamné à une peine de six mois de réclusion sur la foi de ses aveux. Il a été représenté par un avocat nommé par la police, qui a décidé que son client plaiderait coupable. Munawar Anees a toutefois nié les faits qui lui étaient reprochés et interjeté appel de sa condamnation, en arguant du fait que la plaidoirie de son défenseur ne correspondait pas à sa volonté.

Amnesty International pense que les poursuites engagées contre Munawar Anees étaient motivées par des considérations politiques et qu’il s’agit d’un prisonnier d’opinion. Par ailleurs, quelles que soient les circonstances, l’Organisation consi­dérerait également comme un prisonnier d’opinion toute personne emprisonnée uniquement pour des relations homosexuelles entre adultes consentants ayant eu lieu dans un cadre privé.

Veuillez demander la libération immédiate et inconditionnelle de Munawar Anees, en adressant vos appels au Premier ministre malaisien :

Dato' Seri Dr Mahathir bin Mohamad

Prime Minister and Minister of Home Affairs

Jalan Dato' Onn

50502 Kuala Lumpur

Malaisie

Fax : 60 3 238 3784

Formule d'appel : Dear Prime Minister, / Monsieur le Premier ministre,

Photo : Munawar Anees

Guatémala

Exécution extrajudiciaire

Presque un an après le meurtre de Mgr Juan Gerardi Conedera, battu à mort à coups de pavé à Guatémala le 26 avril 1998, les responsables n’ont toujours pas été traduits en justice.

Coordonnateur de l’Oficina de Derechos Humanos del Arzobispado de Guatemala (ODHAG, Service des droits humains de l'archevêché du Guatémala), cet évêque de soixante-seize ans a été tué quelques jours seulement après avoir présenté le rapport du projet de « récupération de la mémoire collective » (REMHI) de l’Église catholique guatémaltèque. Consacré aux atrocités perpétrées au cours de la guerre civile qui a ravagé le pays durant trente-six ans, ce document se fonde sur plus de 55 000 témoignages faisant état d’atteintes aux droits humains, recueillis sur une période de trois ans. Dans 79 pour cent des cas, la responsabilité est attri­buée aux forces de sécurité, et Amnesty International craint par conséquent que Mgr Juan Gerardi Conedera n’ait été tué par des agents de ces mêmes forces de sécurité.

Pourtant, en dépit de tous les éléments recueillis, les autorités réfutent l’hypothèse selon laquelle cet homme a pu être éliminé pour des motifs politiques. L’enquête officielle menée sur sa mort a conclu qu’il avait été victime d’un crime ordinaire ou passionnel. Dans un rapport établi au nom de l’Église catholique guatémaltèque et rendu public en novembre 1998, Acisclo Valladares, ancien Procureur général, a conclu que le meurtre de Mgr Juan Gerardi Conedera avait toutes les apparences d’une exécution extrajudiciaire et que le prêtre arrêté dans le cadre des investiga­tions officielles avait été accusé à tort.

Demandez qu’une enquête exhaustive, indépendante et impartiale soit ouverte sur les allégations selon lesquelles des militaires ou d’anciens militaires étaient impli­qués dans le meurtre de Mgr Juan Gerardi Conedera, assassiné en avril 1998, et appelez les autorités à traduire les responsables en justice. Veuillez adresser vos appels au chef de l’État :

S.E. Álvaro Arzú Irigoyen

Presidente de la República de Guatemala

Palacio Nacional, 6a Calle y 7a Avenida, Zona 1

Ciudad de Guatemala

Guatémala

Fax : 502 221 4537

Courriers électroniques : alvaroarzu@guate.net / alvaroarzu@guateconnect.com

Formule d'appel : Excelentísimo Sr. Presidente, / Monsieur le Président de la République,

Cameroun

Prisonnier d’opinion

Nana Koulagna, ancien député camerounais, est détenu sans inculpation ni jugement dans la prison centrale de Garoua, dans le nord du pays, depuis mai 1997. Il est considéré comme un adversaire politique par le lamido (chef tradition­nel) de Rey Bouba. Avant les élections législatives de mai 1997, Nana Koulagna avait mené campagne dans le département du Mayo Rey, situé dans la province du Nord, sous les couleurs de l’Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP). Le 12 mai 1997, lui et d’autres membres de ce mouvement ont été attaqués par la milice privée du lamido de Rey Bouba. Deux adhérents de l’UNDP et trois membres de la milice seraient morts au cours de l’affrontement. Alors qu’aucun des agresseurs n’a été arrêté, Nana Koulagna et 15 autres membres et sympathisants de son parti ont été appréhendés le lendemain. Tous ont ensuite été relâchés, à l’exception de Nana Koulagna. Bien que les autorités judiciaires de Garoua aient ordonné qu’il soit libéré sans inculpation, cet homme est toujours détenu, apparemment du fait de l’influence exercée par le lamido de Rey Bouba.

Amnesty International pense que Nana Koulagna a été interpellé et incarcéré uniquement en raison de ses activités politiques légitimes et non violentes. Agissant souvent avec l’approbation tacite des autorités, les chefs traditionnels du nord du Cameroun continuent à harceler de manière systématique leurs opposants poli­tiques, qui sont victimes de manœuvres d’intimidation, de violences, d’incarcéra­tions illégales et d’actes de torture. Jusqu’à ce jour, aucune enquête officielle n’a été ouverte sur les allégations faisant état d’atteintes aux droits humains commises par les chefs traditionnels et leurs milices privées.

Demandez instamment que Nana Koulagna soit libéré immédiatement et sans condition, et appelez les autorités à ouvrir une enquête indépendante sur les alléga­tions faisant état d’atteintes aux droits humains perpétrées par les chefs traditionnels et leurs milices privées. Veuillez adresser vos appels au chef de l’État :

Président Paul Biya

Président de la République

Palais de l'Unité

1000 Yaoundé

Cameroun

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,


APPELS

Un appel de votre part aux autorités peut aider les victimes des violations des droits humains dont les cas sont décrits ici. Grâce à vous, un prisonnier d’opinion ou une personne « disparue » peuvent retrouver la liberté, la torture peut cesser, une exécution peut être évitée. Nombreuses sont les victimes et diverses les violations. Chaque appel compte.

Rappel : les membres d’Amnesty International ne sont pas censés prendre en charge des cas concernant leur propre pays.















La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 8DJ, Royaume-Uni, sous le titre Worldwide Appeals: February 1999. Seule la version anglaise fait foi.

La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL - ÉFAI - janvier 1999.

Vous pouvez également consulter le site ÉFAI sur internet : http://efai.i-france.com

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