Document - Llamada internacional (extracto de The Wire) Febrero de 2007



LE FIL D'AI


Février 2007



Amnesty International

Document public

NWS 21/001/2007

ÉFAI


Londres, février 2007


SOMMAIRE

AI est témoin du chaos et du désespoir au Proche-Orient

L'injection létale est inhumaine selon des tribunaux américains

Appels mondiaux

République du Congo. Détention sans jugement

Bangladesh. La liberté de la presse en péril

Salvador. Un défenseur des droits humains menacé de mort

Syrie. Un journaliste privé de liberté d'expression

Mise à jour

Militants et victimes : vers une entraide plus efficace

Un appel courageux à des réformes aux Maldives

Érythrée

Arabie saoudite

Tunisie

Cuba

Chine

États-Unis

Contrôlez les armes. Vers un traité sur le commerce des armes

La Pologne réprime les droits des LGBT

Les procédures spéciales de l'ONU menacées

Fermez Guantánamo maintenant !



AI est témoin du chaos et du désespoir au Proche-Orient


Lorsque la secrétaire générale d'Amnesty International, Irene Khan, est arrivée au Liban début décembre 2006, la capitale, Beyrouth, était remplie de manifestants. Certains dénonçaient le dernier assassinat politique en date, d'autres défilaient contre le gouvernement au pouvoir. Cette halte au Liban constituait la première étape d'une visite régionale qui a également conduit la secrétaire générale en Israël et dans les territoires occupés, y compris en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.


Ce déplacement s'inscrivait dans le cadre d'une série de visites effectuées par Amnesty International dans la région à partir de la mi-2006. La secrétaire générale a ainsi pu constater personnellement les dommages et la désolation provoqués chez les civils par la guerre de l'été dernier entre le Hezbollah(Parti de Dieu) et les forces israéliennes, ainsi que par le conflit qui se poursuit entre Israéliens et Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés.


Au cours de leur périple, les délégués d'Amnesty International ont recueilli des témoignages de détresse et de désespoir : ils ont notamment rencontré des pêcheurs libanais ayant perdu leur gagne-pain après que des nappes de pétrole se furent échappées des pétroliers bombardés ; des travailleurs de la Croix-Rouge dont les efforts pour sauver des vies au Liban avaient été ruinés parce que les bombardements israéliens avaient coupé les routes et les ponts ; des victimes de tirs de roquette palestiniens contre la ville israélienne de Sderot, et des victimes palestiniennes de bombardements israéliens.


Les délégués ont aussi rencontré la famille Athamna, de Beit Hanoun, dans la bande de Gaza, qui a perdu 18 de ses membres – dont huit enfants – lorsque sa maison a été bombardée par les forces israéliennes en novembre 2006. Au total, 12 obus sont tombés sur leur habitation et dans les environs. Plusieurs membres de la famille ont été tués dans leur sommeil. D'autres sont morts dans la rue alors qu'ils essayaient de fuir les bombardements. Des dizaines d'autres civils ont été blessés.


Irene Khan a décrit par la suite les scènes de désolation qui ont accueilli les délégués d'Amnesty International à leur arrivée à Beit Hanoun : «Des maisons réduites en gravats, d'autres auxquelles il manque des murs entiers, des routes tellement abîmées qu'elles ressemblent à des champs qu'on viendrait de labourer.Y a-t-il eu un tremblement de terre à Gaza ?Non, l'armée israélienne a "visité" la région pendant une semaine il y a un mois ; 70 Palestiniens, dont la moitié étaient des civils, ont été tués.»


La famille Athamna fait partie des milliers de familles palestiniennes dont la vie a été anéantie par les frappes militaires israéliennes. En 2006, environ 650 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux civils, ont été tués par les forces israéliennes, ce qui représentait trois fois plus de victimes qu'en 2005.


À Cana, dans le sud du Liban, Amnesty International a rencontré des personnes ayant survécu au bombardement aérien d'un immeuble par l'armée israélienne en juillet dernier, qui avait fait 29 victimes dont 23 enfants. Une femme a raconté qu'elle s'était retrouvée par terre, coincée sous des décombres, et qu'elle entendait les cris de plus en plus faibles de sa fille en train de mourir. Après avoir mené leur propre enquête, les autorités israéliennes ont reconnu que cette attaque avait été une erreur. Elles n'ont toutefois pas précisé quelles erreurs avaient été commises, ni indiqué si les responsables avaient été amenés à rendre des comptes. Amnesty International continue de réclamer une enquête indépendante sur toutes les attaques commises contre des civils et sur les autres violations des droits humains et du droit international humanitaire perpétrées par Israël et le Hezbollahlors du conflit qui les a opposés.


Lors de sa visite au Proche-Orient, Irene Khan s'est entretenue avec de hauts responsables des gouvernements israélien, palestinien et libanais, et avec des représentants du Hezbollah. Elle a demandé à tous ses interlocuteurs de respecter les obligations qui leur incombent en vertu du droit international. Elle a aussi étendu son appel aux chefs de gouvernement des pays de l'Union européenne, les exhortant à «user de [leur]position de dirigeants et à prendre une initiative courageuse pour mettre fin à une situation de crise qui dure depuis trop longtemps, et ce en plaçant les droits humains au cœur de [leur]réflexion».


Israël et territoires occupés. L'impasse(MDE 15/093/2006)



L'injection létale est inhumaine selon des tribunaux américains


«C'est vraiment comme s'il était mort sous la torture.»

Déclaration du docteur Jonathan Groner, professeur à la faculté de médecine de l'État de l'Ohio, à propos de l'exécution d'Angel Diaz


Il a fallu trente-quatre minutes pour faire mourir Angel Diaz, exécuté par injection en Floride, aux États-Unis, en décembre 2006. D'après certaines informations, il a bougé, grimacé et tenté de parler pendant plus de vingt minutes après l'injection. Les aiguilles avaient été mal plantées et le mélange mortel de produits chimiques n'a pas été injecté dans les vaisseaux sanguins mais dans les tissus mous adjacents. Un témoin a indiqué que les bras d'Angel Diaz portaient des traces de brûlures dues aux produits chimiques. Une seconde injection a été nécessaire pour en finir avec l'exécution.


Ce ratage a poussé la Floride à suspendre toutes les injections létales dans l'attente des résultats d'une enquête sur la procédure en place. La même semaine, un juge fédéral a estimé que le dispositif en vigueur en Californie était «cassé»et marqué par «un manque de professionnalisme généralisé».Il a recommandé au pouvoir exécutif de revoir la méthode utilisée pour procéder aux exécutions. D'autres États américains sont en train de se pencher sur leur protocole d'injection létale, ce qui ne fait que renforcer l'argument selon lequel cette manière clairement «inhumaine»d'appliquer la peine capitale n'est pas moins cruelle ou assimilable à de la torture que les autres méthodes.


Les États-Unis ont commencé à recourir à l'injection létale il y a presque trente ans : ils l'ont utilisée pour la première fois en 1982. Depuis, près de 900 condamnés ont été exécutés de cette façon dans le pays, tandis que les autres méthodes – chaise électrique, pendaison, gazage et peloton d'exécution – ont pratiquement été abandonnées. La Chine, le Guatémala, les Philippines, Taiwan et la Thaïlande ont adopté l'injection létale une vingtaine d'années après les États-Unis. D'autres pays comme l'Inde, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Viêt-Nam envisagent d'y recourir.


Cette méthode consiste à injecter des doses mortelles d'un mélange de trois produits chimiques : le penthotal de sodium, qui provoque une anesthésie générale ; le bromure de pancuronium,qui induit une paralysie musculaire, et le chlorure de potassium, qui arrête le cœur. Lorsque la dose de penthotal de sodium n'est pas suffisante, l'effet anesthésiant peut disparaître rapidement et le condamné endure un véritable supplice lors de l'arrêt cardiaque. De plus, la paralysie l'empêche d'exprimer sa souffrance.


L'Association américaine des médecins vétérinaires considère qu'il est inacceptable d'utiliser le bromure de pancuronium pour euthanasier les animaux de compagnie, et son utilisation a été interdite dans plusieurs États. En septembre 2003, une loi prohibant l'usage de ce produit pour l'euthanasie des chats et des chiens est par exemple entrée en vigueur au Texas. Or, cet État est précisément celui qui recourt le plus fréquemment à l'injection létale pour les êtres humains : depuis 1982, près de 400 personnes y ont été exécutées grâce à cette méthode.


La plupart des organisations médicales internationales et nationales sont d'accord pour dire que tout praticien participant directement ou indirectement à une exécution viole l'éthique médicale. Malheureusement, il n'existe guère de volonté de prendre des mesures en cas de manquement à ces principes. De nombreux praticiens respectent les règles d'éthique et refusent de prendre part à des exécutions, mais d'autres affichent une attitude exactement inverse.


Amnesty International exhorte tous les professionnels de la médecine à ne pas participer à des exécutions et à soutenir la campagne pour l'abolition de la peine de mort.



Appels mondiaux


République du Congo


Détention sans jugement


SERGE ANDRÉ MPASSI,soixante-deux ans, a été arrêté à son domicile, à Pointe-Noire, le 18 février 2005. L'épouse de cet ancien colonel a raconté à des délégués d'Amnesty International qu'une vingtaine de membres des forces de sécurité, apparemment encagoulés, avaient fouillé la maison et creusé des trous dans la cour. Les soldats n'ont pas dit ce qu'ils cherchaient, mais après la fouille ils ont pris le téléphone portable de Serge Mpassi, ont ordonné à ce dernier de monter dans un de leurs véhicules et l'ont emmené.


Par la suite, la femme de Serge Mpassi a appris que son époux était détenu au siège régional de la Direction de la surveillance du territoire (DST), où elle a pu lui rendre visite régulièrement jusqu'à son transfert à l'Académie militaire, dans la capitale, Brazzaville, en mars 2005. Elle a essayé d'aller le voir de nouveau après ce transfert, mais les autorités responsables de la détention l'en ont empêchée.


Lorsque les délégués d'Amnesty International l'ont rencontrée début avril 2005, elle était extrêmement préoccupée par l'état de santé de son mari, qui nécessitait une prise régulière de médicaments et une bonne alimentation du fait d'une maladie antérieure. Comme elle n'avait pu le voir ou lui parler, elle ignorait si les autorités responsables de la détention lui avaient donné les médicaments qu'elle avait remis à des fonctionnaires de l'Académie militaire.


Serge Mpassi a été transféré à la maison d'arrêt de Brazzaville à la mi-mai 2005. Il s'y trouvait toujours à la fin du mois de novembre 2006. On pense que son arrestation, comme celle de plusieurs membres des forces de sécurité et d'au moins 15 civils, est liée à une enquête des autorités portant sur un vol d'armes à feu commis à la gendarmerie de Bifouiti, près de Brazzaville, et sur un complot qui aurait été ourdi contre le gouvernement en janvier 2005. Certains de ces détenus ont bénéficié d'une libération provisoire fin 2005. À la fin de l'année 2006, Serge Mpassi et 11 autres personnes étaient détenus sans jugement depuis plus de dix-huit mois.


Pour en savoir plus sur ce cas et sur la situation générale dans le pays, consultez le rapport République du Congo. Des détenus politiques dans un vide juridique(AFR 22/003/2006).


Veuillez écrire aux autorités congolaises pour les appeler à libérer immédiatement l'ancien colonel Serge André Mpassi s'il n'est pas inculpé d'une infraction reconnue par la loi et jugé équitablement dans les meilleurs délais. Demandez également que ce dernier puisse s'entretenir régulièrement avec un avocat, recevoir des visites de sa famille et bénéficier des soins médicaux dont il a besoin.


Envoyez vos appels au ministre de la Justice : M. Gabriel Entcha Ebia, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux et des droits humains, Ministère de la Justice, BP 2497, Brazzaville, République du Congo

Fax : +242 2 814167

Formule d'appel : Monsieur le Ministre,



Bangladesh


La liberté de la presse en péril


«Notre action serait trop difficile sans l'aide d'Amnesty International.»

Sumi Khan


SUMI KHAN,une journaliste de trente-quatre ans qui vit dans la ville de Chittagong et qui travaille pour des magazines locaux et nationaux, a été agressée et menacée de mort ces deux dernières années à cause de ses enquêtes. Elle a reçu des coups de couteau en 2004 mais ses agresseurs n'ont jamais été arrêtés.


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Sumi Khan a écrit des articles d'investigation accusant des personnalités politiques locales et des groupes religieux d'être impliqués dans des attaques contre des membres de minorités, et des propriétaires terriens d'être responsables d'enlèvements et d'avoir confisqué des terres.


Le 12 mars 2005, Sumi Khan a reçu une lettre de menace de mort lui ordonnant de retirer ses articles portant sur des groupes islamistes. Des confrères de Chittagong ont été la cible de menaces similaires, qui émaneraient de groupes islamistes locaux.


En décembre 2005, Sumi Khan, d'autres journalistes de Chittagong, mais aussi des policiers, des responsables gouvernementaux et des magistrats de différentes régions du pays ont été menacés de mort. Ils étaient apparemment cités dans une lettre envoyée au Club de la presse de Chittagong, une organisation de journalistes. Ce courrier, provenant, semble-t-il, du groupe islamiste interdit Jamaat ul Mujahideen-Bangladesh(JMB, Assemblée des combattants du Bangladesh), aurait été lié à une campagne menée par certains groupes islamistes pour déstabiliser la démocratie au Bangladesh.


Le gouvernement a ordonné qu'un policier monte la garde devant le Club de la presse de Chittagong et a fait arrêter des membres présumés du JMB. Par contre, il n'a pas enquêté sur les menaces de mort visant les personnes citées dans la lettre et il n'a rien fait pour répondre à leurs besoins de protection. Sumi Khan et les autres journalistes ayant travaillé sur les activités de groupes islamistes risquent ainsi d'être la cible d'autres agressions. Sumi Khan a reçu de nouvelles menaces émanant de sources non identifiées et les attaques contre les journalistes se poursuivent dans tout le pays.


Veuillez écrire aux autorités bangladaises pour leur demander de mener une enquête complète, impartiale et indépendante sur les menaces et l'agression dont Sumi Khan a fait l'objet, et de traduire les responsables présumés en justice.


Envoyez vos appels au président de la République : Mr Iajuddin Ahmed, President and Chief Adviser of the Caretaker Government, Office of the Chief Adviser, Dhaka, Bangladesh

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,



Salvador


Un défenseur des droits humains menacé de mort


WILLIAM HERNÁNDEZ,directeur de l'Asociación Entre Amigos(Association Entre amis), et d'autres membres de cette organisation ont été menacés de mort et semblent être sous surveillance. On craint que ces actes d'intimidation ne visent à empêcher l'association de poursuivre son travail en faveur des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres dans le pays. Les menaces ont été proférées après que l'Assemblée législative eut approuvé une proposition d'amendement de la Constitution visant à interdire aux couples de même sexe de se marier et d'adopter des enfants. L'Association Entre amis fait campagne contre cet amendement.


Le 1erjuin 2006, William Hernández a été menacé avec une arme à feu devant le bureau de l'association dans la capitale, San Salvador. Le policier chargé d'assurer sa protection venait de partir, après sa journée de travail. Un inconnu s'est approché de William Hernández par derrière et lui a pointé une arme à feu dans le cou en menaçant de le tuer s'il continuait à militer contre l'amendement constitutionnel.


Deux jours plus tôt, des personnes s'étaient introduites dans le bureau de l'association. Elles avaient brisé des vitres, fouillé dans les dossiers et laissé des menaces par écrit. Elles avaient aussi dérobé plusieurs documents, dont un qui prévoyait une manifestation devant l'Assemblée législative contre la ratification de l'amendement de la Constitution interdisant le mariage entre personnes de même sexe et l'adoption d'enfants par des personnes homosexuelles.


Les lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transgenres sont régulièrement victimes d'agressions et d'actes d'intimidation au Salvador. L'Association Entre amis a signalé que ses locaux avaient été «visités» sept fois au cours des cinq dernières années. Elle a porté plainte auprès des autorités mais les enquêtes ont été menées à la légère et personne n'a été déféré à la justice.


Veuillez écrire aux autorités salvadoriennes pour leur demander de mener sans délai une enquête exhaustive sur les menaces contre William Hernández et sur les cambriolages commis dans les locaux de son association. Appelez aussi les autorités à protéger les militants pour qu'ils puissent poursuivre leurs activités légitimes en faveur des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres dans le pays.


Envoyez vos appels au président de la République : S. E.Elías Antonio Saca González, Presidente de la República de El Salvador, Casa Presidencial, Alameda Dr Manuel Enrique 5500, San Salvador, Salvador

Fax : +503 2243 9947

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,



Syrie


Un journaliste privé de liberté d'expression


Anwar al Bunni, avocat et défenseur des droits humains, Michel Kilo,journaliste, et Mahmoud Issaont été arrêtés en mai 2006 après avoir signé la Déclaration Beyrouth-Damas, qui appelle les gouvernements libanais et syrien à normaliser leurs relations par des échanges d'ambassadeurs et une délimitation de leurs frontières communes. Les trois hommes sont incarcérés dans la prison d'Adhra, près de Damas. Amnesty International les considère comme des prisonniers d'opinion car elle estime qu'ils sont détenus uniquement pour avoir mené des actions en faveur de la démocratie.


Ils font partie d'un groupe d'au moins 10 militants qui ont été arrêtés par des agents de la Sûreté de l'État après que des centaines de Syriens et de Libanais eurent signé la Déclaration Beyrouth-Damas. Selon les informations reçues, il leur est notamment reproché d'avoir «affaibli le sentiment nationaliste et provoqué des dissensions confessionnelles ou raciales»,«insulté des institutions publiques et des représentants de l'État»et rejoint un groupe politique ou international sans l'autorisation du gouvernement. Deux autres hommes, Khalil Hussein et Suleyman Shummar, qui ont été libérés en septembre 2006, risquent apparemment d'être à nouveau arrêtés car ils ont été inculpés de charges similaires ou identiques. Les cinq derniers militants du groupe ont été libérés sous caution après avoir, semble-t-il, retiré leur nom de la Déclaration. Il est à craindre qu'il ne l'aient fait sous la contrainte.


Mahmoud Issa a été libéré le 25 septembre 2006, mais à nouveau arrêté un mois plus tard. Anwar al Bunni et Michel Kilo sont détenus depuis près de neuf mois. Anwar al Bunni aurait été battu pendant son premier interrogatoire, alors qu'il était détenu au secret. Le 31 décembre, il aurait aussi été frappé par un codétenu qui l'a poussé du haut des escaliers. Cette agression a eu lieu après qu'il eut fait une déclaration à la presse au sujet de l'exécution de Saddam Hussein en Irak ; des gardiens ayant apparemment assisté à la scène se seraient abstenus d'intervenir. Les autorités harcèlent sans relâche les trois hommes depuis des années en raison de leurs activités en faveur de la démocratie.


Veuillez écrire aux autorités syriennes pour leur demander de libérer immédiatement et sans condition les prisonniers d'opinion Anwar al Bunni, Michel Kilo et Mahmoud Issa, qui sont détenus uniquement pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression.


Envoyez vos appels au président de la République : His Excellency Bashar al-Assad, Presidential Palace, al-Rashid Street, Damascus, Syrie

Fax : +963 11 332 3410

Formule d'appel : Monsieur le Président de la République,



Mise à jour


Militants et victimes : vers une entraide plus efficace


Amnesty International améliore considérablement sa façon de travailler sur les cas individuels. Il y a quarante-cinq ans, nous avons commencé par nous occuper de six personnes emprisonnées à cause de leurs opinions, pourtant non violentes. Depuis, notre plus belle réussite a peut-être été de permettre à des particuliers d'agir en faveur d'autres particuliers : nous avons établi une passerelle entre les victimes de violations des droits humains et les personnes qui sont prêtes à leur venir en aide.


Depuis ces six premiers cas en 1961, nous avons dû adapter nos méthodes pour tenir compte de nouvelles réalités et faire face à de nouvelles atrocités. La libération des prisonniers d'opinion reste l'un de nos objectifs, mais notre travail porte aussi désormais sur d'autres violations, par exemple les expulsions forcées en Afrique ou le non-respect du droit à la santé au Pérou.


Cette année, nous avons décidé d'adopter une nouvelle approche pour renforcer notre action en faveur des personnes qui ont besoin de notre aide. Au fil des ans, nous avons imaginé de nombreux moyens pour aider les victimes d'atteintes aux droits humains. Le réseau Actions urgentes, les appels mondiaux, les dossiers action et les cas d'appel, pour ne citer que quelques exemples, braquent ainsi les projecteurs sur des cas individuels nécessitant l'intervention d'Amnesty International. Notre nouvelle façon de travailler permettra une meilleure coordination entre nos actions, mais aussi un rapprochement entre le travail mené avec les militants et celui mené en faveur des victimes.


Désormais, les différentes actions menées en faveur des personnes qui ont besoin de l'aide d'Amnesty International seront chapeautées par l'équipe Campagnes sur les personnes en danger, une unité spécialisée du Secrétariat international qui sera également chargée de développer ce travail.


Notre nouvelle approche devrait réjouir les militants, car nous espérons leur faire découvrir ce que d'autres militants, dans d'autres régions du monde, mènent comme actions sur les cas dont ils s'occupent également.


Les personnes présentées dans LeFil d'AIne constituent qu'une infime minorité par rapport à toutes celles qui ont besoin de votre soutien, chaque cas étant emblématique d'un vaste motif de préoccupation. En aidant ces personnes, nous contribuons donc à faire changer les politiques et les pratiques dont elles ont été victimes. Nous espérons que vous vous joindrez à nous pour participer à ces actions.



Un appel courageux à des réformes aux Maldives


«[Le président] Gayoom a fait le nécessaire pour que personne ne dise rien contre lui. Très peu de temps après son accession à la présidence, il a commencé à faire arrêter des personnes dont le seul tort était d'avoir éteint la télévision alors qu'il faisait un discours[…] Les gens avaient trop peur pour dire ce qu'ils pensaient de lui»


L'ancienne prisonnière d'opinion Jennifer Latheef n'a pas peur de s'exprimer. Depuis que son assignation à domicile a été levée en août 2006, cette journaliste et défenseure des droits humains, qui est connue pour ne pas mâcher ses mots à l'égard du président Maumoon Abdul Gayoom, poursuit son combat pour davantage de démocratie et de liberté aux Maldives. Elle fait partie des centaines de dissidents que les autorités ont tenté de réduire au silence.


En octobre 2005, elle a été condamnée à dix ans de prison pour «terrorisme». Son crime ? Avoir participé en septembre 2003 à une manifestation contre le meurtre de quatre détenus tués en prison par des gardiens. Quatre cents autres personnes ont été arrêtées en même temps qu'elle.


«C'était la première fois que les gens s'élevaient contre les violences, dit-elle. Gayoom n'avait jamais vu une telle opposition.»


Frappée et arrêtée


En 2004, Jennifer Latheef a été violemment frappée par les policiers qui l'ont arrêtée au cours d'une autre manifestation de grande ampleur : «Nous avions les yeux bandés et nous étions menottés […] [Les policiers]m'ont donné deux coups de pied dans le bas du dos avec leurs chaussures à bout d'acier et cela a suffi pour me causer une blessure permanente.»Personne n'a été traduit en justice pour ces violences.


Jennifer Latheef semble avoir été condamnée pour des motifs politiques : elle est en effet la fille de Mohamed Latheef, l'un des chefs de file de l'opposition démocratique aux Maldives, qui vit actuellement en exil à Sri Lanka.


Après sa condamnation, Jennifer Latheef a été transférée à la prison de Mafushi, une île située au sud de Malé, la capitale. Les conditions de détention y sont réputées difficiles : les toilettes débordent en permanence, la nourriture est impropre à la consommation et les gardiens maltraitent les détenus. Du fait du mauvais matériel de couchage et de l'absence de soins médicaux les problèmes de dos de Jennifer Latheef se sont aggravés et elle a finalement été hospitalisée, puis assignée à domicile.


La jeune femme a été libérée le 16 août 2006, après que le président Gayoom eut annoncé qu'il allait la gracier. Elle a remercié Amnesty International et tous ceux qui l'ont aidée : «Amnesty ainsi que des amis des Maldives et du monde entier se sont donné énormément de mal pour obtenir ma libération.»


Des promesses de réforme


Le gouvernement est en train de mettre en œuvre toute une série de réformes politiques et judiciaires, mais les autorités n'en continuent pas moins de réprimer régulièrement les libertés démocratiques. Les forces de sécurité ont arrêté des personnes qui avaient critiqué le gouvernement ou participé à des rassemblements antigouvernementaux, et des manifestants auraient été frappés au moment de leur interpellation. L'opposition réclame une accélération des réformes, tandis que le gouvernement accuse l'opposition d'entraver le processus en organisant d'importantes manifestations qui menacent inutilement l'ordre public.


«Le gouvernement ne cesse d'utiliser les médias, la police et les tribunaux pour instiller la peur et intimider la population, explique Jennifer Latheef. Les arrestations massives de novembre [2006]ne font que démontrer que [le président]Gayoom n'a aucune intention de respecter les droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion, en dépit de ce qu'il affirme aux organes internationaux.»



Érythrée


La chanteuse de gospel Helen Berhane a été libérée du camp militaire de Mai Serwa en octobre 2006. Pendant sa détention sans inculpation ni jugement, qui a duré deux ans et demi, elle est restée enfermée la plupart du temps dans un conteneur métallique. Les autorités l'ont battue et torturée pour tenter de lui faire abjurer sa foi. En octobre 2006, elle a été hospitalisée après de nouveaux passages à tabac. Elle est depuis incapable de marcher et confinée dans un fauteuil roulant.


Helen Berhane figurait parmi les 2 000 personnes détenues en raison de leur appartenance à des Églises évangéliques interdites en Érythrée, notamment l'Église Rema, dont la jeune femme est membre. Celle-ci avait été arrêtée en 2004 après avoir refusé de signer une déclaration par laquelle elle se serait engagée à cesser toute activité chrétienne. Elle avait sorti un nouvel album de musique chrétienne peu avant son arrestation.


Le ministre de l'Information érythréen a nié avoir connaissance du cas d'Helen Berhane. Il a fait la déclaration suivante à l'Agence France-Presse au sujet des commentaires d'Amnesty International concernant la libération de la jeune femme : «Je ne dis pas que c'est un mensonge […]Ce que je dis, c'est que si ces gens aiment faire de telles déclarations, qu'ils le fassent, mais nous ne leur accordons aucun crédit.»


Veuillez écrire aux autorités érythréennes pour demander la libération immédiate et inconditionnelle des milliers de personnes qui restent emprisonnées en Érythrée uniquement à cause de leurs croyances religieuses.


Envoyez vos appels au président de la République : Issayas Afewerki, Office of the President, PO Box 257, Asmara, Érythrée

Fax : +291 1 125 123



Arabie saoudite


MAJDA MOSTAFA MAHIRa été libérée de prison en Arabie saoudite en novembre 2006 et elle est rentrée au Maroc.


Elle avait été arrêtée en 1997 et condamnée à mort pour le meurtre d'un homme. La sentence avait cependant été annulée après que la famille de la victime eut renoncé à son droit d'exiger sa mort.


Majda Mostafa Mahir a adressé ses sincères remerciements à tous ceux qui se sont mobilisés en sa faveur et qui ont contribué à sa libération.


Voir les Appels mondiaux des Fil d'AIde mars 2004et novembre 2004.



Tunisie


En novembre 2006, le prisonnier d'opinion MOHAMMED ABBOUa reçu des soins à l'hôpital de Le Kef après avoir demandé à de multiples reprises à subir des examens pour déterminer la cause de ses douleurs dorsales.


En décembre 2006, quatre personnes (sa femme, Samia Abbou, son avocat, Samir Ben Amor, Moncef Marzouki, le chef du Congrès pour la République, un parti d'opposition interdit, et le journaliste Slim Boukhdir) ont essayé de lui rendre visite en prison. La police les a arrêtées à neuf reprises sur la route entre Tunis et Le Kef, officiellement pour contrôler leur identité et vérifier l'immatriculation de leur véhicule. Plus tard, ils ont été agressés à la sortie d'un restaurant à Le Kef : une cinquantaine d'individus non identifiés ont craché sur eux et les ont insultés, bousculés et frappés. Tous les quatre ont réussi à se sauver et à regagner leur voiture. Arrivés à la prison de Le Kef, ils ont été attaqués par un groupe encore plus nombreux alors qu'ils se dirigeaient vers l'entrée de l'établissement, ce qui les a empêchés de voir Mohammed Abbou. Les deux agressions ont eu lieu sous les yeux de policiers qui n'ont rien fait pour les protéger ou pour appréhender leurs assaillants.


Mohammed Abbou a été condamné à trois ans et demi d'emprisonnement en avril 2005 au terme d'un procès inéquitable, essentiellement pour avoir publié sur Internet deux articles critiquant les autorités et dénonçant le recours à la torture dans le pays.


Voir les Appels mondiaux du Fil d'AIde mai 2006.


Veuillez continuer à écrire aux autorités tunisiennes pour leur demander de faire en sorte que le prisonnier d'opinion Mohammed Abboula soit libéré immédiatement et sans condition et que sa famille ne soit plus harcelée par la police.


Envoyez vos appels au ministre de la Justice et des Droits de l'homme : M. Béchir Tekkari, Ministère de la Justice et des Droits de l'homme, 31 boulevard Bab Benat, 1006 Tunis - La Kasbah, Tunisie

Fax : +216 71 568 106

Courriel : mju@ministeres.tn



Cuba


Le prisonnier d'opinion PABLO PACHECO AVILA figurait parmi 75 personnes arrêtées en mars 2003 au cours de l'une des pires vagues de répression contre le mouvement dissident à Cuba. Amnesty International s'inquiète pour sa santé car il ne semble pas recevoir en prison les soins médicaux dont il a besoin.


Pablo Pacheco Avila travaillait pour une coopérative de journalistes indépendante. Il a été condamné à vingt ans de prison en vertu d'une loi prévoyant de lourdes peines d'emprisonnement pour les personnes reconnues coupables de soutenir la politique américaine à Cuba, qui vise à «troubler l'ordre interne, déstabiliser le pays et détruire l'État socialiste et l'indépendance de Cuba».Amnesty International estime qu'il est emprisonné pour des raisons politiques liées à ses activités journalistiques, pourtant légitimes.


Voir les Appels mondiaux du Fil d'AId'avril 2004.


Veuillez continuer à écrire aux autorités cubaines pour leur demander de libérer immédiatement et sans condition Pablo Pacheco Avila et tous les autres prisonniers d'opinion détenus à Cuba. Appelez également les autorités à fournir aux détenus les soins et traitements médicaux dont ils pourraient avoir besoin en attendant leur libération.


Envoyez vos appels au président de la République par intérim : Su Excelencia Dr Raul Castro Ruz, Presidente en funciones del Consejos de Estado y de Ministros, Havana, Cuba

Fax : +537 333 085



Chine


Amnesty International a eu des nouvelles de Muhammed Tohti Metroziaprès son renvoi forcé du Pakistan vers la Chine en 2003. Dans une lettre rédigée en prison, Muhammed Tohti a demandé à un ami de vendre les biens qu'il possédait au Pakistan et de lui envoyer l'argent ainsi réuni pour qu'il puisse se soigner.


Muhammed Tohti, qui avait obtenu le statut de réfugié et qui était en attente d'une réinstallation en Suède, a été renvoyé en Chine en même temps qu'un autre Ouïghour, Abdulwahab Tohti. Selon certaines sources, avant de fuir au Pakistan, les deux hommes avaient participé plusieurs fois à des activités en faveur de l'indépendance de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, qui fait partie de la Chine.


La famille de Muhammed Tohti a appris que celui-ci avait été condamné à la détention à perpétuité à l'issue d'un procès secret, en juillet 2005. Les accusations précises portées contre lui n'ont pas été confirmées, mais elles étaient apparemment liées à sa demande d'asile et à son aide aux réfugiés ouïghours au Pakistan. Après sa condamnation, il a fait une grève de la faim pendant dix-sept jours et son état de santé s'est fortement dégradé. Il ne s'est jamais entièrement rétabli et ne peut plus marcher sans aide.


On ignore toujours ce qu'est devenu Abdulwahab Tohti.


Voir les Appels mondiaux du Fil d'AIde septembre 2003.


Veuillez continuer à écrire aux autorités chinoises pour les exhorter à libérer Muhammed Tohti Metrozi et à l'autoriser à quitter le pays s'il le souhaite. Demandez également des informations sur le sort d'Abdulwahab Tohti.


Envoyez vos appels au chef du gouvernement populaire de la région autonome ouïghoure du Xinjiang : Ismail Tiliwaldi Zhuxi, Chair of the XUAR People's Government, Xinjiang Wiewuer Zizhiqu Renmin Zhengfu, 2 Zhongshanlu, Wulumuqishi 830041, Xinjiang Weiwuer Zizhiqu, Chine

Courriel : webmaster@xinjiang.gov.cn



Chine


La peine de prison infligée àChen Guangchenga été confirmée en janvier après un nouveau procès et un deuxième appel à huis clos. Il a été condamné à quatre ans et trois mois d'emprisonnement pour dégradation de biens et obstruction des voies de circulation, à l'issue de procédures manifestement inéquitables.


Chen Guangcheng avait engagé une action en justice contre les autorités locales de Linyi, une ville de la province du Shandong. Il leur reprochait d'avoir mené une campagne d'avortement et de stérilisation forcés dont auraient été victimes des milliers de femmes de la région. Amnesty International considère qu'il a été poursuivi en justice pour des motifs politiques et que ces manœuvres visent à l'empêcher de conduire ses activités de défense des droits humains, pourtant pacifiques. L'organisation estime qu'il doit être libéré immédiatement et sans condition.


Chen Guangcheng a été condamné pour la première fois en août 2006 au terme d'un procès qui a duré moins de deux heures et qui a fait suite à plusieurs mois de coups et de détention arbitraire depuis septembre 2005. Ses avocats ont été empêchés de faire leur travail tout au long de la procédure : ils n'ont pas pu rassembler les éléments de preuve nécessaires ni assurer la défense de leur client au tribunal. La famille et les avocats de Chen Guangcheng, de même que d'autres personnes qui le soutiennent, ont été victimes de violences physiques, de harcèlement et de manœuvres d'intimidation. Lorsque Chen Guangcheng a déposé un recours contre sa condamnation, la cour d'appel a, à la surprise générale, ordonné un nouveau procès. Or, lors de ce deuxième procès, les nouveaux éléments de preuve apportés par des témoins clés n'ont pas été examinés et la justice n'a pas été rendue.


Voir les Appels mondiaux du Fil d'AId'octobre 2006.


Veuillez continuer à écrire aux autorités chinoises pour leur demander de libérer immédiatement le prisonnier d'opinion Chen Guangcheng.


Envoyez vos appels au ministre de la Justice : Minister of Justice Aiying Wu Buzhang, Sifabu, 10 Chaoyangmen Nandajie, Chaoyangqu, Beijingshi 100020, Chine

Fax : +86 10 65292345

Courriel : webmaster@xinjiang.gov.cn



États-Unis


Ali Saleh Kahlah al Marri,ressortissant qatarien, est détenu sans inculpation ni jugement dans une prison militaire aux États-Unis depuis juin 2003. Le gouvernement américain tente à présent d'obtenir que la cour d'appel rejette son recours en vertu de la Loi relative aux commissions militaires, récemment adoptée. S'il y parvient, Ali al Marri n'aura plus le droit, en tant qu'étranger arrêté aux États-Unis, de contester devant les tribunaux américains sa détention ou la façon dont il est traité.


Ali al Marri a été déclaré «combattant ennemi»dans une ordonnance signée par le président Bush. Pour l'heure, les juridictions du premier degré qui ont examiné son cas ont estimé que sa détention était légale à condition qu'il ait la possibilité d'en contester les motifs.


Ali al Marri est détenu dans des conditions d'isolement extrême en Caroline du Sud. Amnesty International demande qu'il soit libéré, ou inculpé et jugé conformément aux dispositions du droit international. L'organisation réclame également qu'il ne soit plus maintenu à l'isolement et qu'il puisse recevoir des visites de sa famille et communiquer avec elle.


Voir les Appels mondiaux du Fil d'AId'août 2006.


Envoyez vos appels au chef de l'État : President George W. Bush, The White House, Office of the President, 1600 Pennsylvania Avenue, Washington DC 20500, États-Unis

Fax : +1 202 456 2461

Courriel : comments@whitehouse.gov



Contrôlez les armes


Vers un traité sur le commerce des armes


Un traité international sur le commerce des armes pourrait prochainement devenir réalité grâce au vote historique qui a eu lieu à l'Assemblée générale de l'ONU le 6 décembre 2006. Une écrasante majorité de 153 États a en effet soutenu une résolution en faveur d'un traité visant à empêcher les transferts d'armes internationaux qui alimentent les conflits, la pauvreté et les graves atteintes aux droits humains. Seuls les États-Unis ont voté contre la proposition ; 24 pays se sont abstenus.


Ce vote est intervenu trois ans seulement après le lancement de la campagne Contrôlez les armes,pendant laquelle plus d'un million de personnes, dans 170 pays, ont demandé la création d'un tel traité. La campagne a reçu un fort soutien des gouvernements en Europe, en Afrique, dans le Pacifique et en Amérique latine.


«Les États doivent comprendre qu'il est urgent de traduire ce vote en mesures concrètes pour qu'un traité juridiquement contraignant sur les armes classiques devienne réalité»,a déclaré Irene Khan, secrétaire générale d'Amnesty International.


L'une des premières tâches incombant au nouveau secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, consistera à sonder tous les États membres au sujet de la proposition de traité sur le commerce des armes, afin de présenter un rapport à l'Assemblée générale fin 2007. Un groupe d'experts gouvernementaux venant du monde entier sera alors constitué et chargé d'étudier cette question en détail et de soumettre ses conclusions à l'Assemblée générale en 2008.


Pour savoir comment contribuer au contrôle des armes, rendez-vous sur http://fra.controlarms.org.



La Pologne réprime les droits des LGBT


«Nous vous ferons ce qu'Hitler a fait aux Juifs.»

Déclaration de membres du groupe Mlodziez Wszechpolska (Jeunesse de la grande Pologne) lors de la contre-manifestation à la Parade pour l'égalité, à Poznan, en 2005


Les autorités politiques polonaises continuent de réprimer les droits des lesbiennes, des gays, des bisexuels et des transgenres (LGBT). Depuis l'arrivée au pouvoir, en 2005, du parti Prawo i Sprawiedliwosc (PiS, Droit et justice), l'homophobie s'est développée de manière frappante dans le pays. En mai 2006, le PiS a obtenu la majorité au Parlement en formant une coalition avec deux autres partis, et des dirigeants politiques appartenant à deux des partis de cette coalition ont ouvertement critiqué les militants qui défendent les droits des LGBT.


L'une des premières décisions du nouveau gouvernement a été de supprimer le Bureau du plénipotentiaire pour l'égalité des sexes, faisant ainsi de la Pologne le seul pays de l'Union européenne à ne pas être doté d'un organisme de surveillance officiel en matière d'égalité.


Ces dernières années, plusieurs défilés en faveur des droits des LGBT ont été interdits ou perturbés en Pologne. Des manifestants ont été agressés par des contre-manifestants et la police n'aurait pas toujours protégé le droit de réunion pacifique des militants LGBT.


La Parade pour l'égalité qui devait avoir lieu dans la ville de Poznan a été interdite en novembre 2005. Quelques centaines de personnes ont toutefois commencé à défiler, mais elles ont été agressées et intimidées par des membres du groupe d'extrême droite Mlodziez Wszechpolska (Jeunesse de la grande Pologne) qui auraient scandé des slogans homophobes tels que «Gazez les pédés».Des défilés avaient également été interdits à Varsovie en juin 2004 et mai 2005.


En 2005, le maire PiS de cette ville, Lech Kaczynski, qui a depuis été élu à la tête de l'État, a interdit la Parade pour l'égalité, déclarant qu'une telle manifestation serait «obscène» et offenserait les sentiments religieux du reste de la population. Un défilé improvisé a cependant eu lieu, rassemblant plus de 2500 personnes. Moins d'une semaine après, le maire a en revanche autorisé la Parade de la «normalité», au cours de laquelle des membres du groupe Jeunesse de la grande Pologne ont apparemment manifesté dans les rues de la capitale en scandant des slogans sectaires et homophobes.


En mai 2006, le député Wojciech Wierzejski a recommandé d'utiliser la force si des militants LGBT organisaient leur défilé annuel à Varsovie, en juin. Il a déclaré : «Si des déviants commencent à manifester, il faut les recevoir à coups de matraque.» Concernant l'éventuelle participation d'hommes politiques d'Europe occidentale, il a ajouté : «Ce sont juste des gays, pas des hommes politiques sérieux, et quelques coups de matraque les dissuaderont de revenir.Les gays sont lâches par définition.»


À la suite d'un arrêt rendu par la Haute Cour administrative, le défilé de 2006 a cependant été autorisé. Face à la menace de contre-manifestations, les organisateurs ont modifié le parcours avec l'accord des autorités municipales. Le défilé a rassemblé entre 2500 et 10000 participants et s'est déroulé sans incident majeur.


L'Union européenne a averti la Pologne qu'elle risquait de perdre ses droits de vote si son président continuait de s'opposer aux droits des LGBT.


Amnesty International demande aux autorités polonaises de respecter les récentes décisions de justice et de veiller à ce que chacun puisse exercer son droit à la liberté de réunion sans discrimination et à ce qu'aucune déclaration publique n'encourage l'homophobie.


Poland and Latvia: Lesbian, Gay, Bisexual and Transgender Rights in Poland and Latvia(EUR 01/019/2006).



Les procédures spéciales de l'ONU menacées


L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait dit d'elles qu'elles étaient «le joyau du système».Or, les «procédures spéciales» du Conseil des droits de l'homme de l'ONU sont aujourd'hui menacées. Cette appellation collective, qui désigne les experts indépendants chargés de questions relatives aux droits humains, regroupe les rapporteurs spéciaux, les représentants, les experts indépendants et les groupes de travail.


Il y a quarante ans, la Commission des droits de l'homme de l'ONU (désormais remplacée par le Conseil des droits de l'homme) créait sa première procédure spéciale, le Groupe spécial d'experts chargé d'enquêter sur les accusations de torture et de mauvais traitements des détenus et des personnes placées en garde à vue en Afrique du Sud. Depuis, des mécanismes similaires ont été mis en place à la suite de graves violations commises au Cambodge, au Chili, dans l'ex-Yougoslavie, en Haïti, au Rwanda et dans d'autres pays. Des dispositifs thématiques ont également été créés, chargés de questions aussi diverses que la torture, la violence contre les femmes, la santé ou le logement. Grâce à leurs interventions en urgence, leurs appels généraux, leurs visites dans les pays et aux études qu'elles mènent, les procédures spéciales demeurent un instrument essentiel pour prévenir les violations des droits humains.


Le Conseil des droits de l'homme a été mandaté pour faire le bilan des procédures spéciales. À cette fin, il a mis sur pied un groupe de travail ouvert à tous les États membres de l'ONU et à d'autres intervenants, notamment Amnesty International. Toutefois, au lieu de profiter de cette occasion pour renforcer le système, plusieurs États ont fait des propositions tendant à affaiblir ce qui précisément rend ces procédures «spéciales», à savoir leur indépendance, leur savoir-faire et leur capacité à adapter leurs méthodes de travail aux circonstances. À moins de s'appuyer sur des procédures spéciales fortes et efficaces le Conseil aura beaucoup de mal à remplir son rôle.


Le Conseil des droits de l'homme doit terminer son réexamen des procédures spéciales d'ici juin 2007. Amnesty International appelle les États à faire fructifier ce précieux héritage au lieu de le dilapider.



Fermez Guantánamo maintenant !


Dans le monde entier, le 11 janvier, des membres et sympathisants d'Amnesty International ont marqué le cinquième anniversaire du centre de détention de Guantánamo en organisant des manifestations appelant les autorités américaines à fermer définitivement ce camp. De Tokyo à Londres, de Tel-Aviv à Washington, des centaines de milliers de personnes ont défilé dans les rues. Amnesty International demande que tous les détenus soient libérés s'ils ne sont pas jugés, sans plus attendre, dans le cadre d'un procès équitable.


Pour en savoir plus, consultez la brochure États-Unis. Il faut fermer Guantánamo, symbole d'injustice(AMR 51/001/2007). Vous pouvez aussi embarquer à bord de la flottille d'Amnesty International à destination de Guantánamo et inviter vos amis à se joindre à vous pour lutter contre l'injustice : www.amnesty.org/guantanamoflotilla

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